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Session Internationale Euro-Méditerranée (SIEM) : éclairage sur les enjeux des transitions énergétiques face aux nouveaux besoins

vendredi 2 mars 2018

« Quelles transitions énergétiques face aux nouveaux besoins ? », telle est la question qui a été soulevée lors de la Session Internationale Euro-Méditerranée (SIEM) au sein de la préfecture de région, à Marseille. Une rencontre organisée du 19 au 26 février 2018 par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale .Une édition qui a accueilli 36 auditrices et auditeurs issus de 20 pays du pourtour méditerranéen sur la thématique « Méditerranée de demain : conditions d’un nouvel équilibre ».

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La Session Internationale Euro-Méditerranée (SIEM) s’est tenue à Marseille du 19 au 26 février 2018 (Photo Robert Poulain)

Dans ce cadre, le préfet de Région Pierre Dartout a accueilli les membres de la SIEM pour un débat qui a mis en lumière la gravité de la situation, les enjeux mais également les potentialités qu’offrent la Méditerranée. Après un propos introductif de Pierre Dartout, sont intervenus Houda Ben Jannet Allal, directrice générale de l’Observatoire méditerranéen de l’énergie, Bernard Mahiou, directeur général du pôle de compétitivité Capenergies et Giulia Marchesini, spécialiste senior des partenariats, Banque mondiale, Centre de Marseille pour l’Intégration en Méditerranée (CMI). Un débat animé par Bernard Valero, directeur du Groupement d’Intérêt Public, AViTeM, l’Agence des Villes et Territoires Méditerranéens Durables.

« D’ici 15 à 20 ans on comptera 500 millions de méditerranéens avec un taux d’urbanisation de plus en plus important »

Bernard Valero plante le décor : « D’ici 15 à 20 ans, on comptera 500 millions de méditerranéens avec un taux d’urbanisation de plus en plus important. Ainsi, 80% de la population sera urbaine avec une notion de ville de plus en plus dépassée au profit de celui de métropole. Ceci dans un espace qui sera l’un des plus touchés sur le plan environnemental avec un appauvrissement de la biodiversité ; la pollution marine et une gestion de l’eau passablement compliquées ». Avant de signaler les travaux de la MedCop21 ou encore de l’Avitem, pour apporter des solutions.

Giulia Marchesini cite une étude sur les impacts du réchauffement climatique. « Avec une augmentation de 4% de la température les précipitations chuteraient de 20%. Le changement climatique entraînerait une instabilité avec notamment des migrations climatiques. A partir de deux degrés supplémentaires 25% des terres agricoles vont disparaître et à partir de 2,5 degrés le risque de paludisme va croître », indique-elle. D’insister à ce propos sur l’importance des accords de Paris qui donnent la priorité aux énergies renouvelables : « La Méditerranée peut jouer un rôle clé du fait de son ensoleillement. Mais, pour qu’il en aille ainsi, il importe de développer les fluidités et donc de mettre en place un réseau. Pour cela, il faut une approche volontariste de la coopération euroméditerranéenne sachant que la coopération et l’intégration régionale sont des outils de première importance ».

Houda Ben Jannet Allal évoque les travaux de l’Observatoire méditerranéen de l’énergie qui présente la situation actuelle ainsi que les scénarios de transition énergétique pour la région à horizon 2040. Un scénario qui part de ce qui est en cours, l’autre, proactif, s’appuie sur des hypothèses fortes en termes d’efficacité énergétique et de maîtrise de la demande ainsi que le développement des énergies renouvelables. Elle indique notamment : « Nous avons un défi de sécurité énergétique en Méditerranée puisque nous n’avons pas assez de ressources pour répondre à nos besoins alors que nous disposons d’un potentiel extraordinaire en matière d’éolien et de solaire ». Elle évoque l’interdépendance Nord/Sud « avec des pays producteurs d’énergies dont l’économie repose sur le pétrole et le gaz ». Une situation qui s’appuie également sur l’inégalité : « un habitant du Nord de la Méditerranée consomme trois fois plus d’énergie qu’un habitant du Sud ». Après le constat, elle en vient à la prospective avec des éléments qui ne changent pas quel que soit les scénarios : plus de 100 millions d’habitants vivront dans le Sud méditerranéen d’ici 2040 et, « le développement économique va être tiré par le Sud de la Méditerranée ». Elle en vient aux accords de Paris, rappelle que les pays ont pris deux types d’engagements : « conditionnels et inconditionnels ». « Dans le premier cas, explique-t-elle, les pays s’engagent à mener des actions à condition qu’il y ait un financement climat ; dans le second, ils s’engagent dans tous les cas ». Puis de considérer à son tour : « Le Sud a un potentiel extraordinaire en termes d’énergies mais il y a urgence. Il faut mesurer d’une part que le gaz va jouer un rôle en Méditerranée au moins jusqu’en 2040. Être conscients qu’il n’y a pas de solution unique mais spécifique à chaque pays. Dans tous les cas, la question de l’efficacité énergétique est première. Au plus on attend, au plus les coûts seront élevés. Sur cette question de l’efficacité un travail d’égal à égal doit être mené entre le Sud et le Nord  ».

« L’efficacité énergétique est la question numéro un »

Bernard Mahiou confirme : « L’efficacité énergétique est la question numéro un ». Pour lui, nous sommes face à une véritable révolution : « Avant, on adaptait une production centralisée à la consommation. Tel n’est plus le cas, les consommateurs deviennent des producteurs. il va falloir que des productions très variables dialoguent avec des consommateurs très variables ». Pour répondre à cette nouvelle donne il évoque le démonstrateur "Smart Grid" de Nice, l’un des principaux démonstrateurs français préparant le réseau électrique de demain, plus communicant et plus réactif en intégrant une forte production photovoltaïque, des unités de stockage et des équipements communicants. « Il pousse le consommateur, poursuit-il, à utiliser l’énergie lorsqu’elle est présente, meilleur moyen pour ne pas avoir à renforcer les réseaux ». Puis parle du projet Smartseille qui regroupe « du tertiaire, une résidence pour personnes âgées, de l’habitat.. une mixité de consommation alliée à une recherche d’efficacité et d’énergie renouvelable à travers le solaire mais aussi une boucle d’eau de mer ». Puis, de mettre en exergue les surfaces « extrêmement importantes » dont bénéficie le Grand Port de Marseille « qui pourront être utilisées pour produire de l’énergie pour les bateaux en escale qui, actuellement, sont très polluants ». On peut produire plus certes, mais une question demeure : « celle du stockage ». Bernard Mahiou pointe la piste que propose l’hydrogène ou encore l’utilisation des batteries de voiture...
La Méditerranée, l’Europe, sont face à leur destin commun, riche en potentiel ou lourd de menaces selon que les Hommes se projettent, s’unissent ou s’enferment dans des égoïsmes à courte vue.
Michel CAIRE

Les entretiens de Mireille Bianciotto

Houda Ben Jannet Allal, directrice générale de l’Observatoire méditerranéen de l’énergie

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(Photo Robert Poulain)

Bernard Mahiou, directeur général du pôle de compétitivité Capenergies

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(Photo Robert Poulain)

Giulia Marchesini, spécialiste senior des partenariats, Banque mondiale, Centre de Marseille pour l’Intégration en Méditerranée (CMI)

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(Photo Robert Poulain)

Bernard Valero, directeur du Groupement d’Intérêt Public, AViTeM, l’Agence des Villes et Territoires Méditerranéens Durables

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(Photo Robert Poulain)

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