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Vigne et vin par Michel Egéa - Quelques pépites dénichées à Millésime bio à Montpellier

vendredi 5 février 2016

Millésime bio, c’est la plus grande cave bio du monde qui est ouverte pendant trois jours à Montpellier. A même pas un mois d’intervalle avec Vinisud qui est devenu une énorme machine, il était intéressant de voir si les « bio » allaient tenir la route. Il semble que oui puisque avec plus de 4 500 visiteurs en trois jours, la 23e édition a confirmé la position de leader de ce salon sur le marché des vins bios. Ce millésime
2016 a vu croître le nombre de visiteurs étrangers qui sont passés de 22% l’an dernier à 25,5%. 873 entreprises étaient présentes au parc des expositions de Montpellier et parmi elles 23% d’étrangères avec 14 nationalités représentées. Au cœur de ce salon, nous avons effectué quelques rencontres des plus intéressantes que nous partageons volontiers avec tous les passionnés de vin et, en particulier, de vin bio !

Ils soignent leurs vignes avec des huiles essentielles

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Patrice et Chloë Chevalier sont aux petits soins pour leurs vignes. Et leurs vins sont superbes. (Photo M.E.)

En 2006, Chloë et Patrice Chevalier créent leur domaine, le Mas Pouperas, à Vaison-la-Romaine. Quatre ans plus tard, il entame la conversion en bio de leurs vignes et 2013 sera le premier millésime certifié. Passionné par ces méthodes culturales « durables », Patrice Chevalier poursuit lectures et recherches et débute la biodynamie. « En fait, j’ai commencé à poser les bases de la culture biodynamique en 2010, confie-t-il. J’étais particulièrement sensibilisé par la réduction du cuivre et j’ai commencé à expérimenter la phytothérapie sur la vigne ». Des essais sont menés chaque année par le vigneron qui profite de la présence à ses côtés de stagiaires de l’école Sup Agro de Montpellier. Huiles essentielles de lavandin ou de citrus entrent dans la composition des hydrolats utilisés pour les soins de la vigne, mais aussi infradoses de sucre, lait bio entier, eau salée et bien d’autres produits naturels composent la gamme de soins à la vigne de Patrice Chevalier. « Certaines choses marchent bien pour éradiquer le ver de la grappe, pour bloquer l’oïdium ou soigner le mildiou, par exemple. Mais il y a aussi d’autres maladies pour lesquelles nous n’avons pas encore trouvé de parade ; alors nous poursuivons les expérimentations ». Et les vins du Mas Pouperas ?, me direz-vous. Rassurez-vous, ni lavandin, ni lait, ni citrus dans les arômes. Mais des rouges sur le fruit, des vins mûrs et opulents lorsque l’on sait les attendre, des vins équilibrés de grande personnalité qui, à l’instar des raisins qui les produisent, sont soignés, voire chouchoutés en cave par Patrice Chevalier.
Mas Pouperas, 2205 chemin de Baye et de Poupéra, 84110 Vaison la Romaine. Tél. : 04 90 36 07 51 - maspouperas.com

Cépages atypiques dans les Pyrénées

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Aliette Bourg n’est pas mécontente de ses vins de cépages atypiques pour les Pyrénées, en particulier du chardonnay. (Photo M.E.)

A l’heure où l’on parle de plus en plus de retrouvailles entre les vignerons et les cépages autochtones anciens, voire historique (lire plus bas) Aliette et Parice Bourg, eux, sont dans une démarche opposée, réalisant des vins avec des cépages atypiques dans les Pyrénées Orientales. Propriétaires depuis deux ans, du domaine Grain d’Orient à Caudiès de Fenouillèdes, dans la vallée de la Boulzane, l’altitude les oblige, tout comme l’ancien propriétaire, à travailler chardonnay, syrah, cabernet-sauvignon, merlot qui donnent des vins commercialisés en vins de pays. « L’utilisation de ces cépages atypiques pour la région est rendue nécessaire par l’altitude, près de 500 mètres, à laquelle se trouvent nos vignes. Ça nous permet de faire ressortir les qualités des terroirs exceptionnels sur lesquels nous travaillons. Cela dit, les cépages chardonnay, cabernet-sauvignon ou encore syrah trouvent ici une expression remarquable ». Et il est vrai qu’à la dégustation on va de surprise en surprise. Les deux vins 100% chardonnay valent le détour. Le « Grain de sel » est travaillé en cuve pour rester sur une grande fraîcheur et exprimer des arômes d’agrumes et une grande minéralité, le nom de la cuvée étant lié à une fin de bouche légèrement iodée, voire salée. La cuvée « Altitude » est, elle, vinifiée à la bourguignonne, conservant une belle fraîcheur alliée à un gras généreux. La gamme des rouges, il y en a trois, est aussi très intéressante avec un 100% cabernet-sauvignon de grande tenue.
Domaine Grain d’Orient, rue de l’Ermitage, 66220 Caudiès-de-Fenouillèdes - Tél. : 04 68 59 80 23

Ils ont redonné vie au vin historique de Saint-Georges-d’Orques

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Laurence et François Henry ont redonné vie à un vin « historique » du Languedoc. (Photo M.E.)

Aux portes de Montpellier, Saint-Georges-d’Orques est un terroir qui, au XVIIIe siècle était réputé pour la finesse de ses vins. Thomas Jefferson, ambassadeur des États-Unis en France en fut l’un des chantres en 1787 avant de devenir le troisième président des USA. « Ce vin de Saint-Georges, dit François Henry, était aussi réputé que les grands Bourgogne. D’ailleurs il avait cette spécificité de "pinoter" un peu et développait des arômes de violette, menthol, cassis… » Et il n’invente rien, François Henry. Car, s’il est vigneron installé à Saint-Georges à la tête du domaine éponyme, il est aussi un passionné d’archéologie. Et cette histoire de vin local hissé au rang des plus grands de France par sa qualité l’intrigue. Alors, il va se plonger dans les livres, il va rencontrer les plus grands spécialistes de l’ampélographie, et, au bout de plusieurs années de recherches, il va mettre un nom sur les cépages qui étaient à la base de ce vin exceptionnel : œillade grise et noir, aspiran noir et gris, morastel à jus blanc, riberenc, terret… Et il obtient l’autorisation de l’administration de « planter en foule » sur un hectare ces cépages retrouvés, notamment, au conservatoire de Vassal, « véritable arche de Noé des cépages », confie-t-il. Pour des raisons économiques, le Languedoc avait rayé dix siècles de son histoire, moi sur un hectare, je voulais redonner vie à cette histoire ». Et depuis
1998 c’est fait. La cuvée qui en est issue s’appelle « Le Mailhol », qui, en langue d’oc, veut dire « le plantier ». Un vin friand, souple et d’une grande finesse qui est la bouteille insolite au sein d’une production plus classique et de grande tenue du Domaine Henry.
Domaine Henry, 2, avenue d’Occitanie, 34680 Saint-Georges d’Orques. Tél. : 04 67 45 57 74 - domainehenry.fr

Quand le carignan joue dans la cour des grands cépages

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Mais qui se cache derrière cette bouteille de carignan du Château de Calavon ? (Photo M.E.)

A l’instar du chardonnay, depuis quelques années, le grenache, par l’entremise de grands vignerons et d’associations actives, s’affirme comme un cépage emblématique, notamment dans le sud de la France et de l’Europe. Symposiums, dégustations, concours : il devient parfois le maître du vignoble. Alors, face à cette grenachemania, le carignan, autre cépage important du pourtour méditerranéen est passé à l’offensive. Une battle gouleyante a même mis les deux cépages au centre du ring, il y a quelques jours à Montpellier. Le carignan, cépage complémentaire pour l’appellation Coteaux d’Aix-en-Provence, se plait depuis des décennies sur les terres du château de Calavon. Et les spécimens les plus anciens ont été plantés là dans les année trente au siècle dernier. 12 hectares de vignes pour lesquels la famille Audibert a toujours été aux petits soins. Tant et si bien qu’il y a quelques temps, Michel Audibert décidait de créer une cuvée prestige avec les seuls fruits de ce cépage. Près de 3 000 flacons millésimés 2013 sont aujourd’hui disponibles à la cave. Un vin qui développe des arômes très fruités au nez, avec des nuances de prunes et qui, en bouche, est assez soyeux. Une petite pépite qui mérite d’être appréciée, d’autant plus qu’en fonction de la qualité des vendanges, ce carignan ne sera pas disponible tous les ans. Ainsi il n’y a pas de cuvée en 2014. Mais 2015 se présente plutôt bien même si Michel Audibert et son équipe n’ont pas encore pris leur décision… Croisons les doigts.
Château de Calavon, 12 avenue de Badonviller - 13410 Lambesc - Tél. : 04 42
57 15 37 - chateaudecalavon.com

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