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Agroalimentaire en Paca : l’avenir s’inscrit dans la qualité et l’innovation

dimanche 29 mai 2016

Incontestablement le dossier relatif à « Agroalimentaire : entre savoir-faire et innovation, une vitrine de l’art de vivre du territoire ? » a été le temps fort de la présentation du tableau de bord de la compétitivité de la métropole Aix-Marseille-Provence. Il a été d’autant plus que Serge Hincker, le président de la FRIAA (Fédération Régionale des Industries Agro-Alimentaires), Pascal Cheylan, Château Virant et Michel Bohé, la Cigale Doré, ont su défendre avec passion leur secteur, leur profession, leur production.

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Michel Bohé, Serge Hincker, Sébastien Didier, Eric Ammar et Pascal Cheylan ont dessiné les contours de l’agro-alimentaire en Paca (Photo Robert Poulain)

Serge Hincker brosse le tableau de l’agroalimentaire : « Un poids lourd de l’économie, c’est un secteur qui bouge, innove, se développe. Nous sommes le premier secteur national avec 450 000 salariés, 16 000 entreprises. En Paca le secteur compte 1 000 entreprises pour 7,7 milliards de chiffre d’affaires dont 1,6 milliard à l’export. L’agro-alimentaire dans la région c’est 350 entreprises, 37 000 emplois directs, sachant qu’un emploi, dans notre branche, crée 2,5 emplois. Nous avons des grands noms : Ricard, Haribo, Panzani mais notre tissu est composé à 68% par des petites entreprises, de moins de 20 salariés. Nous nous situons en amont de l’agriculture et en aval de la distribution ».

« L’objectif que nous fixe les consommateurs a changé en 20 ans »

« L’objectif que nous fixe les consommateurs a changé en 20 ans, précise-t-il.A l’époque il s’agissait de répondre au boum démographique en proposant des produits faciles, rapides à préparer et la filière a relevé le défi. Aujourd’hui, on nous demande de la qualité, de la fraîcheur, du goût, une origine garantie, une alimentation sûre et saine au juste prix et nous nous adaptons là encore ». Pour lui, la profession doit répondre à cinq enjeux majeurs. « Il faut premièrement améliorer la compétitivité de nos entreprises, pour cela une réponse est la mutualisation des moyens en matière de logistique mais aussi de compétences. Ensuite, il faut s’inscrire dans le développement durable à travers l’innovation, le bio... Il faut, troisièmement, développer l’emploi et la formation ». Stimuler la vente est le quatrième point et « cela, passe par le développement des marchés internationaux, être présents sur les salons et faire venir les acheteurs étrangers. Enfin, nous devons créer une bannière collective multi-sectorielle, toutes les régions en ont, sauf nous ».

La cigale peut travailler plus qu’une fourmi, et connaître un succès appelé à aller bien au-delà d’un été

Michel Bohé raconte avec passion sa lutte à la tête de la Cigale Dorée qu’il dirige depuis 2004. Une société qui a vu le jour en 1964 et qui a su s’adapter à l’évolution du marché, en sachant prendre des risques, en ciblant la qualité sur un nouveau secteur. « Nous étions auparavant spécialisés dans la fabrication de babas, de savarins et autres coques de macarons prêts-à-garnir à destination des professionnels mais la demande se réduit, tout comme les marges, nous devions changer car, rien n’était perdu ». « D’autant que, poursuit-il, nous avons une équipe jeune, 28 ans de moyenne d’âge, un outil de production, un savoir-faire. Nous avons donc cherché un relais de développement et l’idée est venue de créer un gâteau en forme de cigale, symbole de Provence s’il en est. Le dessin est l’œuvre d’Antoine Pateau, un jeune designer de 25 ans. Nous avons voulu, un produit de qualité, ainsi nous utilisons un blé de Provence bio, des arômes et des colorants naturels. Nos cigales sont sans conservateurs, sans OGM. Nous proposons des parfums aux saveurs de la Région : Citron/anis, lavande, fleur d’oranger, abricot/romarin, amande, figue, caramel/fleur de sel de Camargue et, bientôt, nous allons proposer une version salée ». « Pour en arriver là, dévoile-t-il, nous sommes passés de 20 à 23 personnes, nous avons investi 180 000 euros et recruté une commerciale ». Michel Bohé avoue : « Dans cette aventure j’ai dû me faire violence. Dans une petite entreprise tout le monde est d’accord avec le patron et on peut aller de cette manière dans le mur. Je suis allé voir des conseillers que j’ai payés pour me dire non. Et c’est de cette façon que nous avons pu lancer ce produit. Nous espérons 250 référencements l’an prochain et un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros ». Sont ciblées les boutiques, les grandes et moyennes surfaces, l’hôtellerie restauration avec des conditionnements adaptés à chaque cible. Comme quoi la cigale peut travailler plus qu’une fourmi, et connaître un succès appelé à aller bien au-delà d’un été. C’est la fourmi qui va rester baba.

« Nous vendons un art de vivre »

Pascal Cheylan travaille pour sa part dans une entreprise familiale solidement établie : le Château Virant qui produit vin et huile d’olive. La société ne s’endort pas pour autant sur ses lauriers, elle cherche toujours à conquérir de nouvelles parts de marché, à s’adapter au monde, à accueillir dans les meilleures conditions le touriste. Pascal Cheylan raconte l’acquisition de cette propriété par ses parents en 1974, les travaux, la création de Château Virant en 1987 à la suite de la sortie de la coopérative. Il parle des 210 hectares viticoles, des 35 d’olivier. « 85% du vin est commercialisé dans le département avec la volonté d’être extrêmement réactif, lorsque nous avons une commande de restaurants, hôtels, commerces, la livraison est faite dès le lendemain ». Et une nouvelle propriété a été achetée : « Pour renforcer notre offre en rosé car nous étions en rupture dès juillet. Nous produisons 14 000 hectolitres de vin, dont 2 500 avec le nouveau domaine et, d’autre part 250 tonnes d’huile d’olive, sachant que notre moulin est ouvert aux particuliers ». Tout est fait pour accueillir au mieux le visiteur, ainsi, trois types de visites sont proposées : libre, guidée et le séminaire sur l’huile d’olive. « Nous vendons un art de vivre et, pour aller plus loin dans ce sens, nous avons pour objectif d’ouvrir un musée sur le vin et l’huile ». Surtout, un travail est effectué sur le vin : « Nous réfléchissons au bio et, déjà, nous sommes passés à l’agriculture raisonnée, lorsque nous devons utiliser des produits c’est au gramme près que nous le faisons ».
Michel CAIRE

Carnet de bord de la compétitivité métropolitaine


Eric Ammar, vice-président de la CCI Marseille-Provence et Sébastien Didier, vice-président de l’UPE 13, ont commenté les indicateurs économiques et les tendances sectorielles du territoire. Le tableau de bord met en exergue un premier trimestre de l’année 2016 décevant : « Seules 17% des entreprises annoncent une progression de leur activité, contre 29% un recul ». Il est toutefois immédiatement précisé : « Les indicateurs portant sur le deuxième trimestre sont de bien meilleur augure. En effet, 19% des entreprises interrogées anticipent une hausse de leur chiffre d’affaires (contre 15% une baisse). Dans cet avenir proche, les secteurs les plus prometteurs sont les hôtels-cafés-restaurants, le commerce de gros et l’industrie. On notera également une amélioration dans la construction, le solde d’opinion concernant le chiffre d’affaires futur s’approchant de l’équilibre ».
Outre le chiffre d’affaires, la majorité des soldes d’opinions sur les indicateurs anticipés (investissements, carnets de commande) sont positifs. « Les prévisions d’emploi sont elles aussi à la hausse (11% anticipent une progression, contre 6% une baisse). Cela va dans le sens de l’amélioration, mesurée, observée sur le marché du travail où l’on note un recul du nombre de demandeurs d’emplois (-1,7% sur un trimestre pour les catégories A). A une exception toutefois, la trésorerie, dont le solde reste négatif. En effet, les entreprises restent pénalisées par plusieurs années de crises. Concernant les préoccupations des chefs d’entreprises, l’aspect sécuritaire, lié aux récents attentats, reste largement au premier plan ».

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