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60e anniversaire des accords d’Évian. Emmanuel Macron pour un « apaisement » des mémoires sur les deux rives de la Méditerranée

dimanche 20 mars 2022

La France a commémoré ce samedi 19 mars le 60e anniversaire des accords d’Évian et du cessez-le-feu en Algérie, avec une cérémonie à l’Élysée. Depuis le début de son quinquennat, le président de la République plaide pour un « apaisement » des mémoires sur les deux rives de la Méditerranée. Il a qualifié samedi les accords d’Évian de « victoire pour certains » et de « défaite pour d’autres », qui n’ont été « ni le début de la paix, ni la fin de la guerre ».

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Intervention d’Emmanuel Macron dans le cadre du 60e anniversaire des accords d’Évian (Capture d’écran)

« Aujourd’hui, c’est une étape, c’est aussi un cheminement très imparfait, mais c’est un parcours de reconnaissance... », a déclaré le Président de la république. « J’assume mes gestes, j’assume cette main tendue, le jour viendra où l’Algérie fera ce chemin. C’est sans doute plus difficile pour le peuple et les dirigeants algériens », a-t-il ajouté avant de souligner que cet apaisement est « un parcours de reconnaissance qui consiste à mettre fin à des dénis et des silences. » Un parcours « que nous allons poursuivre », car «  il est maintenant inarrêtable » ; il est simplement « la condition pour nous tous de ne rien oublier, de ne rien nier du caractère irréductible des souffrances, des douleurs de ce qui a été vécu... ».

La reconnaissance des différentes mémoires du conflit

Depuis 2018, le chef de l’État a ainsi reconnu la responsabilité de l’armée française dans la mort du mathématicien communiste Maurice Audin et dans celle de l’avocat nationaliste Ali Boumendjel, durant la bataille d’Alger en 1957. Il a aussi reçu séparément des représentants des harkis et des pieds-noirs à l’Élysée, et qualifié d’« impardonnable pour la République  » la tuerie de la rue d’Isly à Alger, qui a eu lieu le 26 mars 1962. Il est également revenu sur l’ensemble des gestes mémoriels qu’il a engagé depuis le début de son mandat en faveur de la reconnaissance des différentes mémoires du conflit, notamment sur les recommandations émises par le rapport de l’historien Benjamin Stora, spécialiste de la colonisation et de la guerre d’Algérie.

Alger n’a pas donné suite à ce travail de mémoire

Plusieurs initiatives ont été lancées sur la base du travail de Benjamin Stora rendu en 2021, a rappelé Emmanuel Macron. Dernière en date, l’ouverture des archives relatives aux affaires judiciaires et aux enquêtes de police dans l’Algérie en guerre contre la colonisation « pour faciliter la recherche historique ».

« J’espère que ce travail pourra être continué par l’Algérie », souhaite Emmanuel Macron qui a aussi insisté sur le « travail de vérité » concernant l’Histoire. « Nous ne pouvons prendre le risque de laisser l’Histoire être falsifiée », rappelant que « la guerre en Ukraine est basée sur une construction et une falsification de l’histoire contemporaine de la région ». Mais Alger, qui réclame des excuses officielles de la France pour la colonisation, n’a pas donné suite à ce travail de mémoire. « C’est une main qui est tendue et qui restera tendue », a toutefois souligné l’Élysée.
Patricia MAILLÉ-CAIRE

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Messages

  • Prononcé devant un parterre de 200 personnes réunissant la diversité des mémoires ?? de la colonisation et de la guerre d’Algérie - appelés, combattants indépendantistes, harkis ou encore rapatriés - le discours d’Emmanuel Macron prononcé samedi à l’Elysée est venu clore toute une série d’initiatives prises depuis le début de son quinquennat pour tenter de « construire une mémoire commune et apaisée » comme le souhaite l’Elysée
    Mais ce n’est pas encore "demain", que la mémoire commune et apaisée de la guerre d’Algérie sera construite si on oubli la période transitoire du 19 mars a l’indépendance de l’Algérie ou des lois, des décrets ont été créés et appliqués sur le territoire de l’Algérie.
    Décret du 19 Mars 1962 Organisation des pouvoirs publics en Algérie (Force locale) article 19 et article 21 Titre IV journal officiel du 20 Mars 1962
    Accords d’EVIAN du 18 Mars 1962
    Décret N° 62-306 du 19 mars 1962 portant organisation provisoire des pouvoirs publics en Algérie
    TITRE IV De la force de l’ordre.
    Art. 19. — Il est créé une force de l’ordre propre à l’Algérie. Cette force de l’ordre est placée sous l’autorité de l’exécutif provisoire, qui décide des conditions de son emploi.
    Art. 20. — La forcé de l’ordre aura un effectif global de 60.000 hommes. Son effectif initial sera de 40.000 hommes. Il comprendra :
    Les auxiliaires de la gendarmerie et les groupes mobiles de sécurité actuellement existants ; Des unités constituées par les appelés d’Algérie et, éven­tuellement, par des cadres pris dans les disponibles. L’exécutif provisoire a le pouvoir de compléter la force de l’ordre par rappel de réserves instruites.

    .Art. 21. — Le directeur de la force de l’ordre est nommé par décret en accord avec l’exécutif provisoire

    Composition de l’Exécutif provisoire Algérien
    Président : Abderrahmane Farès, notaire.
    Vice-président : Roger Roth, avoué.
    Délégué aux affaires Générales : Chawki Mostefai, docteur en ophtalmologie, représentant le GPRA.
    Délégué aux affaires économiques : Belaid Abdesslam, étudiant, représentant le GPRA.
    Délégué à l’agriculture : M’hamed Cheikh, agriculteur et éleveur.
    Délégué aux affaires financières : Jean Mannoni, docteur en médecine.
    Délégué aux affaires administratives : Abderrazak Chentouf, avocat représentant le GPRA.
    Délégué à l’ordre public : Abdelkader El Hassar, avocat. (force locale)
    Délégué aux affaires sociales Hamidou Boumediène, docteur en radiologie représentant le GPRA.
    Délégué aux travaux publics : Charles Koenig, professeur de CEG.
    Délégué aux affaires culturelles : El Hadj Bayoud Brahim, chef religieux du Mzab.
    Délégué aux postes : Mohammed Benteftifa, pharmacien, représentant du GPRA

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