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Rencontre avec Arnaud Meunier, metteur en scène de "J’ai pris mon père sur mes épaules" de Fabrice Melquiot

lundi 4 février 2019

Entretien avec Arnaud Meunier, metteur en scène de « J’ai pris mon père sur mes épaules », la pièce de Fabrice Melquiot qui a été créée à Saint-Étienne et sera donnée à Nîmes du 6 au 8 février et au Théâtre du Gymnase de Marseille du 16 au 18 mai.

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Arnaud Meunier, metteur en scène et directeur de La Comédie de Saint-Étienne (Photo Ed Alcock)
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Philippe Torreton et Maurin Ollès dans "J’ai pris mon père sur mes épaules" (Photo Valérie Borgy)

« Maurin Ollès est un grand acteur mais il ne le sait pas encore ! », déclarait voilà peu le metteur en scène aixois Paul Pascot qui venait de le diriger dans la pièce « L’Amérique » de Serge Kribus donnée récemment au Théâtre du Bois de l’Aune d’Aix-en-Provence. Propos que confirme Arnaud Meunier, un autre metteur en scène qui ne tarit pas d’éloges non plus sur ce comédien né le 16 octobre 1990 à La Ciotat et qui fut son élève de 2012 jusqu’en 2015 à l’école d’art dramatique de la Comédie de Saint-Étienne, (qui est à la fois une école et un théâtre) et dont il est le directeur. « C’est un garçon sensible et intelligent, qui fait confiance et qui écoute », précise d’emblée Arnaud Meunier quand on évoque Maurin Ollès qu’il a fait travailler sur « Truckstop » de Lot Veckermans donné dans le cadre du Off d’Avignon en 2016. Ce même Maurin Ollès, acteur engagé dans des projets pour venir en aide aux enfants et adolescents en difficulté sociale ou psychologique, Arnaud Meunier le retrouve à nouveau cet hiver. A la Comédie de Saint-Étienne -comme il se doit pourrait-on ajouter- où vient d’être créée la pièce de Fabrice Melquiot .« "J’ai pris mon père sur mes épaules" et que l’on pourra voir au Théâtre de Nîmes du 6 au 8 février puis au Théâtre du Gymnase du 16 au 18 mai. « Cet auteur est l’écrivain le plus programmé à la Comédie de Saint-Étienne. Et cette pièce que nous venons de monter est le fruit d’une commande que je lui ai passée », explique Arnaud Meunier avant d’ajouter : « Fabrice Melquiot reprend ici les six premiers chants de "L’Eneïde" de Virgile en y ajoutant une réflexion sur les laissés-pour-compte des sociétés modernes. Le résultat, selon moi, est stupéfiant d’intelligence et de sensibilité, Fabrice Melquiot étant un auteur -il y en a assez peu en fait- qui ose raconter des histoires. Et puis reconnaissez que donner sur scène un texte épique c’est assez rare. » Mais, de quoi s’agit-il en fait ? Pièce fleuve de 2h45 publiée aux éditions de l’Arche « J’ai pris mon père sur mes épaules » parle de la France d’aujourd’hui, de ses replis, de ses peurs et de sa tentation du chacun pour soi. C’est une pièce chorale, une épopée comique et désespérée d’un homme condamné par la maladie, accompagné de son fils sur les routes d’un exil au Portugal, en quête d’une paix intérieure et retrouvée. Fabrice Melquiot envisage son texte comme une œuvre à la fois épique, dramatique et lyrique, une fresque pop, intime et politique. Cette odyssée va nous (em)mener dans un voyage aux confins de la France des attentats de 2015 et de l’Europe toute entière, sur la terre des poètes et des navigateurs d’antan. Rachida Brakni (Anissa qui évoque au début de la pièce le destin extraordinaire du footballeur de Saint-Étienne Rachid Mekloufi qui surnommé « L’inoubliable » n’eut aucun carton, porta de 1956 à 1958 le maillot de l’équipe de France et voulut promouvoir la création d’un état indépendant algérien), Vincent Garanger (Grinch), ou Bénédicte Mbemba, (Céleste) autant d’acteurs et de parcours singuliers, de générations différentes, au service d’un dialogue entre des mythes fondateurs des contes homériques avec la réalité la plus crue et contemporaine faite de faux débats sur notre identité ou ce fort sentiment d’abandon pour des pans entiers de nos concitoyens. Et puis il y a Philippe Torreton (Roch, le père) et Maurin Ollès (Enée, son fils) tous deux prodigieux et poignant. « Leur association fonctionne à merveille, explique Arnaud Meunier, je suis très heureux de les avoir réunis, et si heureux de travailler avec Philippe Torreton qui est très généreux. » Quant au spectacle véritablement populaire, d’une ambition réelle où, on joue avec tous les styles, « il fait un pont entre la souffrance sociale et la violence terroriste  », raconte Arnaud Meunier qui précise que « c’est une pièce sur le partage, et sur comment l’amour et l’amitié nous permettent de tenir debout, quand tout s’écroule autour de nous. L’amitié étant ici un concept politique. » Ce qui s’allie très bien avec la manière de travailler d’Arnaud Meunier, metteur en scène qui, proposant plutôt que dirigeant, ressemble à un chef d’orchestre qui avance dans la partition en étant fidèle à celle-ci mais en cherchant sans cesse de nouvelles pistes. Car, et c’est une constante chez lui, partant du texte, il éclaire ensuite les mots par touches impressionnistes, et sait faire donner aux comédiens le meilleur d’eux-mêmes.
Jean-Rémi BARLAND
"J’ai pris mon père sur mes épaules" de Fabrice Melquiot texte aux éditions de l’arche (154 pages 15 €) mise en scène Arnaud Meunier - collaboration artistique Elsa Imbert
avec (par ordre d’apparition) Rachida Brakni, Philippe Torreton, Maurin Ollès, Vincent Garanger,Frédérico Semedo, Bénédicte Mbemba, Riad Gahmi et Nathalie Matter
- Au Théâtre de Nîmes du 6 février au 8 février - Plus d’info et réservations : theatredenimes.com
- Au Théâtre du Gymnase de Marseille du 16 au 18 mai à 20h.
Plus d’info et réservations : lestheatres.net

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