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Tribune de Marc La Mola : Chronique policière hebdomadaire exhaustive

dimanche 24 septembre 2017

Les réquisitions viennent de tomber et elles ne surprennent que ceux n’ayant pas la capacité de comprendre que leur lourdeur n’est que la conséquence de faits extrêmement graves. De douze mois ferme à huit années d’emprisonnement ont été requis par le ministère public pour sanctionner des andouilles au quotient intellectuel de lapin d’élevage, oui je dis bien d’élevage en opposition avec celui de Garenne doté lui d’un QI supérieur puisqu’il doit éviter les chasseurs et trouver seul de quoi se sustenter. Ce n’est pas chose aisée … Donc, ces ânes bâtés ont été jugés pour avoir incendié une voiture de police, lancer des projectiles ayant pu entraîner de lourdes blessures et enfin incendié ladite voiture en dissimulant, en preuve de leur courage, bien évidemment leurs visages derrière des cagoules. Mais voilà malgré leurs doses de conneries ils ont été jugés et vont certainement être incarcérés pour les faits précités pour peut-être aussi leur permettre de réfléchir à ce qu’une foule peut générer, ce que l’anonymat peut engendrer et où les réflexions limitées peuvent conduire.

A la lecture des comptes rendus des audiences on réalise que ces ensuqués n’ont finalement aucune raison légitime de s’être conduits ainsi. Petits bourgeois pour la plupart et bien insérés socialement, ils ne peuvent pas non plus évoquer une haine de la police ancrée dans leurs gênes à la suite de multiples contrôles au faciès qu’ils auraient subis. Non rien de tout cela, juste une colère contre une loi, juste des indices justifiant, au moins pour eux, ce déferlement de violence. Un des leurs a affirmé que la police était violente et qu’il avait assisté à une charge de CRS sur des manifestants pacifiques. Sans doute devait-il regarder ses chaussures de peur de croiser les regards du tribunal en affirmant cette bêtise, sans doute devrait-il avoir honte de lui en jugeant les CRS violents alors que ses propres actes auraient pu tuer un policier pour le coup pacifique. Un autre a présenté des excuses minables à ce jeune policier battu par un manche à balai. Des excuses bien dérisoires lorsque l’on s’est ainsi conduit.

La semaine fut chargée en informations policières et plutôt que de faire un choix sur une info à traiter j’ai opté pour une chronique exhaustive.

La deuxième information met en avant ces 2 000 CRS s’étant fait placer en arrêt maladie pour protester contre une taxation de leur indemnité journalière d’absence temporaire (IJAT) jusqu’alors exonérée de tous prélèvements et notamment de la CSG.
Cette épidémie frappa les compagnies le jour de mobilisation des syndicats pour protester contre les ordonnances de la loi travail signées par le Président de la République.
Lorsqu’on compare ce moyen de protester à celui utilisé par les policiers « ordinaires » le week-end précédent et n’étant parvenus à mobiliser qu’une petite soixantaine de pèlerins sur le Vieux Port, on est en droit de s’interroger et de revoir les moyens d’action pour que les revendications soient entendues puisque les casqués ont été entendus et la réforme mis en attente.
Après les 5 euros des APL, voilà que notre Président jupitérien s’attaque aux oboles versées aux serviteurs de l’État qui, depuis des mois reçoivent sur la tête insultes et projectiles en tout genre pour sécuriser les centres de nos villes que les précédents ministres de l’Intérieur s’étaient évertués à abandonner. Allez comprendre comment fonctionne un cerveau présidentiel pour accumuler autant de bourdes en si peu de temps …

La troisième information policière qui a fait couler beaucoup d’encre est celle concernant notre amie Sandra Bertin, Fliquette municipale de Nice investie d’une mission divine, ayant déposé une plainte contre l’ancien ministre de l’Intérieur. Au grand dam des internautes s’étant félicités de la relaxe de Sandra, j’ai le regret de leur dire que la décision de justice met en évidence des interprétations de la jeune femme l’a faisant passer … au minimum pour une incapable et au pire pour une andouille !
Mais cela reste marginal puisque dans cette affaire il ne faut pas perdre de vue qu’elle est sur fond du drame du 14 Juillet sur la promenade des Anglais où 86 personnes trouvèrent la mort. C’est bien à elles qu’il faut penser plutôt que de laver son linge sale sur fond de passion immodérée pour le maire de la capitale de la Côte d’Azur. Bref, une belle manière de faire perdre son temps à la justice qui, comme nous le savons tous a du temps à perdre pour gérer les problèmes d’ego d’une fliquette frustrée de n’être que territoriale !

Je me dois de terminer ma chronique en évoquant ce qui constitue, à mes yeux, la pire information de la semaine et j’ai du relire à plusieurs reprises l’article de presse la relatant afin de vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une blague. Le journal que je lisais était des plus sérieux et nous sommes encore bien loin du 1er Avril. L’info était donc réelle et je dus commander un second café pour comprendre que la Russie venait de faire ériger une statue en l’honneur et à l’effigie de Mikhaïl Kalachnikov dans le centre de Moscou. Sept mètres cinquante de haut, toute en bronze elle y représente l’inventeur de cette saloperie ayant tué des millions d’innocents et ayant traversé tous les conflits de par le monde. Vous voyez même vous vous êtes choqués … ?

C’est ainsi que va la vie dans ce monde totalement fou où les Américains vont faire péter les Coréens, ou l’inverse, sous le regard des Français recentrés sur leurs APL, leur pinard et leur camembert.
Hé oui chacun ses priorités …

Marc La Mola [1]


[1Marc La Mola a été flic durant vingt-sept années. Après des débuts à Paris, il rejoint sa ville natale, Marseille et choisit les quartiers Nord pour y exercer. C’est aussi là qu’il a grandi. Officier de Police Judiciaire, à la tête d’un groupe d’enquête de voie publique, il a traîné dans ces quartiers pour en mesurer les maux. Il a touché du doigt la misère et la violence de ces secteurs de la Ville. Marc La Mola a sans doute trop aimé son métier et c’est en 2013 qu’il décide de mettre un terme à sa carrière. Il retourne à la vie civile pour écrire. Il est aujourd’hui auteur, romancier et scénariste. Chez Michalon Éditions il a publié : « Le sale boulot, confessions d’un flic à la dérive », « Un mauvais flic, lettre ouverte à Manuel Valls », « Quand j’étais flic … ». Ces trois témoignages relatent les moments forts de sa carrière et ses différentes prises de position. C’est chez ce même éditeur qu’il publiera en mars 2017, « Police, Grandeur et Décadence » dans lequel il explique comment la police en est arrivée à descendre dans la rue pour manifester son mécontentement. Il est encore romancier. Il publie chez Sudarenes Éditions un polar à l’accent Marseillais, « Le sang des fauves ». En juin 2017 le personnage de ce premier polar reprend du service dans « Vallis Clausa », deuxième volet des enquêtes de son personnage Randy Massolo, un flic torturé. Il est aussi scénariste et a signé l’écriture de plusieurs synopsis optionnés par des maisons de production. Il enseigne également l’écriture de scénarios à l’École supérieure du cinéma Cinemagis de Martigues (13)

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