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Travaux à Marseille : Un rictus sur le nouveau visage de la place Jean Jaurès

mercredi 20 novembre 2019

Premières livraisons effectuées, en août et octobre dernier, relatives au chantier de réaménagement de la place Jean Jaurès (La Plaine). Le timing est donc respecté. Si ce n’est que les pouvoirs publics doivent, pendant les travaux, parer aux dégradations, légion en début de chantier, et qui ont depuis peu repris de plus belle.

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De gauche à droite Olivier de Mazières, Gérard Chenoz et Marc Labouz, directeur de la police municipale (Photo M.B.)
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A propos de dégradations... (Photo M.B.)

Un an de chantier déjà à la Plaine, et un bilan à mi-parcours plutôt satisfaisant pour Gérard Chenoz, président de la Soleam (société locale d’équipement et d’aménagement de l’air métropolitaine). En effet malgré un peu de retard pris au démarrage, les premiers espaces publics réaménagés de la place Jean Jaurès ont été livrés durant l’été ainsi qu’en octobre 2019. Ce sont ceux de l’allée Ouest et de l’axe traversant, soit, entre autres, 6 900 m² d’espace public, dont 2 900 m² qui ont fait l’objet de revêtements particuliers, quelque 34 arbres tiges et 180 arbustes plantés ou encore, 81 bancs, 24 mâts d’éclairage et deux sanisettes installés. Sans oublier la place ménagée aux modes doux, avec notamment 40 emplacements de vélo... Au final, la place qui était à 5% piétonne le deviendra à 85, est-il annoncé. « Il n’y aura presque plus de voitures. On comptera beaucoup plus d’arbres qu’auparavant, des jeux d’enfants pour tous puisqu’il s’agit d’aires inclusives accessibles aux enfants handicapés, des terrasses de café et un marché qui va revenir, enfin. Ce sera un endroit où il fera bon vivre, de manière beaucoup plus sécurisée que par le passé », développe-il. Côté chaleur, il faudra attendre que les arbres s’élèvent. Montant de tous ces travaux pour mémoire : 13,5 M€. On respecte le phasage prévu donc, aucune raison de ne pas livrer, comme fixé préalablement, l’intégralité de ces réaménagements fin décembre 2020. Une « respiration » pour les commerçants et les habitants, qui va permettre un retour à la vie normale, lance encore Gérard Chenoz. Même si, en attendant ces livraisons, des mesures ont été prises pour permettre à toute activité économique sur ces lieux de subir le moins possible d’impact. « Il y a une commission d’indemnisation qui a été mise en place par la Métropole sur une zone assez large d’ailleurs (elle concerne 150 à 200 commerces, non seulement sur la place mais aussi dans les rues adjacentes, ndlr). Aujourd’hui une vingtaine a fait une demande d’aide », annonce-t-il.

Halte aux dégradations

Mais il y a un mais, et il continuerait de peser sur le phasage, si rien n’était fait pour le contrer : ce sont les dégradations fortes, fréquentes notamment en début de chantier... et soudain plus intenses de nouveau depuis quelques temps. Un regain du trouble qui provoque la colère de Gérard Chenoz, qui se dit même être : « le porte-parole de la majorité silencieuse qui en a marre de voir des dégradations sur ces réalisations, faites avec de l’argent public. Les gens ne comprennent pas qu’on puisse casser, détruire, ça devient épouvantable ». Pour pallier cet état de fait, une recette au préalable : prévention et répression. Ainsi la police municipale, présente sur les lieux de jour comme de nuit, avertit-elle la nationale dès qu’elle constate attroupements et tentatives de tags. « Et elle réagit très vite, en 5 à 6 minutes ». Olivier de Mazières, préfet de police des Bouches-du-Rhône, donne à son tour quelques détails de ce dispositif. « Il y a des infractions qui ne sont pas forcément très graves, mais qui sont commises en nombre. Elles appellent donc de notre part une réponse identique à celle donnée dès qu’il y a une infraction commise à Marseille. Après, effectivement, il y a là un point de convergence, et peut-être plus de troubles qu’on peut en trouver sur d’autres chantiers ». Ainsi pour l’heure, « 24 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début du chantier, sur une année ». Pour des agressions à l’encontre de vigiles, notamment. Des délits sanctionnés par l’autorité judiciaire en utilisant tout le panel de la réponse pénale. « Ce peut être de la comparution immédiate avec rappel à la loi. Ou encore, une enquête préliminaire pour les cas les plus graves... Parfois il s’agit d’infractions que la justice considère comme insuffisamment constituées (classées donc sans suite ndlr). On a par ailleurs procédé à trois fermetures administratives de commerces. Ce qui arrive en cas d’infraction, type vente d’alcool aux mineurs, tapage nocturne ou travail clandestin. » Bref, il s’agit d’un chantier « qui accapare un certain nombre de moyens de police mais nous maintiendrons cette présence aussi longtemps que nécessaire », assure le préfet de police du département. Il est à noter qu’à terme, le projet prévoit l’implantation de quinze caméras de vidéosurveillance. Soit six directement sur la place et neuf sur le pourtour (dont 4 préexistantes à la phase de travaux).

Entretien avec Olivier de Mazières - Préfet de police des Bouches-du-Rhône

Agressivité pré-électorale ?

Par ailleurs, lorsqu’il y a dégradation, Métropole et Ville entrent ensuite en jeu « pour nettoyer et réparer ce qui a été fait dans la nuit, parce qu’il y a des bouteilles cassées, des éclats de peintures partout. Or, la plaine, ce n’est pas une zone de non droit et ça ne le sera jamais », reprend le président de la Soleam. Un regain d’agressivité qu’il explique par l’entrée dans la période pré-électorale. « Elle suscite les espoirs des gens qui sont de l’ultragauche. Mais je suis contre tous les extrêmes et contre tout système de violence, ça n’a pas sa place à Marseille ! La Place Jean-Jaurès est à 85% piétonne, elle est faite pour tout le monde. Et elle n’appartient certainement pas à ceux qui veulent détruire ce que démocratiquement, la majorité veut », considère-t-il. D’autant que le coût de ces dégradations, il est énorme. Forcément. « Et surtout, c’est de l’argent métropolitain. Donc ce sont des gens de Cuges, de Salon, d’Aix qui payent pour ça. La porte de la Soleam sur la Canebière a été cassée trois fois et on en est à 52 000 euros HT de réparation ! Entre nous, on pourrait mettre cet argent ailleurs », conclut Gérard Chenoz.

Entretien avec Gérard Chenoz, président de la Soleam

Carole PAYRAU (rédaction) - Mireille BIANCIOTTO (son)

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