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Secem : Michèle Alliot-Marie plaide pour un rapprochement économique avec la rive sud de la Méditerranée et la Russie

dimanche 21 juin 2015

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Michèle Alliot-Marie était invitée dans le cadre du colloque Secem qui s’est déroulée à la Villa Méditerranée (Photo Philippe Maillé)

Michèle Alliot-Marie, députée européenne (les Républicains) et qui fut notamment ministre de la Défense, de l’Intérieur, de la Justice, des Affaires Étrangères... était invitée au colloque Secem (Sécurité Économique et Compétitivité des Entreprises en Méditerranée) qui vient de se dérouler à Marseille, à la Villa Méditerranée. Elle est intervenue sur les enjeux de sécurité, sur la nécessité de demeurer une puissance économique. Une intervention lors de laquelle, il ne fut jamais question de langue de bois.
Michèle Alliot-Marie de déplorer : « Nous avons un gros déficit de réflexion sur la géopolitique et la prospective par rapport aux anglo-saxons. Or, aujourd’hui, si on veut peser, il faut représenter 1 milliard de personnes. C’est ce que représente l’Inde, la Chine, ce que cherche à représenter les États-Unis en cherchant des accords avec le Canada et le Mexique. De plus, force est de constater que, pendant longtemps on a considéré que la Chine et l’Inde n’étaient des concurrents que parce qu’ils fabriquaient à bas coût. On n’a pas vu que, depuis 10 ans, leurs progrès technologiques sont extrêmement importants. Dans ce contexte la bonne taille économique serait l’Europe, le Sud de la Méditerranée et la Russie. J’étais d’ailleurs très favorable à l’Union pour la Méditerranée. On trouve dans le Maghreb et le Sahel une part importante des éléments de croissance avec une densité de population, une jeunesse et, aussi du gaz, du pétrole, des minéraux rares dont nous avons besoin pour développer nos technologies. Alors, il faut arriver à concevoir comme un tout, sur un plan économique, l’ensemble que constitue l’Europe et la rive sud de la Méditerranée. Nous sommes là devant l’un des pôles mondiaux de développement de la culture et de technologies ».
Concernant le terrorisme, un phénomène qu’elle suit depuis 2002, elle observe : « Je ne pense pas que l’entreprise soit une cible privilégiée pour les terroristes. Ils agissent en fonction de l’impact médiatique de leurs actes, ils veulent effrayer et recruter. C’est pour cela qu’ils sont très présents sur les réseaux sociaux sachant qu’ils ont une connaissance très fine de notre façon de raisonner ».
Considérant : « Si on veut lutter efficacement contre l’insécurité, les trafics de drogue, de personnes, il faut aller à la source des problèmes. Il s’agit d’une part de tensions entre pays, religions, ethnies, mais aussi de difficultés quotidiennes de vie. Il faut donc travailler sur le plan diplomatique, voire militaire, pour mettre fin aux conflits mais aussi gérer l’accès à l’eau potable, à l’alimentation, au développement économique et ceci ne peut se faire que dans le cadre d’échanges ».

« Il nous faut garder, protéger notre avance technologique »

La compétition internationale est un autre enjeu que Michèle Alliot-Marie ne manque pas d’aborder : « Il nous faut garder, protéger notre avance technologique. Il est indispensable que les pouvoirs publics, les entreprises soient conscientes de l’importance qu’il y a à agir dans ce domaine. Il n’est pas possible de voir se reproduire le rachat de Gemplus par une société proche de la NSA. Or, je trouve que la prise de conscience de l’enjeu qui est là est largement insuffisante et l’enjeu est simple : va-t-on être une puissance économique ? ». « L’Union Européenne, poursuit-elle,n’a pas pris conscience qu’elle était une puissance alors qu’elle est la première puissance ; que c’est d’elle que provient la moitié des budgets de l’Otan et les 2/3 de ses Hommes ». « L’Europe fait trop peu pour protéger les entreprises. Il est nécessaire de faire comprendre aux pays libre-échangistes qu’il est important d’avoir des règles de protection de la propriété intellectuelle », avance-t-elle. Plaide, en terme de développement comme de sécurité, pour le développement de partenariat public-privé. « Il est ridicule d’opposer l’État et les entreprises. Il ne faut pas laisser Bercy tout décider. De Gaulle disait à propos de Bercy : "ce ne sont que des comptables". Effectivement pour économiser 10€, ils peuvent en faire perdre 500 000". Après il n’est pas question d’avoir un capital exclusivement français ou européen, il faut juste être attentif lorsqu’il s’agit de domaines sensibles. Comment accepter la vente partielle de l’aéroport de Toulouse-Blagnac aux Chinois alors que c’est là que s’effectuent les essais de l’Airbus ? ».
Elle insiste sur la responsabilité du politique, sur le rapport avec les grandes administrations. « Il n’est pas rare que, lorsqu’un ministre discute un texte de Loi, son administration tente de lui imposer ce qu’il doit dire. Cela m’est arrivé lorsque j’étais jeune ministre, un directeur de cabinet et venu me dire que ma proposition de Loi n’était pas applicable. Ce à quoi je lui ai rétorqué qu’elle serait appliquée, sans lui. Ce fut la première et la dernière fois qu’un membre du cabinet a tenté de faire pression sur moi ». En revanche, elle estime que, pour obtenir des changements « il n’est pas mauvais que la société civile et les médias interviennent ».
Michel CAIRE

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