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Solidarité Covid-19. Grâce à la cagnotte "Des masques pour nos soignants" et ses 700 donateurs : 52 300 masques offerts à 2 698 soignants et aidants

mercredi 13 mai 2020

En trois « drive » organisés depuis le 11 avril sur la Place Caire, en face l’Église de Saint-Barnabé (12e), Fabrice Raffo et son équipe de bénévoles ont pu aider, grâce aux 70 620 euros récoltés grâce à la cagnotte : 423 infirmières et infirmiers des Bouches-du-Rhône, mais aussi du Var ou de l’Hérault, 221 médecins, 428 auxiliaires de vie et 6 sages-femmes. Ce samedi 9 mai, en début d’après-midi, s’est tenu le 3e « drive ». Ambiance…

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Fabrice Raffo et toute son équipe de bénévoles à l’origine de la cagnotte " des masques pour nos soignants ", lors de la remise des masques ce samedi 9 mai dans le village de Saint-Barnabé (12e), à Marseille ( Photo Olivier Mezadourian)
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La préparation des masques (Photo Olivier Mezadourian)
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Tout est prêt... (Photo Olivier Mezadourian)
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... pour la distribution (Photo Olivier Mezadourian)
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(Photo Bruno Angelica)

En compagnie de sa « dream team » d’entrepreneurs : Christophe Guien, Jean-Max Ferré, Pascal Lagier, Olivier Mezadourian, Marie Guien, Julien Palmaro, tous bénévoles pour la cagnotte : « des masques pour nos soignants », Fabrice Raffo, en meneur de jeu, avait encore pris place devant la Brasserie « Le Terminus », base logistique de l’opération, sous la protection de l’Église de Saint-Barnabé, juste en face. De nombreux soignants et aidants - exactement 1 452- sont venus pour un troisième samedi, de Marseille et de ses environs, afin de recevoir les quelque 30 000 masques que l’équipe venait de recevoir.
Infirmière dans le 12e arrondissement, Laëtitia Meyer, venue seule pour équiper en masques son cabinet, était soulagée. « En fin de compte, au niveau de la distribution de ces masques, c’est de pire en pire, explique-t-elle, on est fourni que par du bénévolat, quelques pharmacies nous aident aussi, mais cela commence à devenir payant. Sur la plateforme de commande : GoMask, il n’y en a pas ou plus. Heureusement, ces actions bénévoles nous sauvent, car nous n’avons que ça ! » Elle tenait à relever une deuxième problématique actuelle en raison de la chaleur : « Nous transpirons davantage sous les masques. Du même coup, ils deviennent plus vite humides, et donc il faut les changer plus vite. »

« C’est anormal de devoir payer des masques, des blouses… quand on est des personnels soignants. Et quoi qu’on en dise, c’est toujours le cas »

Après un long silence, elle enchaîne : « Il est urgent que l’État se mobilise. C’est anormal, et le mot est faible, de devoir payer des masques, des blouses, des protections… quand on est des personnels soignants. Et quoi qu’on en dise, c’est toujours le cas. C’est un grand scandale, et cela génère une grande colère de tous les soignants. On parle de vaccination, désormais, contre le Covid-19, mais pour le moment les masques demeurent plus que jamais la première protection à avoir. » « Les infirmières, poursuit-elle, ont eu un rôle de prévention à tenir en première ligne sur le terrain dès le début de la crise sanitaire. Et le constat a été clair : nous n’avons pas pu le faire comme on aurait voulu, en raison du manque de masques et de protections. On s’est retrouvé dans la panique générale avec tout le monde en même temps à devoir gérer. La principale explication est qu’on avait, nous aussi, de mauvaises informations sur le terrain au sujet de ces masques… Aujourd’hui, le message est précis : il faut en mettre ! ». Laëtitia a pu récupérer pour son cabinet, grâce à la cagnotte, 40 masques FFP2 et 50 masques chirurgicaux. « Je n’ai même pas eu cette quantité depuis les deux derniers mois… Nous avons dû réduire certains passages pour pouvoir tenir. On utilise chacun 14 FFP2 et 7 chirurgicaux par semaine, désormais. »

« Il y a toujours un gros manque de masques FFP2 chez les soignants, qui s’accompagne aussi d’une inflation des prix »

Infirmière en bloc opératoire à Lunel (Hérault), Valérie a fait la route avec une autre soignante pour récupérer la livraison collective de masques et équiper en tout 60 soignants qui s’étaient inscrits au préalable. « Les dernières semaines, nous avons eu des aides pour pouvoir bénéficier de masques, mais nous avons dû beaucoup en acheter , lâche-t-elle, donc cette livraison est une aubaine. Il y a toujours un gros manque de masques FFP2 chez les soignants, qui s’accompagne aussi d’une inflation des prix ; il nous coûte 6 euros pièce aujourd’hui. Et cela faisait 15 jours qu’on ne pouvait plus avoir de modèle FFP2. » Elle reconnaît toujours se mettre en danger, et dans le même temps ses patients, en raison de la pénurie, « les chaleurs arrivent et il va nous en falloir davantage. Avec ces nouveaux masques, on va pouvoir tenir plus longtemps. Un masque chirurgical dure en moyenne 4 heures, et les derniers temps nous mettions des masques en tissu, que nous avons fabriqués, pour continuer à travailler. On en fabrique aussi pour les patients. Alors quand on reçoit des FFP2, on les cajole tellement c’est précieux, c’est du luxe ! » A l’écoute de la commande du demi-milliard de masques annoncée la semaine dernière par le réseau de la grande distribution, l’infirmière a eu davantage la nausée. « Ces masques auraient dû être réquisitionnés par l’État à la douane ! Car nous n’en avons toujours pas, et les patients vulnérables aussi. Il en relève de l’incompétence de l’État de ne pas avoir su les commander en grande quantité, ou de ne pas s’être appuyé sur les réseaux utilisés par les grandes surfaces pour pouvoir les réserver. Dans les deux cas, c’est incompréhensible. »

« Avec la reprise, la dotation de masques FFP2 va ainsi baisser pour les infirmiers libéraux »

Romain, infirmier libéral dans les 4e, 5e et 12e arrondissements de Marseille, est arrivé seul, également, à bord de sa voiture, pour récupérer sa commande. « Ma femme est infirmière libérale sur Plan-de-Cuques, et nous avons été en première ligne. Cette dotation est une bénédiction, car celle dont nous pouvions bénéficier les dernières semaines va baisser. Les autres professionnels de santé, comme les dentistes, reprennent dans leur cabinet. La dotation de masques FFP2 va ainsi baisser pour les infirmiers libéraux. J’en ai beaucoup utilisés, entre 12 et 15 par semaine. Le manque a été flagrant au tout début de la crise. Puis nous avons été aidés, mais les choses vont changer avec la reprise et le début de déconfinement. Il ne faut pas croire que c’est terminé. Je crains pour ma part, et je pense ne pas être le seul, à la deuxième vague. Le dépistage ne pourra pas se faire sans que l’on ait les masques et autres protections : blouses, lunettes, afin de ne pas être contaminés. Je conseille aux gens de ne surtout pas se relâcher dans les comportements et le respect des gestes barrières. » Le message est passé.
Bruno ANGELICA
Lien pour avoir accès la cagnotte :ICI

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