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Rencontres d’Averroès : hommes, femmes, (nouveau) mode d’emploi ?

lundi 29 octobre 2018

« Quelles relations entre les sexes, d’hier à demain en Méditerranée ? » C’est à cette question que répondront les invités des 25e rencontres d’Averroès, du 15 au 18 novembre prochains. Quatre tables rondes pour prendre la mesure d’une révolution anthropologique incontestablement à l’œuvre.

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Thierry Fabre, le concepteur des Rencontres d’Averroès (Photo Philippe Maillé)

C’est un fait, on tend incontestablement aujourd’hui vers un point d’inflexion sociétal, celui relatif aux rapports entre les sexes. L’offensive #MeToo l’incarne, forcément, elle illustre cette volonté de rompre une fois pour toutes avec le machisme, la condescendance ou le sexisme ordinaire. Mais bien plus largement, toute une myriade de mouvements, d’associations, ou tout simplement de femmes isolées osant désormais clouer au pilori des réseaux sociaux les agressions masculines à leur encontre indiquent à présent une direction nouvelle. Et elle s’oppose en tous points à celle du patriarcat. Le monde économique lui aussi suit le mouvement. La seule cité phocéenne compte de nombreux réseaux de femmes entrepreneures, la loi Copé-Zimmerman entraîne, doucement mais sûrement dans son sillon ces dernières sur le chemin du leadership. Qu’on le veuille ou non, le monde se construit bel et bien aujourd’hui avec les femmes. Alors dire que cela bouge... c’est presque un euphémisme. Bouleversements qui heurtent parfois les hommes dans leurs repères... Et c’est lorsque le progressisme prend l’avantage que les vieilles représentations persistent dans un dernier sursaut de vie avant de trépasser. Se montrant souvent sous leur jour le plus sordide. Le sort des femmes yézidies, réduites à l’esclavage sexuel par les hommes de Daesh en est l’une des terribles illustrations... Comme les viols de guerre au Congo, la lapidation ou l’excision, cette dernière encore pratiquée dans près d’une trentaine de pays d’Afrique ou du Moyen-Orient... Impossible de hiérarchiser l’indicible.

Penser, une nécessité

Bref, ces grands changements, comment ne pas penser « qu’ils font événement dans une époque comme la nôtre ? Peut-on parler d’une révolution anthropologique entre les sexes », soulève Thierry Fabre, le concepteur des Rencontres d’Averroès ? C’est donc à cette question que la 25e édition de l’événement se propose de répondre, du 15 au 18 novembre, au fil de quatre tables rondes invitant au débat, comme de coutume, des invité.es de prestige... Empruntons pour une fois l’écriture inclusive pour le souligner plus encore, les femmes investiront en nombre la tribune. La parité est plus que de mise : « au sein des rencontres aussi, en 25 ans, les intellectuelles ont pris leur place », observe Thierry Fabre. Ainsi, spécialistes de la théologie, de l’Histoire, de la médecine, mais aussi philosophes, anthropologues, et autres psychanalystes se prêteront à l’échange. Et susciteront vraisemblablement l’affluence comme les années précédentes, puisque l’idée, rappelle le père de l’événement, c’est « de ne pas réserver ces débats à un seul cercle d’initiés ». Bien au contraire... Dès la première édition des Rencontres d’Averroès, rappelle-t-il, le public ne s’y est pas trompé, répondant massivement présent ce pluvieux 11 novembre 1994. « Il y avait autant de monde dans le théâtre des Bernardines que dehors, et une ferveur, une écoute, un respect, une attention dignes d’une université populaire de la Méditerranée qui s’invente alors sous nos yeux  ». Et c’est heureux : « Penser est un axe indispensable à la vie de la cité. Par ailleurs, quand on parle, on ne se tue pas », ajoute-t-il, évoquant la nécessité « de poser des questions difficiles, des questions qui font mal. Nous ne sommes pas seulement sur un débat d’idées, mais aussi sur un rapport au sensible. Averroès, c’est cela aussi, un lieu de controverse. Une infinie puissance d’ébranlement ».
Ébranlement on ne peut plus salutaire... On ne bâtit rien sur le sable fin du désert. La vérité est à ce prix : elle nécessite des fondements solides et pour ce faire, il faut l’éprouver, voire même la bousculer. « Aujourd’hui, nous avons un problème avec la vérité. On parle de vérités relatives, de fakes news... nous connaissons un flou absolu. Or quand la vérité devient floue, impossible, évanescente, il y a la place derrière pour la tyrannie », avance à son tour Macha Makeïeff, directrice du théâtre de La Criée, l’un des hôtes de l’événement.

Israel Galván, Yelli Yelli et Piers Faccini au programme

En novembre prochain, la Méditerranée des deux rives se pensera donc une nouvelle fois de Marseille. La première table ronde se focalisera ainsi sur le rôle joué par les textes dans la fondation de ces relations entre les sexes. Textes sacrés bien sûr, « mais aussi profanes », préciseThierry Fabre, puisque les lois elles aussi ont contribué à définir les rapports entre les hommes et les femmes. Lois parfois progressistes, luttant contre les discriminations, accordant égalité juridique, droit de vote, possibilité de travailler sans l’accord du conjoint. Mais connaissant parfois aussi la régression, notamment en temps de crises, comme le disait Simone de Beauvoir... La deuxième table ronde gravitera autour des imaginaires et des valeurs qui ont aussi contribué à fonder ces relations entre les sexes. Les questions de l’entre-soi conjugal, de l’honneur, souvent ciblé sur la virginité des femmes et de la virilité, de la conception de la maternité seront ainsi abordées. Puis la troisième table ronde permettra de débattre autour des pratiques et des mouvements de contestations, notamment du LGBTQI... avant de conclure par un quatrième moment d’échange, sur les cauchemars et les rêves jouant sur le futur de ces relations. Rêves de nouveau cours, à la faveur d’avancées technologiques, numériques, biologiques, génétiques ou médicales... Mais cauchemars aussi, puisque l’obscurantisme et l’extrémisme n’ont hélas pas dit leur dernier mot. Mais les Rencontres d’Averroès, c’est, outre le débat d’idées, des moments de culture... et cette nouvelle édition en promet. Citons notamment la venue du danseur Israel Galván « qui a su inscrire le flamenco, danse en principe très codifiée, dans une dimension contemporaine », note Thierry Fabre, ou encore des chanteurs Yelli Yelli et Piers Faccini. Sans oublier l’organisation d’Averdon Junior, pour le plus jeune public. Puisque l’important est aussi dans la transmission...
Carole PAYRAU
Plus d’info : rencontresaverroes.com

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