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Santé : Trouver un médecin traitant partout en Paca grâce à un premier contrat signé entre l’Agence régionale de santé (ARS) et les médecins libéraux de l’URPS

mardi 14 novembre 2017

Claude d’Harcourt, directeur général de l’ARS Paca et le docteur Laurent Saccomano, président de l’Union Régionale des professionnels de santé (URPS) médecins libéraux ont signé un premier Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM) 2017-2020, une feuille de route de 3 ans pour « une offre de soins pensée et construite sur le terrain ».

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Signature du CPOM 2017-2020 entre le docteur Laurent Saccomano, président de l’URPS médecins libéraux et Claude d’Harcourt, directeur général de l’ARS Paca (Photo M.B.)

Ces deux structures ont été créées en 2009, par la loi Hôpital patients santé territoire dite Bachelot, l’ARS (Agence Régionale de Santé), pour organiser le système de santé sur la Région et l’URPS médecins libéraux qui regroupe 80 médecins élus par les 12 000 médecins libéraux de la région pour concourir à cette organisation des soins. Et pour rappel : l’Ordre des médecins s’occupe lui de déontologie, du bon exercice de la médecine. Claude d’Harcourt rappelle le contexte des soins en 2017 à l’origine du CPOM : face à la crise démographique en Paca -de moins en moins de médecins- et la nécessité d’avoir des médecins maîtres de stages pour attirer des jeunes dans la profession, il lui faut agir avec les professionnels de santé de l’URPS, parier sur des mesures incitatives pour éviter les mesures coercitives que le gouvernement pourrait prendre. « Demain se construit maintenant » et pour cela il met sur la table près de 400 000 euros pour 12 mois. Si, à la mi-2018, le bilan est bon, il pourrait remettre le même montant pour l’année suivante. Quant aux médecins élus de l’URPS, ce sont leurs heures de travail,pour les actions du CPOM, qu’ils engagent. Le docteur Laurent Saccomano, pour sa part, se réjouit de ces moyens pour « ne pas courir contre la montre » pour adapter la médecine de ville avec 3 axes prioritaires sur les 7 du CPOM :
• un diagnostic
• un plus grand recours à l’information, y compris numérique
• le tout pour attirer des jeunes vers le libéral
Pour le 1er axe, il annonce la création d’un « observatoire de l’exercice libéral : qui exerce ? Quel exercice ? Combien de temps y passe-t-on et pour quel volume de travail ? On a besoin de ce diagnostic car un médecin peut manquer sur une commune mais se trouver proche dans une commune voisine et au contraire une commune apparemment bien dotée peut être en passe de devenir un désert médical  ». Dans la salle, un élu de l’URPS, médecin libéral à Saint-Tropez indique qu’il est « le seul à être en secteur 1, sans dépassement d’honoraires » et qu’autour de lui le nombre des spécialistes diminue.
Le Dr Wilfrid Guardigli, praticien de terrain, coordinateur de la Maison de santé Caducéus de la Seyne-sur-Mer, témoigne d’une « expérience réussie ». Structure pluridisciplinaire, elle compte 4 généralistes comme lui et des spécialistes, un endocrinologue, un dentiste et un podologue. « Bientôt elle accueillera un jeune et elle a une place pour un autre ». De plus, précise-t-il, elle est en partenariat avec des professionnels de santé extérieurs : pharmacien, infirmier et diététicien.
Ce médecin coordinateur souligne les avantages pour les praticiens et pour les patients « grâce à la force du groupe, les patients sont mieux pris en charge et on prévient le surmenage professionnel ». « On gagne, ajoute-t-il, une qualité de l’information grâce à des réunions et à des rencontres informelles et permanentes. Et, les patients ont à leur disposition de vastes locaux qui favorisent leurs relations avec les secrétaires chargées de l’accueil ». Il insiste sur « la prise en charge globale de maladies chroniques comme le diabète et l’amélioration de la prévention ». C’en est fini d’une éducation thérapeutique qu’il devait faire seul quand il était en cabinet libéral, d’autant qu’à présent « il voit ses patients au début de leur maladie ». Il remplit donc mieux une autre obligation : « L’information sur les perturbateurs endocriniens, qu’il réserve d’ailleurs à tout le territoire » Et Le Dr Wilfrid Guardigli a également en projet la télé médecine.
Claude d’Harcourt revient sur ce CPOM en donnant quelques chiffres pour montrer la plus-value de ce contrat :
- doubler les 24 maisons pluridisciplinaires en Paca, avec deux conditions : « partir de l’initiative des médecins et ne pas créer pas forcément des murs » ;
- faire évoluer les 123 centres de santé régionaux « pour répondre aux réalités contemporaines » ;
- étendre les 8 Plateformes territoriales d’appui (PTA) qui couvre 80% du territoire jusqu’à en couvrir 100%. « Provence-Alpes-Côte d’Azur sera alors la seule région de France à avoir un tel maillage ».
Mireille BIANCIOTTO

Les entretiens

Claude d’Harcourt le directeur général de l’ARS Paca présente ce CPOM comme une réponse aux « défis communs à relever » pour que nos concitoyens continuent à avoir une offre de santé de qualité avec « une porte d’entrée qui est la médecine libérale » dans un contexte de « démographie », il y a moins de médecins libéraux dans la région et de « peut-être un changement d’état d’esprit des praticiens » avant d’interroger : y a-t-il moins de vocation pour cet exercice de médecine dit de ville ? Il souligne également les risques de dégradation de l’offre de soin, aujourd’hui, avec des exemples : « Si un habitant d’un territoire un tout petit plus isolé n’arrive plus à trouver un médecin traitant, c’est un vrai problème ». Indique également : « Quand vous avez besoin d’une consultation d’ophtalmologie dans un pays développé comme la France et qu’il faut mettre 8 mois, c’est un sujet ». Il croit possible de résoudre ces difficultés et d’obtenir une meilleure offre de soins grâce à cette action commune de l’ARS et de l’URPS, « deux services publics ». Comme directeur général de l’ARS, il se donne la mission « d’encadrer » « l’initiative, l’engagement, la passion même » des médecins de l’URPS pour « mettre en œuvre des politiques sur le terrain ». Ainsi le management du système de soins perd un peu du top-down pour se rapprocher du terrain. Enfin, il reconnaît la difficulté de faire venir des jeunes à l’exercice libéral. Insiste sur les spécialités qui vont bouger, à l’échelle du CPOM, c’est à dire à 10 ans, « certaines auront moins de poids demain qu’elles n’en ont aujourd’hui »... «  à l’inverse la gériatrie est une spécialité tout à fait essentielle, on n’a pas besoin de dire pourquoi  ». Avance que « le médecin traitant, porte d’entrée dans le système de soins, sera toujours un acteur clé des actions de prévention et de soins  ».

Le docteur Laurent Saccomano se trouve le mieux placé en tant que professionnel de santé de terrain pour « améliorer l’offre de soins » et travailler à la « répartition des médecins » sur tout le territoire régional. Il parle de 3 grandes catégories du CPOM : « Un observatoire pour analyser les forces en présence », « la coopération et les échanges d’information entre professionnels de santé, le tout à vocation d’inspirer des vocations de jeunes médecins à s’installer en libéral ».
L’échange d’information ou télé-médecine n’est ni une baguette magique ni la « révolution d’un jour ». Il voit des étapes en commençant par exemple par « la télé-dermatologie, l’échange entre deux professionnels, un généraliste, un dermato d’un cas clinique accompagnant des photos, expliquant l’état clinique d’un patient » ou par « la messagerie sécurisée » avec des « échanges d’information, de compte-rendus entre deux médecins de ville ou entre la ville et l’hôpital pour les lettres d’entrée ou les lettres de sortie », une manière pour tracer un réel parcours de soin sans rupture entre un séjour à l’hôpital et le retour chez soi. Le président voit dans le numérique « un gain de temps » et un choc de simplification pour le médecin et les professionnels de santé en général. Pour encourager les jeunes à choisir la médecine de ville, un exercice individuel voire solitaire, il met en exergue les formules « d’exercice regroupé », maisons ou centres de santé, pour « pallier ces difficultés », en mutualisant les moyens comme par exemple une secrétaire commune plutôt qu’un secrétariat à distance.
Pour les patients, un fois que le cabinet de leur médecin traitant est fermé le soir ou le week-end, les urgences sont souvent la seule solution or elles sont saturées. A Marseille, c’est le cas et il y a un projet dans deux hôpitaux, à la Timone et à Laveran. Il s’agit de « structures d’accueil, à l’intérieur de l’hôpital, bien identifiées, bien fléchées » qui permettent au patient d’aller « consulter pour une urgence, relative, ressentie ou vraie » afin d’avoir « une réponse médicale adaptée ». Le Dr Laurent Saccomano ne voit pas de difficulté à faire la part des choses entre le besoin d’un traitement « lourd » ou celui « d’une simple consultation médicale ».

Reportage M.B.

Les 7 axes du CPOM Paca 2017-2020
- 1 Recensement et mise à jour des compétences et pratiques des médecins libéraux afin de réduire l’inégalité aux soins
- 2 Développement d’organisations permettant un exercice coordonné
- 3 Accompagnement des internes vers l’exercice libéral et notamment en zone fragile
- 4 Développement des plates-formes territoriales d’appui (PTA)
- 5 Développer et déployer une stratégie de systèmes d’information pour l’offre de proximité
- 6 Développer la prévention médicalisée dans le secteur libéral
- 7 Améliorer la permanence et la continuité des soins ambulatoires.

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