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Sommet de Marseille : la Méditerranée affiche de nouveau des ambitions

mardi 25 juin 2019

Ce 24 juin à Marseille, les ministres des Affaires étrangères du 5+5 (France, Portugal, Espagne, Italie, Malte, Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye) ont signé les « Engagements pour une nouvelle ambition en Méditerranée » afin de mettre en œuvre les projets proposés par la société civile et répondre collectivement aux défis communs en Méditerranée. Emmanuel Macron annonce qu’un suivi sera réalisé et propose la tenue d’un nouveau Sommet, dans six mois, avec les chefs d’État et de Gouvernement.

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Emmanuel Macron propose la tenue d’un nouveau Sommet, dans six mois, avec les chefs d’État et de Gouvernement © France diplomatie

Le premier Sommet des deux rives vient de prendre fin à Marseille sur des engagements fermes du Président français, Emmanuel Macron, de suivre la dynamique engagée, de vérifier que les projets qui ont été retenus soient bien financés avant, un nouveau Sommet, dans six mois, en présence des chefs d’État et de Gouvernement. Il répondait ainsi aux attentes, aux espoirs mais aussi aux inquiétudes formulées par la société civile qui, à de multiple reprises, a insisté sur le fait que ces projets ne doivent pas rester lettre morte mais qu’ils doivent connaître une concrétisation.

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Ouided Bouchamaoui, Présidente du comité de pilotage du Sommet (Photo Robert Poulain)

Ouided Bouchamaoui, Présidente du comité de pilotage du Sommet considère : « De nombreux projets ont émergé. Il faut maintenant une volonté des gouvernements, des bailleurs, pour que ces projets soient réalisables, rentables. C’est la première fois que l’on donne la parole à la société civile afin qu’elle formule des propositions. C’est une démarche qui a permis à des personnes des deux rives de se connaître, d’être plus à l’écoute ». Et le résultat est là. Elle met en exergue des propositions qui lui tiennent particulièrement à cœur, l’École de la 2e Chance, la dépollution de la Méditerranée, la réhabilitation intelligente des centre-villes... « Nous voulons une Méditerranée propre, une Méditerranée de la vie. Nous voulons que la jeunesse réussisse, que les femmes soient présentes et que nos aînés nous accompagnent dans cette construction ».

Des projets vont aboutir, d’autres échouer, rendez-vous dans six mois pour faire le point

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Entouré des représentants des États du dialogue 5+5 le Président français rend hommage "au labeur accompli" © France diplomatie

Emmanuel Macron rend hommage au labeur accompli. Donne sa vision de la Méditerranée : « C’est énormément de travail mais à la fin cela n’existe que rêvée ». Il évoque « des mythes, un imaginaire profond qui nous ont forgés ». Il considère que cette histoire a été « fracassée par le colonialisme, fracassée par le conflit israélo-palestinien. Puis, il y a eu la volonté de certains de sur-représenter ce que nous pouvions y mettre et, aujourd’hui, la Méditerranée est fracassée par des sujets tels que les enjeux écologiques, les flux migratoires qui ne sont que le symptôme d’une inégalité pas supportable, par la lame de fond islamiste, la montée des nationalismes. Et la Méditerranée perd le fil de ses grands mythes ». Pour le Président de la République, il importe donc de retravailler sur ces derniers. Cela sans occulter les 65 projets retenus à Tunis et les 14 projets sélectionnés par le groupe de 100 personnalités "Les Cent" : « Nous devons progresser, poursuivre le dialogue institutionnel ». Affirme croire au dialogue des villes de la Méditerranée. « Nous allons le structurer et avancer sur vos projets. Je propose la mise en place d’une petite équipe pour suivre les dossiers afin que les financements arrivent. Des projets vont aboutir, d’autres échouer, rendez-vous dans six mois pour faire le point ».

Au préalable les chefs de file nationaux se sont exprimés. Assia Bensalah Alaoui, Maroc, revient sur la qualité du travail fourni, sur « les réticences qu’il a fallu vaincre ». Elle parle d’innovation, de faisabilité, de durabilité : « Trois éléments qui ont traversé tous nos travaux ». Pour la cheffe de file du Maroc « Maintenant, il faut mettre en œuvre, il faut que les institutions financières financent ». Abderrahmane Mebtoul, Algérie, rappelle qu’en 1993 lors d’un Sommet, avait été proposé la création d’une Université franco-maghrébine, d’un Centre méditerranéen de la formation et d’une Banque méditerranéenne... sans suite : « Aujourd’hui, il faut du concret et ne pas oublier l’Afrique ».

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Patricia Ricard cheffe de file pour la France (Photo Robert Poulain)

Pour Patricia Ricard, France : « La Méditerranée française n’a jamais été aussi belle. C’est une chance inouïe, nous pouvons devenir un laboratoire de bonnes pratiques, nous avons des solutions à partager... »

Giulia Maci, Italie, met en exergue le travail réalisé sur l’économie circulaire de l’alimentation dans les villes côtières de la Méditerranée. José Azeredo Lopes, Portugal, avoue avoir eu des doutes au début du processus sur la capacité des sociétés civiles à travailler ensemble. Considère : « On retrouve dans nos travaux ce qui nous a rassemblés, nous Européens, notamment la liberté et cette liberté ne peut exister qu’avec la circulation ». Pour Aissata Lam, Mauritanie : « Il faut donner les mêmes chances aux populations de la Méditerranée ». Rappelle l’importance de la jeunesse et des femmes. Parle également de la circulation : « Il faut que les jeunes puissent être mobiles dans la dignité et sans mettre leur vie en péril ». Fuencisla Clemares, Espagne, aborde le travail accompli, les rencontres : « Nous avons tous beaucoup appris, nous sommes devenus de meilleures personnes ». Et de plaider à son tour pour que « ce Sommet ne soit pas une fin mais un commencement ». Simone Borg, Malte, prévient : « Ce dispositif a permis à la société civile de s’exprimer, nous devons, avec humilité, avancer ». Mohamed Fathi Alserkeek, Libye, va dans le même sens, mais surtout insiste sur le fait qu’il ne faut surtout pas décevoir.
Michel CAIRE - Son Mireille BIANCIOTTO

Texte officiel- Engagements pour une nouvelle ambition en Méditerranée

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© France diplomatie

Nous, Ministres des Affaires étrangères des dix États du dialogue 5+5 en Méditerranée occidentale la République algérienne démocratique et populaire, le Royaume d’Espagne, la République française, la République italienne, l’État de Libye, la République de Malte, le Royaume du Maroc, la République islamique de Mauritanie, la République portugaise et la République tunisienne, qui avons associé à nos réflexions les hauts dirigeants de l’Union européenne, de la République fédérale d’Allemagne, de la Banque européenne d’investissement, de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, de la Banque mondiale, de l’Organisation de coopération et de développement économiques, de l’Union pour la Méditerranée et de la Fondation Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures, nous sommes réunis à Marseille pour le « Sommet des deux rives, Forum de la Méditerranée ».
Nous avons pleine conscience de ce qui a été réalisé depuis un quart de siècle pour faire progresser la coopération et l’intégration en Méditerranée, singulièrement dans le cadre du Dialogue 5+5, lequel ne cesse de s’enrichir et d’être plus efficace, mais également au sein des institutions et fora auxquels nous participons, notamment le Processus de Barcelone et l’Union pour la Méditerranée. Toutefois nous avons aussi le sentiment que le moment est venu de donner à nos relations une nouvelle dynamique et impulsion en Méditerranée occidentale, lesquelles se veulent complémentaires des autres initiatives et leur apportent une véritable valeur ajoutée. Dans cet esprit, nous avons lancé un processus innovant, que nous souhaitons inscrire dans la durée, en utilisant une approche tripartite, de nature participative, qui associe aux États et aux partenaires du développement la société civile, et lui donne un rôle de proposition. Nous remercions la délégation des Cent personnalités qualifiées de la société civile méditerranéenne, emmenée par un Comité de pilotage présidé par Mme Ouided Bouchamaoui, qui a synthétisé dans la « Déclaration des Cent », adoptée à Tunis, le 11 juin, les travaux des cinq forums thématiques préparatoires, à Alger (8 avril 2019) sur le thème des « Énergies », à La Valette (24 et 25 avril 2019) sur « Jeunesse, Éducation, Mobilité », à Rabat (29 avril 2019) sur « Économie et Compétitivité », à Montpellier (2 et 3 mai 2019) sur « Culture, Médias, Tourisme » et à Palerme(15 et 16 mai 2019) sur « Environnement et Développement durable ». Nous sommes convaincus que ce travail a déjà produit des résultats encourageants, y inclus la sélection de projets d’intérêt commun. Nous félicitons le Comité de pilotage pour le travail qu’il a effectué en lançant des débats novateurs et en poussant à une réflexion de substance. Nous entendons suivre l’avancement des nombreux projets et initiatives qu’il a sélectionnés, dont aucun ne sera négligé. Nous saluons l’engagement des pays ayant organisé les cinq forums thématiques, qui n’épuisent pas les priorités de la Méditerranée occidentale, ainsi que l’organisation par l’Union pour la Méditerranée de la réunion « Regards partagés sur les enjeux prioritaires en Méditerranée » avec des représentants de tout le bassin. Le caractère durable du processus entamé par le Sommet des deux rives, permettra, dans les années à venir, de s’ouvrir à d’autres sujets d’intérêt pour la région. Héritiers d’une histoire commune, riche de sa diversité et d’un patrimoine exceptionnel, nous avons pleinement conscience que la Méditerranée est un creuset des civilisations à travers les siècles et un formidable carrefour d’échanges entre ses peuples. Nous soulignons le rôle d’interface mondiale à la croisée maritime des continents africain, asiatique et européen que joue la Méditerranée, véritable passerelle entre ses deux rives et route ouverte sur le monde. Nous sommes convaincus que ce qui unit nos deux rives est plus important que ce qui les divise. Nous souhaitons proposer un agenda positif pour la Méditerranée et la promouvoir comme une mer de toutes les opportunités. Face aux multiples transitions (notamment politique, climatique, économique et numérique), l’urgence nous conduit à aider à inspirer une génération solidaire face aux enjeux transnationaux. Nous sommes attachés aux mêmes valeurs, notamment de tolérance et de respect de l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous souhaitons partager nos bonnes pratiques de gouvernance, de vivre-ensemble et de bon voisinage. Nous sommes conscients que, pour relever les défis grandissants et globaux auxquels fait face notre région, nos réponses doivent être communes et porter en elles, notamment, les nécessités de codéveloppement, de développement durable et de respect des droits de l’Homme. Nous souhaitons contribuer à la définition de solutions pratiques, à travers notre soutien à plusieurs projets d’avenir structurants mais aussi de plus petite taille, qui s’inscrivent dans une vision d’ensemble partagée. Nous proposons ainsi de décliner notre ambition commune en cinq grandes séries d’actions à mener conjointement :

1.Engagements pour une Méditerranée de la connaissance et de la mobilité.
La dimension humaine est notre priorité commune dans cet agenda positif de la Méditerranée occidentale. Notre jeunesse nous interpelle en se saisissant des sujets d’avenir et en utilisant tous les instruments de la modernité. Nous pensons que l’intégration entre nos deux rives, à laquelle nous aspirons tous, doit passer plus encore par la jeunesse. Un nouveau discours sur l’éducation, l’employabilité et la mobilité doit émerger et se traduire dans les faits pour permettre aux jeunes de devenir le moteur du changement dans la région. C’est seulement par une approche ascendante, conduite par les jeunes et la société civile, que nous pourrons regarder vers l’avenir et relever durablement les défis communs auxquels notre région est confrontée. Face aux enjeux de l’employabilité, de l’emploi décent et du chômage des jeunes, nous souhaitons investir davantage dans leur éducation et leur formation initiale, de base et tout au long de la vie, avec un accent mis sur les métiers d’avenir, par exemple, dans l’économie bleue, pour favoriser une véritable égalité des chances et assurer l’insertion sociale dans la vie active. Nous souhaitons donner une deuxième chance à ceux qui ont décroché du système scolaire et développer des parcours de classes « méditerranéens » dans nos écoles. Nous encourageons nos universités et nos établissements de formation professionnelle à accroître davantage encore leur coopération. Nous reconnaissons que l’intelligence culturelle, développée au sein d’une éducation à la diversité, à la durabilité et à l’inclusivité, est nécessaire pour dépasser les obstacles culturels existants. Nous souhaitons renforcer, par la connaissance partagée des langues et des différentes cultures des pays riverains, le respect et la compréhension mutuels, le sentiment de solidarité, d’appartenance à un espace commun marqué par le rapprochement de leurs peuples et une culture de la paix. Nous souhaitons développer la mobilité spatiale et sociale soutenable des talents méditerranéens, à travers l’encouragement de programmes d’échanges et de coopération et la mise en place de réseaux, tant d’universités que d’organisations de la société civile, en particulier des femmes, des jeunes et des artistes. Nous souhaitons offrir les conditions nécessaires pour que la jeunesse des deux rives puisse se reconnaitre, se comprendre, se rapprocher et s’enrichir, dans le cadre d’un espace commun du savoir et de la connaissance. Dans ce contexte, nous avons noté avec intérêt, entre autres, dans les suggestions de l’Assemblée des Cent, les projets et initiatives suivants : la création d’un programme de mobilité pour tous les jeunes associatifs du 5+5 ; l’élargissement du programme Méditerranée Nouvelle Chance à tous les pays de la Méditerranée occidentale ; la création d’un réseau d’écoles des métiers de la mer sur les deux rives de la Méditerranée.

2.Engagements pour une Méditerranée durable
Nous nous engageons pour une Méditerranée vivante, sans déchets et à faibles émissions carbone. Nous déployons tous nos efforts pour mettre en œuvre les Objectifs de développement durable et affirmons notre attachement aux principes définis dans l’Accord de Paris sur le changement climatique (2015). Nous nous engageons pour la protection de l’environnement et de la biodiversité ainsi que des écosystèmes terrestres et marins méditerranéens. Faisant le constat alarmant des effets dévastateurs du réchauffement climatique en Méditerranée, nous nous engageons pour une gestion durable et raisonnée de l’eau et des ressources naturelles, dans l’optique également de fournir une alimentation durable et de qualité à tous. Nous nous engageons à lutter contre les rejets chimiques et plastiques qui intoxiquent et sont porteurs d’inégalités. Nous soutenons toutes les initiatives pertinentes en cours de collecte, mais aussi de prévention et de recyclage des déchets plastique en Méditerranée pour atteindre l’objectif de « zéro plastique en Méditerranée » ainsi que celles de « zéro gaspillage en Méditerranée ». Conscients de l’importance des énergies pour nos peuples et nos économies, nous nous engageons à soutenir le développement d’une transition énergétique, cohérente avec les réalités géo climatiques, qui concilie l’utilisation du potentiel naturel, les énergies renouvelables, les interconnexions, l’efficacité énergétique–notamment par l’approche de l’économie circulaire -et les capacités technologiques que recèlent nos deux rives, dans le cadre d’un pacte de développement durable. Face à un trafic maritime dense et en augmentation, qu’il s’agisse du transport de voyageurs ou des échanges de marchandises, nous affirmons que le contrôle des émissions polluantes des navires est une nécessité.En écho à la présidence française du G7en 2019 qui fait de la préservation des océans une de ses priorités, nous nous engageons à promouvoir l’économie bleue notamment à travers les cadres de coopération régionale existants (OuestMED) et souhaitons faire de notre mer commune un « océan modèle » pour le reste du monde. Dans ce contexte, nous croyons notamment nécessaire de préserver les ressources halieutiques. Nous soutenons l’idée de « clusters maritimes » qui favorisent l’innovation et la durabilité des financements. Nous souhaitons continuer à soutenir le développement de la finance verte pour assurer une mobilisation optimale des ressources financières et promouvoir la mise au point des critères d’une Responsabilité Sociale et Environnementale méditerranéenne. Nous nous engageons enfin à partager toutes les actions que les pays de la rive Sud entreprendront en matière de préservation de l’environnement et qui pourraient servir de modèle pour les pays de la rive Nord. Nous sommes sensibles, entre autres, dans les suggestions de l’Assemblée des Cent,aux projets et initiatives suivants : la création d’une plateforme numérique d’échange de bonnes pratiques et de formation pour développer les énergies vertes en Méditerranée ; le développement d’un programme d’efficacité énergétique pour une agriculture durable en Méditerranée ; une initiative de valorisation des déchets à l’échelle du 5+5 ; l’initiative pilote d’actions de dépollution plastique dans dix pays du bassin méditerranéen (Méditerranée saine et sans plastique).

3.Engagements pour une Méditerranée pluriculturelle
Moteur de dialogue et de liens entre les peuples, notre patrimoine doit être préservé, promu, servir de laboratoire de dynamisme régional et être mis en valeur par un tourisme responsable, inclusif, respectueux des populations locales et de l’environnement. Nous nous engageons à promouvoir toutes les instances qui œuvrent à nourrir le dialogue continu et les liens entre nos deux rives, tant les nombreuses associations, que les plateformes virtuelles de mise en réseau et d’échanges. Pour dépasser les barrières mentales existantes, nous soutenons l’idée de manifestations culturelles et sportives communes, comme la création de festivals de cinéma, de théâtre et de musique sur les deux rives. Nous suggérons d’instaurer une journée mondiale de la Méditerranée. Nous réitérons notre soutien aux industries culturelles du pourtour méditerranéen, qui font vivre les liens entre les deux rives en favorisant la création artistique et les évènements transnationaux. Conscients du rôle crucial des médias, en particulier de la télévision, pour la promotion d’une image positive de notre région, nous souhaitons appuyer la création d’un média de dimension méditerranéenne qui diffuserait des contenus culturels et de divertissement, élaborés collectivement. Nous nous engageons à promouvoir les coalitions multi-acteurs et multi-nationales et à faire en sorte que chacun des projets que nous soutenons soit porté par des acteurs de nature différente tels que les collectivités locales, les organisations non-gouvernementales, les universités et les entreprises. Nous souhaitons marquer notre intérêt, entre autres, dans les suggestions de l’Assemblée des Cent, pour les projets et initiatives suivantes : la création d’une Maison méditerranéenne de la traduction et de mutualisation des éditions dans les langues méditerranéennes ; la création d’un média méditerranéen plurilingue et inclusif (Mediterranea).

4.Engagements pour une Méditerranée innovante, numérique et entrepreneuriale
Nous voulons une Méditerranée inclusive et innovante favorisant le partage d’informations, de connaissances et de technologies entre les deux rives, ainsi que la mise en réseau efficiente de ses talents d’avenir, portée par ses entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises (PME),et enfin, les principes de l’économie sociale et solidaire. Nous allons travailler pour rendre nos administrations publiques totalement numériques et transparentes. Nous nous engageons à promouvoir un « agenda méditerranéen du numérique », à tirer parti de toutes les potentialités des technologies numériques dans de multiples secteurs, à faciliter les interactions entre acteurs économiques de la Méditerranée et à appuyer le fonctionnement en réseaux afin de stimuler l’innovation, le co-investissement et l’entrepreneuriat. Nous soutenons à cet égard toutes les initiatives ayant vocation à rapprocher nos entreprises entre elles, à créer des ponts entre les entreprises et les consommateurs et à stimuler le dialogue public-privé, que ce soit par la recherche d’harmonisation des règles de commerce et du droit entre nos États, ou par la mise en place de moyens modernes de paiement grâce aux technologies numériques.Nous sommes convaincus que des infrastructures de qualité, notamment en matière d’énergie et de transport et une meilleure intégration économique et commerciale aideront au développement du secteur privé. Nous souhaitons faire émerger des entreprises sociales innovantes, encourager la coproduction industrielle au sein de la région et revaloriser les savoir-faire locaux en nous appuyant notamment sur le dynamisme de nos diasporas. Forts de nos potentialités et complémentarités, nous souhaitons promouvoir des processus de production plus inclusifs entre la rive Nord et la rive Sud, et favoriser au maximum la co-production. Nous avons apprécié, entre-autres, dans les suggestions de l’Assemblée des Cent les initiatives et projets suivants : faire de la Méditerranée un laboratoire d’économie numérique et durable (Emerging Mediterranean) ; la création d’un concours annuel d’initiatives innovantes pour les jeunes étudiants du 5+5 (Medoc Prize) ; l’usage de la « blockchain » et de l’intelligence artificielle pour accélérer la transition énergétique en Méditerranée.

5.Engagements pour une Méditerranée des villes et ancrée dans ses territoires
Nous reconnaissons le formidable dynamisme des villes méditerranéennes et souhaitons les ériger en laboratoires de la transition énergétique et de l’économie circulaire, verte et bleue. Face au défi représenté par l’urbanisation du littoral, nous souhaitons une plus grande coopération entre tous les acteurs concernés, y compris les collectivités locales et les ports. Nous reconnaissons également l’importance centrale de la question de la gouvernance locale en Méditerranée, indispensable à l’écoute de tous nos territoires. Nous plaidons pour une redistribution équitable entre nos territoires associant les communautés agricoles et rurales. Nous souhaitons développer les échanges de bonnes pratiques à travers des instituts et/ou des formations à l’adresse des élus locaux méditerranéens. Nous veillerons par ailleurs à impliquer les collectivités locales aux travaux sectoriels du Dialogue 5+5 pour qu’elles y apportent leur expertise et leur connaissance du terrain. Nous estimons que le développement équilibré de nos territoires passera par une plus grande connectivité et de meilleures infrastructures, à l’intérieur de nos pays et entre ceux-ci. Nous encourageons la participation des jeunes et des femmes à la gestion des collectivités territoriales et appuyons le développement de réseaux méditerranéens des maires et des dirigeants de collectivités territoriales. Nous saluons, entre autres, dans les suggestions de l’Assemblée des Cent, les projets et initiatives suivants :s’engager ensemble pour la revalorisation économique et culturelle de nos patrimoines (Smart Médinas) ; la proposition d’économie circulaire au service de l’alimentation, de partenariats pour des villes côtières durables en Méditerranée ; la mise en réseau de programmes culturels à travers l’ouverture de Chemins de Méditerranée. Nous sommes convaincus que les actions que nous suggérons de mener renforceront la paix et le développement dans notre région. C’est pourquoi nous attachons une importance particulière à ce que nos actions soient effectives et que nos engagements s’accompagnent d’un suivi conséquent. Au niveau politique, nous examinerons l’état d’avancement des initiatives lors des rencontres ministérielles thématiques et générales du Dialogue 5+5. Au niveau opérationnel, des rencontres régulières seront organisées entre les représentants des dix pays du Dialogue 5+5, les représentants de la société civile et les organisations partenaires. Dans ce cadre, nous tenons à saluer la bonne volonté exprimée par les organisations régionales et internationales partenaires du Sommet à accompagner aux niveaux technique et financier la réalisation des initiatives issues de notre Sommet, par une meilleure coordination, des co-financements croisés ainsi que la combinaison de leurs instruments et domaines d’expertise. Par ailleurs, les initiatives proposées au cours des forums préparatoires seront recensées et partagées avec l’ensemble des acteurs sur une plateforme commune. En vue de la possible extension au-delà du périmètre de la Méditerranée occidentale de certaines des initiatives retenues, nous réaffirmons notre engagement politique en faveur de l’Union pour la Méditerranée et de la Fondation Anna Lindh, qui demeurent des plateformes centrales pour renforcer le partenariat entre l’Union européenne et tous les pays du pourtour de la Méditerranée. D’une manière générale, nous souhaitons approfondir notre coopération et notre travail commun dans les organisations internationales dont nous sommes membres, et y défendre la nécessité d’un multilatéralisme renouvelé. Nous sommes enfin convaincus qu’une communauté méditerranéenne solidaire, conviviale et mutuellement profitable est possible. Elle favorisera les apports réciproques. Elle nourrira les apports de la Méditerranée au monde. Rappelant que l’initiative que nous soutenons incarne notre nouvelle ambition, positive et inclusive, pour la Méditerranée, nous souhaitons lancer par la présente déclaration un appel à la conscience de chacun et au dialogue de tous.

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