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Aix-en-Provence. Voeux de Sophie Joissains : ’Anticiper, préserver et unir’

lundi 23 janvier 2023

Hommage à Maryse Joissains, critique sans concession de la métropole Aix-Marseille-Provence et mise en avant des réalisations et projets aixois ont marqué l’intervention de Sophie Joissains, maire d’Aix-en-Provence, dans un Grand Théâtre de Provence comble.

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Sophie Joissains, maire d’Aix-en-Provence (Photo DR)

Pour ses premiers vœux aux Aixoises et aux Aixois Sophie Joissains a, en premier lieu, rendu hommage à Maryse Joissains qui, frappée par un AVC en décembre 2020, est devenue quasi aveugle pendant deux ans, puis a de nouveau été frappée par la maladie. « Elle se bat aujourd’hui pour récupérer la totalité de sa vision », dévoile Sophie Joissains qui rappelle : « 20 ans durant, elle a travaillé 12 heures par jour au service de la ville et du territoire. Son engagement était total, elle a transcendé la ville dans tous les domaines et donné vie au territoire en structurant les transports, la propreté, les déchets, le sport et la culture. Tout ce travail a été fait sans dette et sans augmentation d’impôts ».

Sophie Joissains rappelle encore : « Si je dois résumer en trois verbes notre action pour Aix et ses habitants, je dirai que nous voulons anticiper, préserver, unir. Quant à notre ambition en trois mots, elle se décline ainsi : innovation, proximité, partage ». Alors, la ville s’apprête, même si le développement économique n’est plus dans ses compétences, à créer avec l’appui de l’État « une énergie valley peuplée d’entreprises innovantes », « une technologie valley avec des entreprises à la pointe du numérique », sans oublier le prometteur thecamp, ni le pôle de l’Arbois qui, « l’an dernier a reçu 5 Awards au CES de Las Vegas pour récompenser ses start-up en matière d’énergie verte ».

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Sophie Joissains entourée de Renaud Muselier et de Gérard Bramoullé ©DR

En matière de lutte contre le changement climatique, la maire d’Aix-en-Provence affiche son ambition. Elle rappelle :« Nous disposons d’un allié précieux qui est la Région Sud-Provence Alpes Côte d’Azur et son Président Renaud Muselier », qui était présent. Elle annonce : « La Région, avec l’Europe, va contribuer à la rénovation thermique de nos bâtiments, à la réhabilitation urbaine, aux aménagements des modes de déplacements doux, à la sobriété énergétique, mais aussi et toujours aux politiques culturelles et sportives menées par la municipalité ».

La métropole : « Un échec financier, un échec en termes d’intelligence collective »

Elle revient sur la Covid pour parler des communes. « Elles ont été en première ligne. Plus ancienne unité territoriale de France, la commune est le lieu de tous les échanges, de toutes les initiatives locales. Elle est, de fait, la cellule de base de la démocratie ». Une définition qui lui permet d’en venir à la métropole Aix-Marseille Provence. Sophie Joissains assène : « Elle n’apparaît pas comme une solution. De façon unanime, elle est un échec. Un échec financier, un échec en termes d’intelligence collective. Conçue pour tuer les communes, et s’y substituer peu à peu, la métropole intégrée AMP laisse sans recours et isole les habitants, appauvrit notre territoire ».

« 92 euros de plus »

Dans ce cadre Sophie Joissains dénonce : « Alors que la hausse des prix de l’alimentation ou de l’énergie rendent les fins de mois de plus en plus difficiles, que fait la Métropole ? Elle s’apprête à augmenter les impôts pour faire face à une dette abyssale de plus de 3 milliards d’euros. En septembre, avec la hausse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, vous lui verserez, en moyenne 92 euros de plus ». Elle signale également que la taxe sur les résidences secondaires va augmenter de 6 %, la cotisation foncière des entreprises va aussi grimper de 6 %. Elle déplore également : « Le pacte financier et fiscal qui a été voté ne comporte aucune incitation à la production de richesse. Nous assistons là à l’inversion totale de la théorie du ruissellement ».

« Au niveau de notre Ville, poursuit Sophie Joissains,« la Métropole c’est la première grève que l’on ait connu des ordures ménagères… sachez que la disparition de leur collecte le dimanche sur notre ville, a fait parti des hypothèses de travail… Les piscines ont été fermées en été parce que la Métropole, malgré ses promesses, n’a pu embaucher de saisonniers ».

« La qualité du service public est compromise »

Elle en vient aux parkings en insistant sur le fait que la loi 3DS a prévu la possibilité que certains parkings puissent être métropolitains et d’autres communaux. La ville d’Aix-en-Provence n’a pas contesté le fait que les parkings dits relais soient métropolitains. En revanche, elle a demandé à ce que ceux du centre ville soient d’intérêt communal. Sophie Joissains précise : « La ville d’Aix-en-Provence pratique une politique tarifaire très avantageuse pour les habitants et nos parkings sont bénéficiaires. Quel intérêt pour la métropole, d’en prendre la maîtrise, si ce n’est pour se renflouer financièrement ». Et d’affirmer craindre le pire pour l’avenir tant sur le plan tarifaire que celui de l’entretien. « C’est ici la qualité du service public qui est compromise, et la considération due à nos habitants », insiste-t-elle.

Le BHNS de la discorde

Un autre dossier alimente la polémique entre Aix-en-Provence et la Métropole, celui du BHNS. « nous avons besoin du BHNS pour désengorger la D9, et assurer un accès fluide aux 40 000 salariés des Milles et de la Duranne », explique Sophie Joissains qui ajoute que « la ville et l’ensemble du monde économique réclament la création de cette ligne auprès de la métropole. Il y a urgence à agir. Il s’agit d’un projet évalué à 75 millions d’euros ; la métropole en perçoit plus de 175 par an des entreprises aixoises par le biais du versement mobilité. A ce jour, elle nous propose un autre projet, qui en regard, est sans intérêt particulier, à 17 millions. Nous sommes pourtant le poumon économique de l’aire métropolitaine, avec 30 % de ses emplois ».

« Les limites du cumul des fonctions entre la présidence du département et celle de la métropole »

Alors, pour Sophie Joissains : « Nous voyons les limites du cumul des fonctions entre la présidence du département 13 et celle de la métropole. On ne peut nier que nombre de maires ont besoin des financements du département et qu’il ne peut être que difficile pour eux de prendre position contre les délibérations métropolitaines ». Et de préciser : « Notre vision de la métropole est celle d’une métropole décentralisée, solidaire, et créatrice de richesses ». Avant d’affirmer : « Nous aurions pu éviter d’augmenter les impôts, nous aurions pu éviter d’avoir une métropole en quasi dépôt de bilan ». Face à cela l’édile aixoise met en exergue la proximité, la concertation : « La concertation est aujourd’hui entrée dans l’organisation de nos prises de décisions. Nous avons lancé les conseils de quartier et voté la création du Conseil consultatif civil et citoyen, le "4C", à l’image de celui du Pays d’Aix. La concertation est un marqueur de notre mandat ».

« Bien vivre à l’école »

Sophie Joissains déclare : « Je me bats et me battrai pour qu’Aix-en-Provence demeure une ville douce et forte, qui garantisse la qualité de vie louée par tant d’enquêtes d’opinion, qui au fil du temps, raconte l’exception aixoise. Une exception que j’entends pérenniser et défendre en aménageant la ville de manière maîtrisée ».

Dans les écoles le plan « bien vivre à l’école » est lancé. Il se caractérise par la végétalisation des cours d’école et la mise en place d’îlots de fraîcheur. 41 écoles seront végétalisée à la rentrée de septembre. Par ailleurs dès cette année, un plan d’isolation thermique des 76 bâtiments scolaires est mis en place, il devrait être terminé d’ici 3 ou 4 ans. Le plan « bien vivre à l’école », tient à préciser la maire d’Aix-en-Provence « c’est aussi la non-augmentation du tarif des cantines, malgré la hausse du coût des matières premières, et l’accroissement des circuits courts ».

Première édition de la Biennale d’art et de culture

La culture reste un des fleurons de la Ville. « Nous avons voulu enrichir la vie culturelle de notre ville en lançant la première édition de la Biennale d’art et de culture », raconte Sophie Joissains. « Nous en sommes à "la cinquième saison". Au moment où elle a été imaginée, les acteurs culturels n’avaient plus d’outil de travail, plus de public… La Ville a continué à leur verser des subventions pour ne pas qu’ils meurent, et c’est ensemble que nous avons co-construit ce projet, qui était à ce moment précis, un cri de survie ». 80 acteurs culturels ont ainsi été programmés avec la ville, 250 projets artistiques dans toutes les thématiques ont été proposés et transformés Aix-en-Provence en scène de spectacle à ciel ouvert. La ville a accueilli 300 000 spectateurs et visiteurs ; 35 000 en une seule soirée.

Ensuite, les travaux de restauration du Domaine du Jas-de-Bouffan ont démarré ; en 2025, le parc et la bastide de Cézanne seront totalement réhabilités ; un parcours cézannien allant jusqu’à l’atelier du peintre et aux carrières de Bibemus, s’offrira de manière pérenne aux visiteurs. « Une très belle exposition Cézanne aura lieu à cette occasion ». La Bibliothèque Méjanes débute des travaux d’envergure qui se termineront en 2026.

Plaine sportive Carcassonne

A la veille de deux événements sportifs majeurs, la Coupe du monde de rugby en 2023 et les JO en 2024, la ville d’Aix-en-Provence a lancé « la création, en centre-ville, de la plaine sportive Carcassonne en vue de l’accueil de l’équipe de France de rugby et dans la perspective d’en faire un centre de préparation à l’occasion des JO 2024 ». Ce projet, d’un coût prévisionnel de 15 millions d’euros, prévoit la réalisation d’une immense plaine en accès libre permettant des pratiques aussi diversifiées que le basket, le football, le handball, le volleyball, le tennis, ou l’athlétisme. Le stade d’honneur va être rénové et une immense piste de skate créée. « Cette plaine des sports sera végétalisée, déminéralisée, ombragée, et se voudra un lieu de convivialité, inter-générationnel, multi-pratiques, complémentaire du parc et de la promenade de la Torse, espace de verdure de 8 hectares situé en bordure de ce complexe sportif » .

« Nous continuerons à structurer la ville »

« Nous continuerons à structurer la ville », annonce Sophie Joissains. Elle signale dans ce cadre : « Aix-en-Provence a préservé ses 70% d’espaces naturels dans le PLU Labellisé Grenelle de 2015. Nous voulons conserver ce rapport bâti-non bâti et préserver ce qui fait notre cadre de vie. Un urbanisme maîtrisé. Une charte du bien construire a été votée. »

La Ville entend, indique l’édile, « faire diminuer la pression foncière, qui fait monter le prix des loyers, en augmentant le nombre des logements intermédiaires en accession à la propriété. » Elle annonce : « Je présenterai bientôt au vote du conseil municipal un beau projet, le schéma directeur de la réhabilitation de la ville ancienne ». Elle cite notamment, le projet du quartier du Faubourg « qui va entrer dans une phase concrète » et la rénovation urbaine d’Encagnane « qui va devenir une réalité ». Sophie joissains annonce également « le déploiement de la vidéoprotection se poursuit à raison de 25 caméras par an, ainsi que le renforcement important des effectifs de la police municipale, environ 10 agents de plus recrutés par an. »

En ce qui concerne les chantiers du patrimoine, elle assure qu’ « ils se poursuivent avec le lancement de la rénovation de la place d’Albertas. »

Si les rapports sont tendus avec la métropole Sophie Joissains exprime sa satisfaction devant le travail accompli avec l’État. Elle attend que ce dernier intervienne aussi pour l’hôpital. « Il doit demeurer une priorité et la ville souhaite souscrire un emprunt afin de contribuer à restructurer le centre hospitalier intercommunal d’Aix-Pertuis, plus précisément, les urgences adultes et pédiatriques. Et pour ce faire, nous aurons besoin de la garantie de l’État ».
Michel CAIRE

« L’occident se croyait invulnérable »

Sophie Joissains devait également évoquer le contexte national et international. Elle note ainsi qu’avec la Covid « les mentalités ont changé, les prises de conscience, l’attachement au quotidien, à la nature, aux valeurs essentielles ont pris une vigueur nouvelle ». Puis évoque la guerre en Ukraine, un monde en transition alors que « dans son impensé, l’occident se croyait invulnérable, à l’abri des guerres et des pandémies, dans un univers de prospérité et d’insouciance que rien ne pouvait altérer. Nous avions oublié l’impermanence inhérente à toute chose ». Pour elle : « L’autonomie de la France n’est plus la même… Les coûts de l’énergie s’envolent, la réindustrialisation du pays est à ce jour inexistante ainsi que le service public à la française -issue de la sagesse et de l’expérience de l’après-guerre, envié par tous les pays du monde- qui n’a pas été respecté comme… la res publica, le bien commun précieux qu’il est. Son immense fragilité est aujourd’hui visible ». De considérer, dans cette période difficile : Il nous faut redonner un cap, de la visibilité, serrer les dents, reconstruire ce qui doit l’être et avancer plus que jamais. Elle met en garde : « Attention aux Cassandres. La peur nourrit les ressentiments, l’isolement, et fait le lit de la haine. On ne joue pas impunément avec elle. Tout renoncement est un pas vers le totalitarisme… ».
M.C

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