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Villa Méditerranée : colloque Aix-Marseille et la Méditerranée, défis et coopérations scientifiques

jeudi 12 février 2015

C’est Aix-Marseille Université (AMU) qui inaugure la Villa Méditerranée sous gestion de l’Avitem avec un colloque de deux jours, les 12 et 13 février, sur le thème « Aix-Marseille et la Méditerranée : défis et coopérations scientifiques ». Une manifestation que l’Université organise en lien avec ses partenaires CNRS, Inserm, IRD, CEA, AP-HM, Centrale Marseille, et Sciences Po Aix, avec le soutien du Conseil Régional et sous l’égide de la Fondation A*MIDEX (Initiatives d’excellence Aix-Marseille). Événement d’importance qui réunit quelque 400 participants des rives Nord et Sud de la Méditerranée : enseignants-chercheurs, chercheurs et enseignants des établissements d’enseignement supérieur et de recherche du pourtour méditerranéen, représentants des partenaires politiques, institutionnels et financiers de la recherche. D’importance surtout par son ambition puisque ce colloque vise à renforcer la coopération internationale euroméditerranéenne dans les domaines de la recherche et de l’innovation en réponse aux grands enjeux du développement durable en Méditerranée, et à établir des partenariats pérennes entre Aix-Marseille et ses partenaires des rives Nord et Sud de la Méditerranée pour un avenir partagé. C’est au professeur Yvon Berland, président d’Aix-Marseille Université et Michel Vauzelle, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qu’il est revenu d’ouvrir ce colloque. Puis, le Pr. Jean-Louis Reiffers a planté le décor des enjeux, avec une conférence introductive sur le thème de « Mobiliser le capital humain sur l’innovation : une nécessité pour l’amélioration du modèle de développement en Méditerranée ».

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(Photo Philippe Maillé)
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Ouverture du colloque Aix-Marseille et la Méditerranée par Yvon Berland, Michel Vauzelle et Jean Roatta (Photo Philippe Maillé)

« La Méditerranée est notre histoire et notre avenir »

Le professeur Yvon Berland rappelle que les collaborations universitaires en Méditerranée sont déjà nombreuses et que l’AMU « revendique pleinement son identité méditerranéenne ». Évoquant : « Cette mer qui nous réunit, mère de nos cultures, c’est notre patrimoine commun. Elle propose de multiple visages et pourtant cette mer porte chacun de nous à être l’horizon de l’Autre ». Puis de se réjouir : « Avec le Mucem, la Villa Méditerranée, la France se réapproprie son ancrage méditerranéen et l’AMU s’inscrit dans ce cadre ». « Ce colloque, ajoute-t-il, s’inscrit dans la démarche 5+5 dont le site Aix-Marseille doit être un élément moteur car nous sommes un lien entre l’Europe et la Méditerranée, un "dynamiseur" de relations communes ». « Si l’ouverture internationale est une de nos priorités, notre zone privilégiée de coopération et d’échange réside dans ce bassin. La Méditerranée est notre histoire et notre avenir », indique-t-il.

« La Méditerranée est une fabrique de civilisation »

Jean Roatta, adjoint au maire de Marseille, délégué à la Coopération euroméditerranéenne de saluer Michel Vauzelle pour son engagement méditerranéen, pour la Villa Méditerranée. Considérant : « Les chercheurs, les intellectuels, sont les précurseurs d’un espace de pensée en Méditerranée. Ces réseaux scientifiques sont la face optimiste des rapports en Méditerranée alors que les réseaux djihadistes et mafieux en sont la face obscure. Des individus, par des actes barbares, dévoient l’Islam et montrent à quel point nous devons rester vigilant face à l’intégrisme ».
Dans ce contexte : « L’urgent est de rétablir la confiance entre les peuples » et d’insister sur le rôle que peut jouer le monde universitaire, « car ce réseau est pacifié, égalitaire, dégagé des passions et des tensions qui animent le monde politique ». Et de conclure en citant Paul Valéry : « La Méditerranée est une fabrique de civilisation ».

« La Villa Méditerranée se veut un lieu de résistance »

Michel Vauzelle, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, revient sur tous les thèmes qui lui tiennent à cœur, qu’il portait et portent avec encore plus de force depuis les attentats que la France a eu à connaître. « Il est malheureux qu’il ait fallu une telle tragédie pour que la Nation se réveille, le peuple descende dans la rue, les députés chantent "La Marseillaise" à l’Assemblée  ». Il invite, une nouvelle fois, « chacun à prendre ses responsabilités, à la résistance citoyenne ». Affirme : « Il faut que se développe dans cette Méditerranée un sentiment de communauté de destin ». Met en exergue l’importance de la francophonie : « Elle est porteuse de valeurs communes ». Et rappelle : « La Villa Méditerranée se veut un lieu de résistance face aux forces de la violence, au racisme, à la xénophobie ». « Il ne faut pas ignorer, ajoute-t-il, qu’il existe une dynamique en Méditerranée, avec les Printemps arabes, la Grèce, l’Espagne, elle peut être porteuse d’espoir pour peu qu’on la soutienne ».

« Il faut un nouveau contrat social à destination des jeunes de la Méditerranée »

Jean-Louis Reiffers invite le monde universitaire «  à participer au nouveau modèle de développement qui doit se mettre en place. Nous devons essayer de convaincre les pouvoirs en place d’aller en ce sens ». Il revient sur l’histoire depuis les indépendances : « Il y a eu la reconstruction dans les années 60-70, une marche en avant couronnée de succès sous des systèmes autoritaires. Puis arrive la deuxième période, dans les années 80, celle de l’ouverture au commerce international, à la liberté de circulation des capitaux  ». Une logique couronnée de succès au Brésil, en Inde, en Corée du Sud « mais c’est un ajustement extrêmement violent ». Le FMI réclame du Président Sadate qu’il supprime les subventions aux biens de consommations. « C’est la révolte et l’apparition des Frères Musulmans ». Preuve aux yeux de l’orateur que « la rationalité économique ne passe pas forcément du point de vue social ». Troisième temps, dans les années 90, l’Europe apporte son aide à la rive Sud avec des résultats très sensibles. Quatrième temps, les révolutions : « Elles surprennent tant les gens semblaient heureux. Elles arrivent pour 4 raisons : le prix du blé tendre a augmenté de 30% juste avant les révolutions et cela parce qu’il y a eu des incendies en Russie et que les marchés ont anticipé une pénurie. Deuxièmement nous étions dans des systèmes corrompus, où il n’y avait pas de liberté. Troisième raison : l’ouverture internationale, elle produit du développement en tourisme, de santé, mais, à côté elle tue des secteurs : le textile, l’habillement et le cuir, des secteurs d’activité très importants dans ce pays ». Il note d’autre part que sur la rive Sud, très peu de femmes participent à l’activité économique « toute une partie du capital humain n’est pas mobilisée pour produire ». Et, ajoute-t-il : « Nous sommes dans des pays où les jeunes au chômage sont les plus diplômés ».
Il évoque ensuite trois scenarii de sortie de crise : « La redistribution, ce qu’ont fait les pouvoirs islamistes mais au bout de 2,3 ans, la situation devenait intenable avec une augmentation du chômage et de l’inflation. Deuxième idée, revenir au système autoritaire antérieur. Puis, il y a la troisième position, celle du retour à la démocratie, comme c’est le cas en Tunisie. Il faut inventer un nouveau modèle, à la fois ouvert et intelligent. Il faut donner toutes les possibilités à la jeunesse, l’accès à tous les savoirs, donner les moyens de faire de l’innovation, c’est à dire la transformation d’idées en activités économiques. Il faut un nouveau contrat social à destination des jeunes de la Méditerranée ».
Michel CAIRE

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