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Roquefort-la-Bédoule : la zone d’activité de la Plaine du Caire étend son empreinte

vendredi 6 septembre 2013

La quatrième tranche de la zone d’activité de la Plaine du Caire à Roquefort-la-Bédoule a été inaugurée ce jeudi 5 septembre. Elle abritera quinze entreprises, jusqu’ici implantées sur les communes environnantes, qui y trouveront le terrain adéquat à leur développement. L’opération conduite par MPM en régie directe générera 200 nouveaux emplois sur la commune. Une politique volontariste dont Eugène Caselli, président de la communauté urbaine, a rappelé le sens lors de la table-ronde inaugurale.

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La table ronde inaugurale a réuni les principaux acteurs de la zone. (Photos S.P.)
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Pour résoudre le problème du foncier, Eugène Caselli a plaidé pour la métropole.
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Jérôme Orgeas a insisté sur les retombées de la zone d’activité au niveau de la taxe foncière et de l’économie résidentielle.
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Pour Jean-François Brando, "il faut que les salariés puissent avoir une recherche plus large (...) afin d’avoir plus de chance de trouver un emploi".
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Nicolas Teisserenc a déploré la priorité donnée selon lui aux activités de bureaux dans le développement des zones d’activité sur l’aire marseillaise.
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Sébastien Bareau s’est réjoui d’évoluer dans un environnement de qualité.

« C’est un grand jour. L’inauguration de la tranche IV de la Plaine du Caire est le résultat d’années de travail. Cela couronne une collaboration » : c’est par ces mots que le maire de Roquefort-la-Bédoule Jérôme Orgeas (UMP) a lancé la table ronde inaugurale de la nouvelle extension, sur 4,5 hectares, de la zone industrielle installée sur sa commune. Quatorze entreprises y sont d’ores et déjà installées – un 15e lot est en cours de commercialisation – générant 200 nouveaux emplois sur la commune via le déménagement d’entreprises environnantes. « L’ensemble de la zone du Caire, qui s’étend au total sur 25 hectares, abrite 70 entreprises. A terme, avec la potentialité de la quatrième tranche, cela représentera 700 emplois. Ce n’est pas rien pour une commune comme la nôtre », souligne le maire. Et Jérôme Orgeas de revenir sur le sens de son intervention dans ce dossier. « Chacun est d’accord pour dire que tout le monde doit intervenir sur l’emploi, que ce soit au plan international, national ou régional avec les pôles de compétitivité. Et au niveau local, quoi de mieux que de mettre à disposition du foncier pour que la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) puisse mettre en place des zones industrielles afin de donner de bonnes conditions de travail aux entreprises ? », plaide-t-il.
Ainsi, suite à la révision du Plan local d’urbanisme (PLU) de la commune de Roquefort-la-Bédoule intervenue en septembre 2009, c’est MPM qui a réalisé l’opération, d’un montant global de 2 M€, en régie directe. « Nous avons procédé à l’ensemble des travaux d’aménagement et nous commercialisons », précise Eugène Caselli (PS), président de la communauté urbaine. Cette extension de la zone de la Plaine du Caire s’intègre dans la stratégie économique globale de MPM, qui a développé quatre espaces économiques répartis sur son territoire. Le premier se situe sur le secteur nord-ouest de MPM avec le Technoparc des Florides sur la commune de Marignane, couplé avec le Parc d’Empalières et le Parc des Aiguilles sur la commune d’Ensuès-la-Redonne. Un espace créé en collaboration avec Eurocopter, EADS et l’Etat qui, comme le souligne Eugène Caselli, « va devenir le plus grand pôle aéronautique de France après Toulouse ». « Sur le Parc des Florides, il nous fallait un booster. On l’a trouvé avec Daher qui a créé 1 000 emplois tout de suite », précise le président de MPM.

« On a dû créer 8 000 emplois rien que grâce à notre réseau de ZAC »

Le deuxième espace est la façade maritime Nord où MPM a co-signé une convention avec l’Etablissement public foncier régional, la Ville de Marseille et Euroméditerranée. Vient ensuite le secteur de la Vallée de l’Huveaune où la communauté urbaine a élaboré un référentiel foncier et est actuellement en recherche d’opportunités. Enfin, le secteur Est de MPM abrite notamment cette zone industrielle de la Plaine du Caire, la ZAC d’activités d’Athélia V à La Ciotat, dédiée à l’installation de PME de haute technologie, ou encore le village artisanal de Brégandon à Cassis où, après l’acquisition du foncier faite en 2012, l’appel à projet a été lancé. Sur une superficie de 1,6 hectare de terrain, 7 000 m² seront dédiés à l’accueil d’activités artisanales.
Des espaces économiques auxquels se greffent les technopôles de Château-Gombert et de Luminy à Marseille, dédiés à l’économie du savoir et de la connaissance, ou encore le Pôle de création de La Cabucelle dans le 15e arrondissement de la cité phocéenne. Afin de soutenir les porteurs de projets issus des territoires prioritaires, la communauté urbaine y réalise un pôle de création d’entreprises en Zone franche urbaine (ZFU). Outre ce pôle opérationnel fin 2015, une opération de construction d’un pôle artisanal d’environ 2 000 m² sera proposée à un opérateur privé avec l’objectif de générer à terme, sur le secteur, 200 emplois.
Sur l’ensemble de son territoire, la communauté urbaine a ainsi mobilisé 300 hectares de terrains pour l’activité économique. « On va être capable d’offrir, d’ici 2015, 700 000 mètres carrés shon aux entreprises sur le territoire de MPM. On a investi 80 M€ qui génèrent 800 M€ d’investissement privé. On a dû créer 8 000 emplois rien que grâce à notre réseau de ZAC », se réjouit Eugène Caselli.
Des entreprises qui pour la plupart sont des PME, « y compris dans des zones technologiques et scientifiques comme à Château-Gombert ». « Même si certaines sont cotées en Bourse, ce ne sont pas de grosses machines, mais ce sont elles qui créent de l’emploi en France. C’est un filet de PME qui irrigue », insiste le président de MPM. Avant de saluer particulièrement l’opération menée sur la 4e tranche de la ZI de la Plaine du Caire où « le terrain a été couvert en quelques mois ». « Quand on met du sens, de la volonté politique, des moyens et de la synergie avec les communes, on réussit des choses », résume Eugène Caselli.

« La TPE, c’est l’entreprise qui passe toutes les crises »

Des propos auxquels abonde André Bendano, président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Bouches-du-Rhône (CMA 13). « La très petite entreprise (TPE), c’est l’entreprise qui passe toutes les crises. Même en 2008 au plus fort de la crise, la TPE faisait +4% et continuait à se développer et à embaucher », indique le représentant d’un secteur qui abrite 40 000 entreprises dans les Bouches-du-Rhône. Et de s’adresser ensuite aux élus : « Prenez en considération les grandes entreprises mais aussi les petites entreprises artisanales qui sont non délocalisables. Nous représentons 3 millions d’emplois en France et à l’heure actuelle, nous sommes en capacité d’embaucher 150 000 personnes. »
Concernant les conditions de revente des terrains, Eugène Caselli précise qu’« il n’est pas question de spéculer ». « Nous avons l’obligation de ne pas dépenser l’argent public et d’équilibrer nos comptes Nous voulons le juste prix car l’entreprise qui paye le juste prix est saine et pourra continuer à pérenniser l’emploi, ce qui nous intéresse », souligne le président de MPM. Un avis que partage Jean-François Brando, vice-président délégué de la CCI Marseille-Provence. « Nous suggérons des créations de ZAC au juste prix et la reconversion de terrains en friche. Il faut une offre de foncier importante pour stabiliser les prix, ce qui contribuera à développer l’emploi », explique-t-il.
Et André Bendano de saluer la démarche des élus : « On est vraiment sur du concret. Tout le travail que nous faisons avec les collectivités locales, avec des élus qui interviennent pour favoriser l’implantation d’entreprises en modifiant leur PLU ou leur POS, on en voit les réalisations et c’est ce qui nous intéresse. »
Un volontarisme politique qui a trouvé un écho favorable dans les rangs des entreprises, comme en témoigne Nicolas Teisserenc, président de Sommap. Cette société, qui commercialise du matériel de plongée, a en effet choisi de venir s’implanter sur cette 4e tranche de la zone industrielle de la Plaine du Caire. « Sommap a été créée sur Marseille en 1970. Il y a 19 ans, nous avions déménagé sur la zone des Paluds à Aubagne. Et pour des questions de commodité on a foncé dans le projet », précise Nicolas Teisserenc dont l’entreprise réalise un chiffre d’affaires de 900 000 € dont 50% à l’international. Sommap emploie ainsi un effectif de 7 personnes, plus des commerciaux, sur le site de Roquefort-la-Bédoule. « On travaille assez peu avec le tissu économique local sauf avec les fournisseurs qui étaient déjà implantés sur la zone », poursuit-il.

« Nous sommes à proximité des deux entrées d’autoroute ce qui est important »

Un déménagement pour lequel a également opté la SA Bareau. Créée en 1946, cette société spécialisée dans le secteur de l’agencement et du bois était implantée à la Valentine dans le 10e arrondissement de Marseille. Mais l’environnement de l’entreprise, qui n’était pas en zone industrielle, s’était fortement urbanisée, avec notamment la construction de villas aux abords de son installation. « Nous disposons à la Plaine du Caire d’une surface d’activité de 2 800 m² contre 1 200 m² précédemment. C’est ce qui nous a permis de répondre à la demande du Mucem dont nous avons réalisé l’ensemble des menuiseries intérieures et le parquet », souligne Sébastien Bareau, directeur général de la société. Cette nouvelle implantation devrait également permettre de continuer à développer l’entreprise, qui emploie aujourd’hui 50 salariés pour un chiffre d’affaires de 8 M€, en se lançant dans un nouveau secteur, la résine de synthèse. « Nous sommes ici dans une capacité de travail beaucoup plus conséquente, à proximité des deux entrées d’autoroute ce qui est important. A la Valentine, il y avait beaucoup d’embouteillages, ici ce n’est pas le cas. Il est important qu’on travaille dans un environnement de qualité. Toute l’équipe a ainsi participé à l’aménagement de l’atelier qui est isolé phonétiquement », précise le directeur général.
Mais si la satisfaction est de mise, Nicolas Teisserenc tient cependant à y apporter quelques bémols. « C’est une chance très importante pour la mairie de Roquefort-la-Bédoule que MPM ait aménagé cette zone. Mais après il faut que les choses suivent au niveau des logements et des transports en commun qui sont un peu le point noir de la Plaine du Caire. Il faut aussi que l’on ait La Poste au quotidien car ensuite c’est nous qui sommes dans le jus », nuance-t-il, avant de préciser : « Il n’était pas possible de déménager d’Aubagne à Fos car sinon j’aurais dû licencier tout mon personnel. Donc j’avais un intérêt dans l’implantation locale. »
Le président de Sommap pointe également « la logique de développement de bureaux » en vogue selon lui sur l’aire marseillaise. « On préfère installer 300 personnes dans un bureau plutôt que 10 personnes dans une activité industrielle pourtant créatrice de richesse », déplore Nicolas Teisserenc.

« La métropole nous permettra d’avoir une réflexion plus globale sur le réseau de transports en commun »

Jérôme Orgeas confirme que si « MPM a été un catalyseur pour aider les entreprises à s’installer », il faut ensuite des services au quotidien. « Pour les réseaux autoroutiers, c’est pratique. Quant aux transports en commun, à l’échelle péri-municipaux, c’est un poème. MPM manque d’infrastructures, nous y travaillons ensemble. La métropole nous permettra d’avoir une réflexion plus globale sur le réseau de transports en commun », estime le maire de Roquefort-la-Bédoule. Il précise également que la fibre optique sera présente à partir de 2015 et que la commune va refaire une voirie avec des réseaux. « C’est vrai que l’aménagement local nécessite des investissements. Mais les retombées sont importantes, tant au niveau de la taxe foncière que de l’économie résidentielle : les gens qui travaillent ici viennent s’y restaurer, pourquoi pas y vivre ou s’investir dans des activités associatives. Et même s’il y a des nuisances, comme l’augmentation du trafic de camions, il faut se mobiliser pour l’emploi », plaide le maire.
Le choix des terrains à aménager est un autre dilemme auquel doit faire face Jérôme Orgeas. « Nous renouvelons la ville sur elle-même mais il faut aussi préserver des espaces pour le développement, des espaces agricoles et des espaces naturels. Comment faire ? Il faut prioriser les espaces qui peuvent être aménagés. Nous devons préserver des zones naturelles à fort potentiel et réserver l’aménagement à des zones plus banales. Des technologies sont disponibles pour nous y aider », indique le maire de Roquefort-la-Bédoule. Et Eugène Caselli de citer notamment la zone des Fourniers située sur la commune où MPM réfléchit à l’implantation d’une nouvelle ZAC. « C’est un lieu où il y avait des usines. C’est une friche où il y a quelques bâtiments à rénover. Elle constitue une zone idéale, cachée, qui respecte l’environnement, pour une nouvelle zone d’activités », illustre-t-il.
Aux yeux du président de la communauté urbaine, la quête du foncier est bien le nerf de la guerre. « On en a dégagé dans cette mandature mais à un moment donné, le territoire de MPM ne suffit plus. Il faut voir plus grand. Et pour ça, il faut la métropole qui n’est pas un outil de pouvoir mais le moyen de créer des liens entre les zones d’activité », estime Eugène Caselli.

« La métropole permettra de bâtir un schéma d’aménagement cohérent »

Or à ce niveau-là, la tâche est immense comme il le rappelle en citant la liaison Marseille-Aix « desservie par un TER parfois à une seule voie », le port de Marseille-Fos « desservi par une départementale » et l’aéroport de Marignane où pour s’y rendre « on a le choix entre la voiture et le bus alors qu’il y a une gare à proximité ». « Il faut des investissements massifs comme à Saint-Charles où on va réaliser une deuxième gare souterraine avec des TER cadencés comme des RER qui desserviront Aix, Aubagne, Vitrolles… Et une fois à Vitrolles, il faut un tramway aérien pour faire les 800 mètres jusqu’à l’aéroport de Marignane », insiste Eugène Caselli.
Et de plaider à nouveau pour la métropole. « Elle permettra de dégager du foncier de manière à bâtir un schéma d’aménagement cohérent où on placera les entreprises et où on pourra voir comment les gens se déplacent. On pourra alors habiter Marseille et travailler à Fos ou à Aix tout en arrivant à l’heure à son travail », résume le président de MPM. 
Un discours auquel adhère Jean-François Brando. « Créer des zones où les salariés peuvent habiter non loin de leur travail, c’est bien mais ce n’est pas suffisant. Il faut que les salariés puissent avoir une recherche plus large, de Carnoux à Aix en passant par Marseille, afin d’avoir plus de chance de trouver un emploi. Incontestablement, la métropole permettra de répondre à ça », juge le vice-président délégué de la CCIMP.
Des plaidoyers que tient à nuancer le maire de Carnoux-en-Provence Jean-Pierre Giorgi (DVD). « Comme territoire pertinent, la métropole est une réalité, ça a du sens pour le maillage de manière intelligente. Mais il y a des freins énormes vu le retard notamment au niveau des transports. Pour revenir à niveau, il faut beaucoup d’argent et c’est là que le bât blesse. Etant donné qu’en matière de fiscalité on a déjà donné, qui va donner quoi ? C’est une problématique que l’on ne peut pas ignorer », observe-t-il.
Jean-Pierre Giorgi pointe également « la rareté et le prix du foncier » notamment en ce qui concerne le logement, « sans même parler du logement social ». « Ce n’est pas demain matin qu’on va se mettre au niveau des besoins », tranche le maire de Carnoux. Il évoque enfin « les contraintes réglementaires » qui constituent à ses yeux « des freins supplémentaires ». « Le Plan de prévention des risques d’incendie de forêt (PPRIF), c’est quelque chose qui vous oblige à ne rien faire », ironise-t-il.
Et le maire de Carnoux de conclure : « Toutes ces contraintes sont des freins énormes. Il va falloir du temps, de la patience et de l’intelligence car il faut que notre pays sorte de la crise qu’il vient de traverser et pour ça, il faut des réformes courageuses. »
Serge PAYRAU

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