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Via Marseille Fos affiche ses (hautes) ambitions pour le Grand port maritime de Marseille

vendredi 3 mai 2019

L’outil de promotion de la place portuaire phocéenne vise haut, sous l’égide de son nouveau président Philippe Zichert. Il entend en effet replacer le Grand port maritime de Marseille (GPMM) en position de leader à l’échelle méditerranéenne. Et pour ce faire, pas de mystère : c’est bien en termes d’Hinterland qu’il va falloir se développer.

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Philippe Zichert a présenté la feuille de route de Via Marseille Fos en présence de Fatiha Jaureguy et Marie-Hélène Pasquier (Photo Carole Payrau)

Nommé le 7 mars dernier à la présidence de Via Marseille Fos et succédant de fait à Stéphan Snijders, Philippe Zichert entend bien distiller sa vision macroéconomique au service d’une ambition : permettre au port de s’emparer de la place de leader en Méditerranée. Il n’en va pas seulement de l’économie maritime, mais de l’économie... tout court, explique-t-il. « Les industries sont toutes directement ou indirectement dépendantes du port, qui est véritablement un appel d’air économique. Et parmi les emplois, on en compte très peu qui ne sont pas du tout liés à ces infrastructures... » Emploi privé qui stagne, rappelle-t-il en outre. Il importe donc de « promouvoir l’attractivité du territoire autour de la place portuaire. Et nous avons toutes les conditions pour faire du développement. Déjà, nous avons de nouveaux interlocuteurs. La Loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République NDLR), qui accorde à la Région la place de chef de file en économie, nous permet d’adopter une vision plus large. Et la fusion Métropole/Département à venir va elle aussi amener d’autres logiques ». Et puis, la place portuaire marseillaise compte plus d’un atout. La géographie tout d’abord, mais aussi l’émergence du Smartport, « qui va permettre de gérer et de tracer les marchandises, avec un objectif de fluidité ». Et puis, l’offre maritime du GPMM est désormais complète, forte de ses 400 hectares à l’Est, de ses 10 000 à l’Ouest. Il importe donc de se saisir de tous ces atouts. « Le conjoncturel, on ne peut rien y faire mais nous pouvons agir sur le structurel. Comme pour l’énergie, il n’y a pas une solution à mettre en œuvre, mais plusieurs ».

Trois axes et quatre groupes de travail

En l’occurrence, Via Marseille Fos compte mettre en place trois axes d’actions, « démontrer l’attractivité et la qualité de Marseille-Fos, développer notre Hinterland et présenter les opportunités offertes par le port ». Et pour ce faire, l’association s’est structurée en quatre groupes de travail. Le premier, c’est Reefer ou chaîne du froid. « Il s’agit du transport sous température réfrigérée, pour des marchandises telles que les fruits, les légumes, la viande ou certains produits pharmaceutiques », explique à son tour Fatiha Jaureguy, trésorière de Via Marseille Fos et directrice commerciale du GPMM. On note d’ailleurs un fort positionnement sur les produits pharmaceutiques, par définition délicats à transporter. « Nous voulons conforter les donneurs d’ordre dans l’idée que l’on sait faire dans le produit sensible. D’autant que chaque année, c’est 5% de produits pharmaceutiques en plus qui passe en maritime ». Pour Philippe Zichert, c’est « un signal fort aux clients. Car si on peut faire le compliqué, on sait forcément faire le plus simple ». Le deuxième Groupe, c’est Breakbulk ou colis lourds, à savoir les très grandes marchandises qui ne rentrent pas dans un conteneur, tels les gros engins de TP. Viennent ensuite les vracs liquides, notamment les produits pétroliers et chimiques, puis enfin les vracs solides, à savoir les produits qui ne sont pas traités en conteneurs, alimentaires ou pas, comme le blé, le sucre ou les granulats. Et chacun de ces quatre groupes est à la manœuvre pour donner davantage de visibilité au GPMM. Road Show, salons généralistes ou spécialisés, visites organisées du port pour des clients potentiels relevant de chacune des quatre thématiques... Le planning annuel est chargé. En la matière, Philippe Zichert revient sur l’importance d’ouvrir les portes des lieux, à chaque colloque organisé à Marseille. « Les clients qui étaient partis sont revenus. On ne compte plus aucune grève depuis 2011... Maintenant, il s’agit de signer de nouveaux contrats. Et c’est une autre paire de manches : il faut être plus pointu en matière de ciblage, d’argumentaire... Il faut y aller, convaincre, cela demande des moyens. Or, quand ces prospects viennent visiter sur place, ils sont enthousiastes. Ils nous disent qu’il y a tout à faire, qu’il est plus facile d’y débarquer les marchandises... »

Économie circulaire et recyclage dans le viseur

Outre ces quatre groupes, Philippe Zichert a mis l’accent sur l’importance accordée à des activités pouvant apparaître comme transverses à tout cela : l’économie circulaire et le recyclage. « Il importe de décarboner l’industrie, de travailler sur la question des plastiques... et de faire pénétrer du flux entrant autour de la valorisation, des emplois autour du recyclage. Ce sont les métiers les plus importants pour les vingt prochaines années ! » Ainsi le président a-t-il fait allusion à la grande attention portée à Jupiter 1 000, projet de démonstrateur industriel de Power-to-Gas. Le concept : transformer l’électricité renouvelable en gaz pour pouvoir la stocker, l’électricité en surplus étant convertie en hydrogène et en méthane de synthèse... Poser les pierres d’un port vert ? C’est en fait frappé du sceau du pragmatisme. Les réglementations françaises (Grenelle 2 en 2010) et européennes (Directives en 2014, puis en 2017) contraignent en effet entreprises cotées et établissements d’intérêt public au reporting extra-financier. De fait, ces entreprises, recherchent des interlocuteurs respectueux tout au long de leur supply chain... Il va sans dire que si le GPMM s’engage fortement dans la voie de la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), il gagnera en attractivité auprès de ces grands donneurs d’ordre. Pour ce faire, appuie Fatiha Jaureguy, il faut « mener en groupe une réflexion commune. On cible le sujet selon le besoin du moment. On œuvre sur des thématiques poussées comme le traitement des déchets, par exemple. On y arrive avec les professionnels, seuls ce ne serait pas possible ». Philippe Zichert reprend de son côté cette idée de « chasser en meute, d’être offensif. Nous sommes en cohérence avec les ambitions des institutions, avec Jupiter 1 000, le projet Vasco... Nous avons une industrie vieillissante. Or, c’est plus simple de faire de l’écologie avec des industries neuves ».

S’occuper du nœud lyonnais

Enfin, pour développer l’hinterland selon ce fameux axe Sud/ Nord/Sud, il y a un autre segment qui va requérir toute l’énergie de Via Marseille Fos  : le massifié, à savoir le fluvial et le ferroutage. Encore faut-il davantage de fluidité en termes de transport. Et ce n’est pas gagné. « Pour ce qui est du ferroutage, il y a des impératifs que nous devons régler avec SNCF Réseaux. Nous avons besoin d’ouverture de nouvelles lignes sur le Rhodanien. C’est structurel : il y a un nœud à Lyon qui pose souci. Une enquête publique est actuellement en cours, Via Marseille Fos va intervenir pour émettre des propositions. Nous, Lyon, Strasbourg, nous avons des besoins ». L’attention des acteurs du GPMM se focalise donc sur cet axe. Peu importe que la Chine, via les nouvelles routes de la soie, pose ses pions et puisse faire obstacle à Marseille sur l’Adriatique, voire au-delà, en investissant pour être présent sur des ports concurrents... « Nous sommes, nous, sur l’Europe de l’Ouest, il y a déjà beaucoup à faire de ce côté-là. Il s’agit de développer l’axe Rhône-Saône, la Suisse, l’Allemagne jusqu’à Ludwigshafen voire même au-delà », explique Marie-Hélène Pasquier, secrétaire générale de l’Union Maritime et Fluviale, revenant sur l’importance de faire reconnaître Marseille comme alternative sérieuse aux ports de l’Europe du Nord, ce qui n’est pas encore communément intégré. Toutefois le discours, lorsqu’il parvient aux oreilles des prospects, est-il déjà entendu avec intérêt, précise-t-elle. Par ailleurs, il faudra aussi veiller au grain, explique encore la secrétaire générale, en faisant allusion au projet de LGV entre Lyon et Turin : « Il ne faut pas que l’argent publique profite aux ports étrangers », notamment Gênes, un sérieux concurrent de Marseille. Être présent sur tous les fronts et garder sa vigilance : c’est bien ce qu’il faudra mettre en œuvre pour espérer conquérir cette place de numéro 1 en Méditerranée.
Carole PAYRAU

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