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Transports en Paca : des Assises pour faire un bond en avant

mardi 10 octobre 2017

« La concertation dans le cadre de ces assises qui se conclut aujourd’hui nous a permis d’identifier des axes prioritaires simples et facilement atteignables pour améliorer la qualité et la performance de l’offre de transport public régional » a indiqué Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en clôture des Assises régionales des transports, ce lundi 9 octobre. Avant de présenter les grandes orientations de la Stratégie régionale des transports qui se déclineront en quatre axes prioritaires : simplifier la vie du voyageur, adapter et expérimenter de nouveaux services, promouvoir l’offre et l’utilisation de transports en commun propres et poursuivre le dialogue avec les usagers et les acteurs des transports. Il était pour l’occasion aux côtés de Philippe Tabarot, vice-président délégué à la sécurité, aux transports et à l’intermodalité et d’élus impliqués dans la démarche : Jacqueline Bouyac, Maxime Tommasini, Roger Didier et Catherine Roubeuf.

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Renaud Muselier a présenté,lors d’une Conférence, les conclusions des Assises régional des transports de Paca (Photo Franck Pennant)
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Renaud Muselier entouré de Philippe Tabarot, Jacqueline Bouyac, Maxime Tommasini, Roger Didier et Catherine Roubeuf (Photo Robert Poulain)

Renaud Muselier avance : « Pour être attractif, un territoire se doit d’être accessible. De nos grandes aires urbaines qui ont besoin d’un réseau de transports dense tant les flux de voyageurs y sont importants, jusqu’à nos territoires les plus ruraux qui ont souffert ces dernières années d’un manque d’investissements les conduisant à un enclavement certain. Les enjeux et les besoins ne sont pas les mêmes selon que l’on est à Marseille ou dans les Alpes-de-Haute-Provence mais chaque territoire doit bénéficier d’une politique de transports adaptée à ses contraintes et à celles de ses habitants ».

« Faire coïncider les heures de départ des uns avec les heures d’arrivée des autres »

D’en venir au priorité, la première étant de simplifier la vie des voyageurs : « Il existe aujourd’hui des tarifications différentes selon nos réseaux régionaux : TER SNCF, LER et Chemins de fer de Provence. Cette situation nous a conduits à avoir plus de 100 tarifs différents dans notre seule région. Je veux donc donner de la clarté et de la lisibilité à notre offre tarifaire souvent très compétitive ». Puis de constater : « Il y a parfois, en particulier dans les territoires de montagne peu denses, trop de temps d’attente lors des changements de transports. Nous allons donc réunir l’ensemble des opérateurs de transports de la région pour faire coïncider les heures de départ des uns avec les heures d’arrivée des autres. L’usager ne restera plus dans le froid à attendre son car ou son train. Je souhaite que chacun coordonne son offre avec les autres afin d’offrir un meilleur service public ». Au-delà du bien-être des usagers, il note : « Ce n’est que comme cela que nous fluidifierons le trafic à l’entrée de nos villes et offrirons un gain de temps et d’énergie, une meilleure qualité de vie et moins de pollution ».
« A l’aire d’internet et du numérique, poursuit-il, il n’est pas concevable de ne pas pouvoir acheter son titre de transport sur le web. Nous allons donc ouvrir une e-boutique des transports régionaux dès 2018 pour faire entrer les transports de Provence-Alpes-Côte d’Azur dans la modernité. En 2019, les usagers des transports régionaux pourront même charger leurs titres de transport directement sur leur téléphone portable. Je veux aussi que l’accès à nos transports des personnes à mobilité réduite soit facilité et que notre agenda d’accessibilité programmée soit impérativement respecté. C’est aussi une question d’égalité entre chacun. » Le président de Région entend que de nouveaux services soient adaptés et expérimentés : « Adapter le service de transport, c’est chercher à répondre au mieux aux besoins réels des usagers. Nous allons donc expérimenter de nouvelles dessertes en cars pour mieux desservir certains territoires comme les zones d’activité économique d’intérêt régional ou les territoires peu denses auxquels le TER n’apporte pas une réponse satisfaisante. La complémentarité entre le car et le train n’est pas assez développée aujourd’hui ». Il précise que la Région est à la tête d’un réseau de transport plus que significatif : chaque jour, ce sont 1 700 autocars et 120 trains qu’elle fait circuler. Et de se prononcer pour un renforcement de la desserte par cars, en donnant deux exemples : « de la vallée de l’Ubaye pour permettre un meilleur rabattement vers Tallard ; de la Côte varoise en mettant en place une ligne Premium entre Toulon et le golfe de Saint-Tropez ». L’expérimentation va aussi porter sur la sécurité. Renaud Muselier devrait signer dans une semaine avec Guillaume Pépy, un protocole entre la SNCF et la Région afin de faire de Provence-Alpes-Côte d’Azur, un territoire d’expérimentation national en matière de sécurité et de sûreté ferroviaire. « Nous devons pouvoir bientôt bénéficier des progrès technologiques en matière reconnaissance faciale ».

« Nous allons donc réduire de 50 % le taux d’émission de monoxyde d’azote des transports régionaux d’ici 2020 »

Promouvoir l’offre et l’utilisation de transports en commun propre est un autre axe sur lequel la Région veut travailler. Le président de Région juge : « L’un des enseignements de cette grande consultation, c’est le déficit d’information sur l’offre de transport régionale existante. La promotion et la communication sur la qualité des dessertes et de l’offre de transport public dans notre Région et ses avantages par rapport à la voiture individuelle doivent être partagées et connues. Si nous voulons inciter les gens à se déplacer en transport commun il faut rendre l’information plus accessible et intelligible ». Et d’avancer : « Qui sait en effet aujourd’hui que grâce à la carte d’abonnement Zou et pour 30 € seulement par an, vous pouvez utiliser les TER et LER de Provence-Alpes-Côte d’Azur à moitié prix pour vous et les trois personnes qui vous accompagnent ? Nous ferons un sondage pour évaluer la notoriété de nos abonnements sur la base duquel nous ferons ensuite évoluer notre offre ». Plus largement, il souhaite que les transports agissent contre le réchauffement climatique. « Je veux que l’on amplifie notre offre de transports en commun respectueux de notre territoire. Nous avons la chance de vivre dans une région où la biodiversité est unique au monde. Notre responsabilité est de la préserver. C’est une question de qualité de vie. Je veux faire de Provence-Alpes-Côte d’Azur le moteur des accords sur le climat. Nous allons donc réduire de 50 % le taux d’émission de monoxyde d’azote des transports régionaux d’ici 2020 ».
Ses Assises ne sont pas une fin en soin : « Il nous faut poursuivre le dialogue que nous avons initié au cours des assises avec les usagers et les acteurs du transport qui ont tant de choses à nous apprendre pour gagner en qualité et en efficacité. Nous allons donc mettre en place rapidement dans les prochains mois une charte régionale de l’usager à destination de nos opérateurs de transports régionaux afin que l’usager soit bien replacé au cœur du dispositif ». L’administration va donc développer des enquêtes de satisfaction usagers et solliciter les retours d’expérience.

« La concurrence sera une bonne chose pour chacun »

Puis d’en venir aux rapports, tendus que la Région entretient avec la SNCF. Mais avant la critique, il tient à rendre hommage à la réactivité de cette dernière après l’attentat terroriste de la gare Saint-Charles, le 1er octobre. Puis de reprendre : « Nous avons engagé un bras de fer à la SNCF car nous étions la région la moins bien traitée de France par la société (20 % de trains en retard, 10 % de trains annulés, 18 % de fraude, lorsque nous avons été élus). En résumé, le service que la SNCF nous fournissait était le plus mauvais de France mais aussi le plus cher ! (1 M€ par jour).
Ce bras de fer, je le continuerai tant que nous n’aurons pas obtenu gain de cause.
 »
Il exige entre autres : une amélioration de la ponctualité, « le taux de retard moyen des trains est identique cette année à celui de 2016 »,« la transparence totale sur le coût du service et la facture présentée. » « Nous voulons savoir, insiste-t-il, ce que nous payons et nous voulons payer le juste prix. J’estime que les usagers et les habitants de la région ne sont pas là pour payer les délires tarifaires de la SNCF. Nous allons poursuivre l’année 2018 comme 2017 en ordonnant unilatéralement à la SNCF le cadre dans lequel nous souhaitons que les trains circulent. » Parle d’une expérimentation de l’ouverture à la concurrence sur les TER « le plus rapidement possible ». Une directive européenne le permet, « c’est hélas le Gouvernement qui nous en empêche »,avance-t-il. Considérant : « La concurrence sera une bonne chose pour chacun. Elle nous permettra d’offrir un service de meilleure qualité aux usagers et challengera la SNCF l’obligeant ainsi à faire des efforts sur les tarifs et les services ». Et de prévenir : « Je redirai, dès ce 10 octobre à la ministre des transports, ma volonté de bénéficier de cette possibilité dès 2019 ».
Puis de considérer que la politique des transports, est non seulement un enjeu économique mais aussi de sécurité. Le président de région ne manque pas de signaler :
« Dans le contexte de menace permanente, nous avons fait le choix d’accompagner l’État pour sécuriser les transports dont nous avons la charge. Nous investissons plus de 44 M€ dans la mise en sécurité de nos transports : 1 300 caméras installées dans nos trains et gares, 2 Centres de Supervision en gare centrale créés à Marseille et à Nice auxquelles les caméras sont directement raccordées, nous avons instauré la gratuité des transports régionaux pour les 77 000 membres de forces de l’ordre de notre région, création d’une garde régionale des transports composée de 200 hommes armés ».
Philippe Tabarot, au préalable, avait tenu à mettre en exergue la richesse des débats, la diversité des intervenants, leurs exigences et, parfois, la méconnaissance en matière d’offre régionale. Les attentes en terme de transport en commun mais aussi de co-voiturage, d’autopartage, de piste cyclable... Il rappelle que pas moins de 48 réunions ont eu lieu, 3 300 personnes mobilisées entre octobre 2016 et septembre 2017.
Michel CAIRE

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