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Tribune libre de Marc La Mola : Jetez vos armes … Lettre ouverte à Philippe

dimanche 2 avril 2017

Cette campagne électorale nous donne le loisir d’entendre et de voir un concentré de conneries que je n’aurais jamais espéréees tant on a sombré dans les abysses de la paupérisation des faits et des discours oscillant entre la démagogie et le mensonge éhonté … Je n’ai pas à forcer pour trouver mon inspiration, ces guignols endimanchés me servent quotidiennement bien plus de matière que ce que j’en nécessite.
Je me régale !


Chaque jour nous apporte son lot de trahisons, de stupidités ou de magouilles mettant en scène nos trop nombreux candidats plus ou moins légitimes et ce sous le regard contemplatif voire l’admiration de tout une plèbe assidue et disciplinée qui ira voter car on leur a dit que l’abstention favorise l’arrivée du front national. Il est bien évident qu’une grande partie de ces électeurs, anesthésiés par un droit de vote qu’ils pensent être le dernier moyen de choisir la politique et l’homme providentiel, ont oublié ou n’ont jamais su que ce parti d’extrême droite a été mis là où il se trouve par un mentor socialiste : François Mitterrand.

Le jeu était simple de brandir la complicité du FN avec feu le RPR pour imposer leur vision de tolérance à l’opposé du parti Gaulliste soudain devenu fasciste. Et oui c’est ainsi la politique ! Mais je vous parle d’un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître.

Mais je préfère revenir à notre formidable campagne électorale de 2017 en vue de mettre sur le trône un autre pantin gavé de certitudes et bien incapable de constituer un vrai gouvernement tant ceux que l’on pensait compétents et intègres se trimballent aujourd’hui un casier judiciaire gros comme une encyclopédie, des casseroles ou ont été bannis par des électeurs lors d’élections primaires inutiles ayant malgré tout rapporté quelques millions d’euros. D’ailleurs où est passé ce pognon ?

Macron vient d’apprendre que la Guyane n’était pas une île, Valls devrait réciter les verbes mentir et trahir à la première personne du singulier et au présent de l’indicatif et enfin Philippe Poutou veut désarmer les policiers prétextant que leur arme n’a aucune utilité même pas celle de les protéger. Mais il est vrai que des flics lui il s’en balance …
Sacré Philippe ! Tu n’avais pourtant pas besoin d’en rajouter pour être ridicule il suffisait que tu débarques sur un plateau télé et te confrontes à des journalistes sérieux pour que tu sois démasqué si tant est qu’un jour tu ais porté un masque, si tant est qu’un jour tu ais compris dans quelle société nous vivons.

Je trouvais ton discours sympathique car rêveur, idéaliste même puéril mais je ne parvenais pas à te brocarder tant tu paraissais sincère, tant tu étais naïf. Tu animais un peu cette minable campagne lorsque j’apercevais ton minois d’ouvrier d’usine et tes chemises grotesques de bûcheron Canadien et je pensais que notre beau pays pouvait aussi laisser un homme se ridiculiser autant en lui laissant croire qu’il pouvait aller jouer dans la cour des grands. La cour des puissants est bien fermée, bien cadenassée et tu n’auras jamais la clef et même si tu parvenais à te procurer un passe tu n’y aurais pas ta place et je vais t’expliquer pourquoi.

Vois tu Philippe la société se meut (ce n’est pas le cri de la vache), elle évolue et force est de constater qu’elle devient de plus en plus violente. Les quartiers défavorisés en sont même le berceau et ceux qui y ont le malheur d’y naître grandissent dans le goût du sang et des larmes. C’est aussi là que le policier évolue, c’est là qu’il a du mal à faire son travail et encore plus lorsque des gens comme toi viennent balancer des inepties si énormes que l’on peut se demander où tu vas les trouver, si tu les a pondues tout seul ou est-ce que vous avez fait une réunion, un colloque pour faire germer de telles conneries !

Je vous imagine tous derrière une table en train de siroter une bière bio et grignotant des carottes fanes alors que l’un d’entre vous, un illuminé, lance qu’il faut désarmer les policiers car cette arme ne sert qu’à tuer des innocents … etc … etc …
Et on s’envoie un gorgée de mousse en postillonnant de minuscules morceaux de carottes tant les gueules s’ouvrent sous les rires d’autosatisfaction et de béatitude.
Quelle idée merveilleuse s’écria Olga en faisant le parallèle avec la police Anglaise comme si cette dernière était soudain devenue un modèle du genre et en ignorant que les policiers Anglais portent des armes comme les nôtres. Seuls les bobbies n’en portent pas mais sont-ils des policiers ou des potiches entretenant un folklore Britannique au même titre que Big Ben et la vieille monarque ne voulant plus mourir tant promener dans un carrosse doré grotesque lui permet de survoler la misère de Rochdale et autres quartiers de Liverpool.

Mais Philippe je vais t’expliquer en fait pourquoi les policiers sont armés car apparemment tu l’ignores. Une arme ne sert pas à tuer et certainement pas dans une démocratie comme la nôtre, elle n’a comme utilité que de neutraliser un agresseur lui même armé mettant en danger la vie du policier lui-même ou celle d’autrui (ce n’est pas la femelle du porc). Vois-tu cela est fondamentalement différent …

Le policier ne tue pas par plaisir, cela ne lui procure aucune joie ni même fierté et je peux te l’affirmer car vois tu Philippe moi j’ai été flic et j’ai utilisé mon arme contre un homme. Je l’ai blessé en lui transperçant les deux jambes et comme il faut te le préciser cet homme était armé d’un fusil à canon scié et d’un revolver de gros calibre.
Je n’ai pas voulu vivre cette situation, d’ailleurs ce n’est pas moi qui l’ai provoquée. C’est bien cet homme !
Qu’aurais-je fait sans arme ?
Si je t’écoute j’aurais du attendre qu’il me loge une balle dans la tête pour que ma veuve reçoive une médaille merdique qui aurait orné un buffet Ikéa car je n’avais pas les moyens de m’offrir du chêne massif. Mes enfants auraient versé une larme, ou peut être pas d’ailleurs, devant mon cercueil drapé de tricolore sous la voix éraillée d’un quelconque ministre parlant de moi comme du meilleur flic de ces dernières années seulement animé par le devoir et l’abnégation.
Un beau discours dit avant l’écriture des mes livres parce qu’ensuite je n’aurais eu ni médaille, ni discours et encore moins la considération de la place Bauveau. Mon cercueil aurait été jeté dans un vieux car Police-Secours empli d’odeur de sueur et de pets sans les honneurs, dont je me moque royalement, pour être conduit au crématorium où les quelques collègues n’ayant pas pris la fuite seraient venus m’accompagner. En guise d’oraison funèbre j’aurais souhaité « Où est-ce que j’ai mis mon flingue ? » de Renaud parce que j’aime cette chanson et aussi pour te faire chier toi le pourfendeur de pistolets de policiers !

J’ai lu dans un journal dont j’ai oublié le nom, mais je me souviens que j’étais aux WC et que j’ai failli le confondre avec le papier toilette tant on pouvait y lire des âneries, que tu affirmais que la Police française avait abattu 140 personnes depuis l’an 2000. Je ne te connais pas Philippe mais ton état psychologique m’inquiète. Tu devrais cesser de fumer les géraniums et les campanules ça ne te réussit visiblement pas et te donne des hallucinations. Mets-toi à la marijuana bio, cultivée par des gamins dans les confins de l’Atlas Marocain, elle t’apportera peut-être une lucidité qui te fait défaut. Mais de grâce ne te fais pas attraper par les flics avec ça dans la poche et surtout ne dis pas que c’est moi qui te l’ai conseillée ils seraient capables de dégainer leur arme et …

Le flic vois-tu est un homme simple dont les paradigmes sont aussi faciles à appréhender, à saisir même pour toi qui ne comprend pas grand-chose, qui ne connaît pas grand-chose de la vie de ces gens que tu détestes sans les connaître. Le flic est assez manichéen et même si la police a bien changé elle n’est pas un ramassis de fascistes et de racistes comme tu le prétends, elle n’est pas peuplée de femmes et d’hommes voulant à tout prix utiliser leur calibre contre des victimes innocentes et lorsqu’ils le font je peux t’affirmer que cela ne provoque pas un afflux sanguin dans leurs tissus érectiles (As tu compris de quels tissus je veux parler ?).
Vois-tu Philippe les victimes tombant sous les balles ne sont pas celles que tu crois mais visiblement celles succombant sous les crépitements des AK 47 dans les quartiers Nord de Marseille ne t’intéressent pas. Elles ne sont tuées que par des voyous, des dealers et ne méritent pas apparemment ton attention, ta compassion. Elles sont environ trente par an et, ont rarement plus de 18 ans …

Mais tenir de tels propos ne t’intéresse pas, cela n’est pas bon pour ton électorat. Penses tu, comme les autres candidats, que ces vies valent bien moins que celles des autres citoyens, celles des gens honnêtes ?
Je ne t’ai pas entendu évoquer ce phénomène là, pas entendu te prononcer sur la libre circulation des armes dans les banlieues. Non ce qui t’intéresse c’est de désarmer les policiers la première année de ton hypothétique élection puis, si cela est concluant, sans doute désarmeras-tu les voyous…
Tu ne me fais même plus rire Philippe …

Lire aussi de Marc La Mola [1]

- Au Camp des Milles et au Vél’ d’Hiv il n’y avait aucun uniforme ennemi
- Affaire Théo "Il est où le ministre, il est où … ?"
- Police : Vous avez dit proximité ?
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- A propos de Chiffres …
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- Et si on faisait la Révolution…


[1Marc La Mola a été flic durant vingt-sept années. Après des débuts à Paris, il rejoint sa ville natale, Marseille et choisit les quartiers Nord pour y exercer. C’est aussi là qu’il a grandi. Officier de Police Judiciaire, à la tête d’un groupe d’enquête de voie publique, il a traîné dans ces quartiers pour en mesurer les maux. Il a touché du doigt la misère et la violence de ces secteurs de la Ville. Marc La Mola a sans doute trop aimé son métier et c’est en 2013 qu’il décide de mettre un terme à sa carrière. Il retourne à la vie civile pour écrire. Il est aujourd’hui auteur, romancier et scénariste. Chez Michalon Éditions il a publié : « Le sale boulot, confessions d’un flic à la dérive », « Un mauvais flic, lettre ouverte à Manuel Valls », « Quand j’étais flic … ». Ces trois témoignages relatent les moments forts de sa carrière et ses différentes prises de position. C’est chez ce même éditeur qu’il publiera en mars 2017, « Police, Grandeur et Décadence » dans lequel il explique comment la police en est arrivée à descendre dans la rue pour manifester son mécontentement. Il est encore romancier. Il publie chez Sudarenes Éditions un polar à l’accent Marseillais, « Le sang des fauves ». En juin 2017 le personnage de ce premier polar revient dans « Vallis Clausa », deuxième volet des enquêtes de son personnage Randy Massolo, un flic torturé. Il est aussi scénariste et a signé l’écriture de plusieurs synopsis optionnés par des maisons de production. Il enseigne également l’écriture de scénarios à l’École supérieure du cinéma Cinemagis de Martigues (13)

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