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Tribune libre de Jean-Marc Coppola - "Plan d’urgence sociale ou plan de sauvetage du Medef ?"

vendredi 22 janvier 2016

Nous sommes dans une période traditionnelle de vœux et tout d’abord je souhaite en 2016 une plus grande liberté d’expression, comme meilleure réponse à ceux qui veulent s’attaquer à notre société, à notre mode de vie, à notre démocratie, à notre République et ses valeurs.
Et dans mon propos ne sont pas seulement ciblés les terroristes, qui, même s’ils l’ignorent, servent la cause de la pensée unique, du capitalisme et de tous ceux qui à longueur de journée racontent la même histoire : « il n’y a pas d’autre politique possible ». Chacun se reconnaitra. Un grand merci donc à Destimed, d’ouvrir ses colonnes pour des tribunes libres. Je m’en réjouis car j’aime la confrontation d’idées, et je tâcherai de m’y employer en argumentant du mieux possible, en démontrant et dans le plus grand respect d’autrui. Nous sommes dans une période de vœux et bien que je ne sois pas candidat à l’élection présidentielle de 2017, je veux souhaiter que 2016 soit l’année du recul du chômage, tant ce fléau gangrène des millions de vies, de familles et nous enfoncent dans des crises et des pertes de repères, dont l’amère traduction se lit dans les résultats des dernières élections régionales. Oui souhaitons ou plutôt agissons pour que 2016 soit l’année où l’on redonne toute sa valeur au travail. Or force est de constater que les annonces du Président de la République ne vont pas dans ce sens. Le Chef de l’État reste dans une logique libérale qui ne s’attaque pas aux causes profondes et réelles du chômage. Son plan d’urgence sociale est un plan d’aide au patronat. En effet, quelle autre analyse peut-on avoir de l’objectif de casse du Code du travail, présenté comme un obstacle à la compétitivité ?
Serait-ce donc le Code du travail qui est à l’origine du chômage ? Ne serait-ce pas plutôt la concurrence et ses effets négatifs sur l’efficacité ? Où sont les gains de compétitivité, lorsque les entreprises ont recours à la sous-traitance, au dumping social, à la main d’œuvre moins payée d’ouvriers étrangers -souvent très diplômés- mais pas qualifiés dans le domaine dans lequel ils sont employés, et que cela se traduit par des malfaçons ? Je pourrais citer des dizaines d’exemples dans le BTP, comme la construction et la rénovation de lycées, dans la construction du bateau porte de la forme 10 au Grand Port Maritime de Marseille. Comment interpréter l’incitation de François Hollande et de son gouvernement à augmenter le temps de travail, alors que l’aspiration est forte à travailler moins et mieux ? Fini le sacerdoce du médecin de famille qui passe 60 heures et plus dans son cabinet, les jeunes recherchent du temps libre. Pourquoi cela devrait-il être réservé qu’à certaines professions. Comment comprendre la stigmatisation des charges sociales, avec cette mesure que le CICE -qui représente 36 milliards d’euros d’argent public- soit transformé en baisse définitive des charges sociales ?
Les charges sociales ne sont d’autant moins le problème, que ce sont des cotisations sociales et qu’à ce titre elles sont du salaire différé et que les cotisations sociales dites « patronales » représentent moins de la moitié des prélèvements financiers versés aux actionnaires et aux banques (160 milliards d’euros (MM€) de cotisations contre 340 MM€ de prélèvements financiers). Cherchez l’erreur !
Comment interpréter la mise en formation des demandeurs d’emploi sans qualification ? C’est certes un handicap, mais alors pourquoi des jeunes diplômés sont au chômage ou cachent leur qualification pour être embauchés dans des emplois précaires et sous-payés ? Ainsi cette mesure phare présentée pour inverser la courbe d’un chômage déjà haut, trop haut - faut-il rappeler les 650 000 chômeurs de plus depuis 2012 ?- apparait plus comme une action pour baisser artificiellement la statistique de Pôle emploi que pour donner aux chômeurs les moyens d’un emploi durable. Et comment ne pas y voir que le seul but recherché par François Hollande est de lui permettre de se représenter en 2017 ? Car sur le fond, tout n’a pas été essayé contre le chômage, comme reconnaître le travail et les qualifications par une hausse des salaires, à commencer par le SMIC aujourd’hui indigne.
Ce qui n’a pas été essayé, c’est d’en finir avec l’austérité et de lancer de grands plans d’investissements pour moderniser le pays, pour la transition énergétique et environnementale : industrie, bâtiment, services publics des transports et de l’énergie, formation, éducation, recherche, sécurité.
Investir aussi dans la Recherche et Développement, plus faible en France que chez nos voisins allemands pris souvent en référence pour faire accepter des régressions chez nous. Ce qui n’a pas été essayé, c’est une nouvelle réduction du temps de travail hebdomadaire, comme les 32 heures payées 39. Ce qui n’a pas été essayé, c’est de réformer la fiscalité, de réduire les dividendes et les recettes financières du capital. Ce qui n’a pas été essayé, c’est d’imposer aux banques qu’elles jouent leur rôle en prêtant aux TPE, PME, artisans, au lieu d’une prime annuelle. Là est le principal problème de ces entreprises qui subissent la triple peine.
Peine d’injustice de fiscalité face aux grands groupes (33% pour les TPE, PME, 8 ou 0 % pour les entreprises du CAC 40) Peine de refus de prêts des banques sous prétexte qu’elles n’apportent pas assez de garanties. Peine de la concurrence qui profite là encore aux mastodontes.
Ce qui n’a pas été essayé, c’est d’arrêter les plans de licenciements et les fermetures d’entreprises comme on en connait trop dans notre Région, comme la SNCM, Saint-Louis Sucre, les Moulins Maurel, Nexcis, Total, demain Air France si son plan est maintenu, EDF, dans le public aussi comme l’hôpital public de Marseille, la SNCF, les collectivités locales… Je reviendrai prochainement exclusivement sur ce dernier sujet.
Ce qui n’a pas été essayé, c’est de donner un vrai élan à l’économie sociale et solidaire. Et surtout, ce qui n’a pas été essayé, c’est de donner aux salariés, à leurs représentants, des droits nouveaux au lieu de criminaliser l’action collective comme c’est le cas avec Air France, la SNCM et les Goodyear… J’en termine avec cette arnaque puisque le Président de la République a estimé son plan « à plus de 2 milliards d’euros », et tenez-vous bien « financés par des économies ».
En effet ce sont les fonctionnaires qui financent le Medef, des salaires qui n’ont pas augmenté depuis 6 ans, des départs à la retraite non remplacés. Ce sont les économies faites sur les dotations de l’État aux collectivités locales et aux services publics, moins pour l’école, les hôpitaux, les routes… C’est pourquoi en 2016, nous avons besoin de batailles contre le chômage plus que des vœux.
Premier rendez-vous le 26 janvier.
(*) Jean-Marc Coppola (PCF-FdG), conseiller municipal de Marseille - co-tête de liste de la Région coopérative aux régionales 2015

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