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Algérie : 45 ans après la nationalisation des hydrocarbures...

vendredi 26 février 2016

Le 24 février, 2016 représentait le 45e anniversaire de la nationalisation algérienne des hydrocarbures. Le contexte actuel n’incite guère aux réjouissances en dépit du poids que représente ce secteur dans l’économie du pays et même dans sa stabilité politique. Même si le secteur aux mains de la société nationale Sonatrach, représente 45% du PIB du pays et 98% de ses exportations. Créée en 1963, Sonatrach est toujours présentée comme la première entreprise du continent africain et 12ème entreprise pétrolière mondiale, le 2e exportateur de GNL et de GPL et le 3e exportateur de gaz naturel. Et le groupe Sonatrach emploie quelque 125 000 personnes.

La situation du secteur des hydrocarbures n’incite guère aux réjouissances : avec un prix du pétrole divisé par deux depuis 2014, et peu de perspectives à court terme de le voir remonter de manière significative ; une baisse de la production des hydrocarbures, entamée en 2007, due à l’épuisement progressif de certains gisements parmi les plus anciens : pour le gaz, principale ressource du pays, la production est passée de 90 milliards de m3 en 2014 à 82 milliards en 2015 ; une hausse rapide de la consommation intérieure (+ 15% en 2015) qui réduit les volumes disponibles pour l’exportation. L’ensemble de ces facteurs ont pesé sur les recettes d’exportation des hydrocarbures : elles ont baissé de 41% en 2015, à $ 37,5 milliards.

Autre souci, l’ouverture de la période de révision des contrats à long terme de vente de gaz naturel indexés sur le prix du pétrole avec un décalage de trois à six mois ; les clients demandent une baisse du prix de vente, et des conditions globales en ligne avec la concurrence et avec les marchés spot.

Pour redresser la situation, il faut investir, ce que la situation financière actuelle rend plus difficile. Plusieurs pistes ont été définies sur la période 2016-2019, visant à retrouver le niveau de production de 2007 : l’amélioration des taux de récupération des gisements de Hassi R’mel (gaz) et Hassi Messaoud pétrole) ; l’accélération de la mise en exploitation des gisements en cours de développement de Ahnet-Tidikelt, de Tinhert, de Timimoun et de Reggane ; l’intensification de “l’effort de forage” autour de deux axes : l’appréciation et l’évaluation des découvertes déjà réalisées et la prospection de nouvelles zones moins connues. Sera-ce suffisant pour retrouver le niveau de 2007 ? L’augmentation de la demande intérieure limitera de toute façon les quantités exportées par rapport à 2007.

En revanche, l’Algérie a décidé de surseoir au développement des ressources non conventionnelles d’hydrocarbures dont elle détient les troisièmes réserves mondiales. Ses finances actuelles ne lui permettent pas, d’autant que le pays peine toujours à attirer les investisseurs étrangers. Mais une remontée future du prix du pétrole et la poussée de la demande intérieure pourrait conduire à une révision de la stratégie.

Energymed

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