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Arles. La Tour Luma, un phare culturel international

lundi 28 juin 2021

« Je suis fatiguée, mais heureuse d’être arrivée à cette journée !  » Aux côtés de Frank Gehry, qui en signe l’audacieuse et lumineuse architecture, Maja Hoffmann ne cachait pas sa satisfaction, ce vendredi 25 juin, en milieu de matinée, d’ouvrir enfin largement au public les portes de la Tour de sa fondation Luma édifiée aux portes de l’Arles antique. Un lieu culturel unique qui, au-delà du temps et des codes, propulse la capitale de la Camargue au rang de ville phare pour l’art contemporain dans le monde.

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La tour Luma vue du Parc ©Michel Egéa

En 1984, les ateliers d’Arles de la SNCF fermaient définitivement leurs portes devenant une friche au cœur de la ville avec une végétation envahissante et des bâtiments qui se dégradent. Jusqu’en 2007, des parties de cette friche sont réhabilitées et la grande halle, rénovée par la Région, est inaugurée. 2007, c’est aussi l’année où, en novembre, Maja Hoffmann et Franck Gehry lèvent le voile, à New-York, sur un projet de nouveau centre culturel pour le XXIe siècle. L’année suivante, la Fondation Luma cosigne avec la ville d’Arles, la région sud et les rencontres d’Arles un protocole d’accord pour le développement du nouveau projet du Parc des Ateliers ; le chantier sera officiellement lancé en 2014. Au fil des ans les bâtiments seront réhabilités, la tour s’élèvera progressivement dans le ciel provençal et le parc sera planté d’essences diverses et verra un plan d’eau s’y installer. Des transformations auxquelles les visiteurs ont pu assister, la volonté de Maja Hoffmann étant de laisser l’endroit accessible autant que faire se pouvait.

Un hommage à l’architecture romaine

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Maja Hoffmann et Franck Gehry © Michel Egéa

Vendredi 25 juin, les plâtres n’étaient pas encore tous essuyés, mais il y a avait des invités venus du monde entier pour découvrir la tour et célébrer l’ouverture totale du campus créatif Luma Arles. L’occasion pour Frank Gehry de présenter son œuvre et sa genèse. « Étudiant à Paris, j’ai travaillé avec passion sur l’architecture romaine. J’adorais venir à Arles à cette époque ; j’adore la lumière d’ici. Lorsque le projet de la tour est né, j’ai voulu rendre hommage à cette architecture romaine et magnifier la lumière par sa réflexion sur les panneaux métalliques. Chaque minute, ou presque, la tour offre un visage différent. J’ai tenu à ce qu’une certaine douceur se dégage de cet ensemble. » Un peu plus tard, Frank Gehry parlait de sa collaboration avec Maja Hoffmann : « Réaliser cet édifice fut un parcours souvent enthousiasmant et parfois difficile. Maja s’est révélée être un artiste remarquable à cette occasion. Elle a suivi tous les détails et m’a maintenu sous pression. Aujourd’hui je suis fier de ce que nous avons fait ensemble… »

Un fascinant lieu de vie et de réflexion

On a parfois entendu, ou lu, que ce projet était démesuré par rapport à sa ville d’implantation. Des propos balayés rapidement par la mécène : « Tous ceux qui le désirent pourront fréquenter ce lieu ; et les Arlésiens auront le même niveau d’accès que les autres ; ils vont devoir se familiariser avec cet archipel où tout est possible. Depuis le haut de la tour, on peut voir la mer. Luma, c’est comme un phare. »

Un phare dont il est impossible de décrire par le détail l’intérieur et l’extérieur. Depuis des murs de cristaux de sel, jusqu’à la pierre blonde des carrières proches des Baux-de-Provence, depuis ce fascinant double toboggan « Isometric Slides », une installation de Carsten Höller qui peut être utilisé par le public, jusqu’à cet escalier monumental à double révolution qui se poursuit avec « Take your Time », un grand miroir circulaire fixé de biais au plafond et qui tourne lentement sur son axe, tout est découverte passionnante. Puis, il y a les expositions permanentes et temporaires issues des collections de la fondation Emanuel Hoffmann et de celles de Maja Hoffmann et bien d’autres encore.

Sans perdre de vue que LUMA c’est aussi un lieu de vie, d’accueil de résidences d’artistes, de réflexions autour de l’art contemporain, de la société, de l’environnement ; la liste n’étant pas exhaustive. « La culture et la création contemporaine, écrit Maja Hoffmann, sont les aiguilles sensibles qui perçoivent les changements, les tressaillements, les mouvements infra minces de notre époque, de nos sociétés et du monde, avant même que les idées ne s’ordonnent, que les mots ne parviennent à les formuler. L’art est le vecteur par lequel ces ondes, captées et interprétées par les artistes, s’expriment.  »
Michel EGEA

Pratique. Ouvert tous les jours de 10 heures à 19h30 jusqu’au 26 septembre ; Luma Arles, Parc des Ateliers, 35 avenue Victor Hugo, 13200 Arles. Accès libre sur réservation : luma.org/arles

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