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Semaine économique de la Méditerranée à Marseille : un territoire au cœur des enjeux mondiaux

jeudi 5 novembre 2015

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les organisateurs de la Semaine économique de la Méditerranée à Marseille ont mis en avant de nouvelles sources de développement économique pour les territoires en Méditerranée (Photo Philippe Maillé)
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(Photo Philippe Maillé)

La Villa Méditerranée accueille du 4 au 7 novembre la 9e semaine économique de la Méditerranée qui a pour thème cette année « villes et territoires, leviers de développement économique en Méditerranée ». Un sujet d’importance lorsque l’on sait qu’entre 1970 et 2000, comme le montre le rapport du Plan Bleu 2002, la population urbaine des pays méditerranéens est passée de 154 millions à 274 millions, soit 64% de la population totale. Les dernières projections élaborées tablent sur une population urbaine totale de 75% soit 378 millions en 2025. Alors, pour les organisateurs de la manifestation, les enjeux de cette 9e édition sont triples : mettre en avant de nouvelles sources de développement économique pour les territoires en Méditerranée ; mettre en lumière des axes de croissance des villes et territoires et les freins auxquels ils peuvent être confrontés ; valoriser le savoir-faire des acteurs du développement en Méditerranée, mettre en valeur des porteurs de projets œuvrant en faveur de la ville méditerranéenne de demain, encourager les échanges de bonnes pratiques et favoriser les synergies entre les acteurs des différentes rives de la Méditerranée.

« C’est donc bien en Méditerranée que se posent les questions les plus graves »

Michel Vauzelle, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur rentre des États-Unis. Il s’est rendu, à la tête d’une délégation de parlementaires français, au siège de l’Onu puis à Washington. « Nous avons rencontré, explique-t-il, Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations-Unies, qui nous a dit à quel point il appréciait le rôle de la France au sein de son institution. Il a été frappant de voir à quel point les sujets qui ont été abordés touchent tout l’espace méditerranéen. Nous avons en effet évoqué le climat, la Méditerranée est une zone particulièrement sensible. Les migrants qui fuient la guerre, passent par la Turquie, la Libye, tentent, au péril de leur vie de traverser la Méditerranée. L’ONU est d’ailleurs déçue par l’attitude de l’Europe face à cette tragédie. La Syrie a également été évoquée, notamment l’urgence d’arrêter la guerre qui détruit ce pays ; le conflit israélo-palestinien. Sans oublier le Liban, confronté, au Nord, à l’afflux d’un million de migrants qui ont fui la Syrie et, au Sud, le Hezbollah. C’est donc bien en Méditerranée que se posent les questions les plus graves ». Dans ce contexte, cette semaine est utile : « Elle permet de démontrer que nous avons suffisamment de force industrielle, universitaire, en termes de recherche, de volonté de travailler ensemble, pour donner plus de prospérité à notre économie, améliorer notre situation sociale ». Enfin, il insiste, une nouvelle fois, sur l’importance que représente le fait que Marseille devienne la capitale Méditerranéenne de la France « en coopération avec les rives Sud et Orientale de la Méditerranée ».

« Avec la Smart City, nous mettons tout en œuvre pour devenir un phare digital en Méditerranée »

Didier Parakian, adjoint au maire de Marseille se réjouit de l’arrivée de deux nouveaux partenaires de la Semaine Économique de la Méditerranée : le Conseil Départemental 13 et l’Union pour la Méditerranée (UpM). Il rappelle : « Lorsque cette initiative a vu le jour, Marseille avait envie de se positionner en tant que trait d’union entre l’Europe et la Méditerranée. Et il s’agissait d’offrir l’occasion à des chefs d’entreprise, des politiques et des grands bailleurs internationaux, des universitaires, de se rencontrer ». Depuis, la cité phocéenne ne cesse de renforcer son ambition mais aussi sa dimension euro-méditerranéenne. « Et, avec la smart city, nous mettons tout en œuvre pour devenir un phare digital en Méditerranée et, au-delà. Oman vient ainsi de choisir d’investir à Marseille ». « L’échelle métropolitaine est pertinente pour répondre aux enjeux méditerranéens et mondiaux », considère Carine Roger, MPM,

« Euromed n’est pas simplement une opération d’urbanisme, c’est une opération politique »

Bernard Morel, le président d’Euromed poursuit : « Euromed a été créé pour permettre à Marseille de retrouver son attractivité, notamment euro-méditerranéenne. Il s’agit donc là de renforcer à la fois la position de Marseille et de la Méditerranée et cette semaine économique joue un rôle fondamental. En plus, nous sommes, et ce n’est pas un hasard, dans la Villa Méditerranée qui, ce n’est pas un hasard non plus, a vu le jour sur ce périmètre d’Euromed ». De même, il évoque l’importance du marché aux puces « Rien n’est plus symbolique de la Méditerranée que ce marché. Nous travaillons pour savoir comment le faire vivre, l’intégrer dans la métropole ». « Euromed n’est pas simplement une opération d’urbanisme, c’est une opération politique », avance-t-il.
Jacques Pfister, le président de la CCI Marseille-Provence, ne cache pas être un supporteur inconditionnel de la construction métropolitaine. Il va toucher le président Vauzelle, en faisant l’éloge de la Villa Méditerranée, comme l’avait fait quelques heures auparavant, en ouverture de la semaine, Philippe de Fontaine Vive. Il déclare en effet : « Je l’aime bien en tant que citoyen et en tant que président de la CCI car je n’oublie pas qu’elle nous a permis, avec le Mucem, de réussir 2013 ».

« La France n’a pas encore une vision suffisamment claire de la Méditerranée »

Puis d’en venir à la semaine économique de la Méditerranée : « C’est une vitrine qui montre que la vocation méditerranéenne est ancrée en nous. Une métropole a besoin d’une vocation internationale, pour Aix-Marseille Provence elle est toute trouvée, c’est celle que porte Michel Vauzelle depuis des années : la Méditerranée. Et je dois dire à ce propos que j’aimerais qu’un ministre des Affaires Étrangères vienne inaugurer la semaine. Mais force est de constater que la France n’a pas encore une vision suffisamment claire de la Méditerranée et des enjeux qu’elle représente et donc de l’importance qu’il y a à ce que Marseille soit la capitale méditerranéenne de la France ».

« Marseille doit savoir qu’elle a un outil très utile à sa disposition qui s’appelle l’Avitem »

Bernard Valero, diplomate, directeur de l’Avitem/Villa Méditerranée, entend rassurer Jacques Pfister : « Je suis là pour porter quatre messages du chef de la diplomatie française : premièrement, la Méditerranée occupe une place essentielle sur le radar de la diplomatie française car nous avons une histoire en partage et un destin commun qu’il nous revient de forger. Deuxièmement, l’économie est une dimension essentielle de la diplomatie française et là encore, la Méditerranée est un enjeu. Troisièmement, concernant la thématique de cette année : villes et territoires, il s’agit là d’acteurs impliqués de la politique étrangère de la France ». Et de poursuivre, en prenant la casquette de directeur de l’Avitem : « Marseille doit savoir qu’elle a un outil très utile à sa disposition qui s’appelle l’Avitem ». Il en vient au quatrième point : « Marseille existe vu de Paris, elle est porteuse d’ambition d’énergie et d’avenir...et cela se joue cette semaine à la Villa Méditerranée ».
Assia Bensalah Alaoui, co-présidente de l’Ocemo indique : « Il faut coopérer, coordonner pour mieux rapprocher les Méditerranéens. Et, cette semaine est importante à plus d’un titre, d’abord par le thème abordé : villes et territoires, leviers de développement économique en Méditerranée, décliné autour de six axes, lors de 30 conférences et ateliers, lors desquels interviennent 300 conférenciers ».
Teresa Ribeiro, Union pour la Méditerranée, avoue son plaisir de rejoindre « la famille qui organise la Semaine économique de la Méditerranée ». Elle insiste sur l’urgence de la situation, évoque des villes surpeuplées « surtout au Sud de la Méditerranée », un Sud qui, « en 2030, si l’on poursuit sur la même dynamique, devrait voir 80% de la population habiter sur 10% du territoire ». Mais point de désespérance dans son propos, elle met l’accent sur l’importance de la COP 21 et sur le rôle majeur des villes et territoires dans ce combat.
Michel CAIRE

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