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Carte postale de Lisbonne : Le PSG qatari sur les terres de l’humilité…

mercredi 12 août 2020

L’arrogance financière du club de la capitale entendra se faire oublier, à partir de ce mercredi 12 août au soir, dans le cadre d’un tournoi final à 8 équipes pour désigner le vainqueur de la Ligue des Champions 2020. Il se jouera dans un pays à l’opposé de l’image précisément dégagée par l’équipe parisienne, bâtie, depuis bientôt dix ans, à coup de centaines de millions d’euros dépensés par ses propriétaires de l’Émirat du Moyen-Orient. Car Lisbonne et le Portugal continuent à rester des modèles de bienveillance et de simplicité sur la grande scène européenne. Description de l’ambiance lisboète qui régnait sur place, début juillet.

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Le célèbre monastère des Hiéronymites - Mosteiro dos Jerónimos - dans le quartier de Bélem, l’un des sites les plus fréquentés de Lisbonne, ici le 4 juillet dernier, déserté les habituels touristes et citoyens lisboètes. (Photo Bruno Angelica)

Le gratin du football européen se retrouve ainsi dans la capitale portugaise pour débuter un « Final 8  » inédit et atypique car jamais organisé, jusque-là, dans le cadre de cette compétition. La crise du coronavirus explique le choix d’avoir désigné les deux stades lisboètes -de La Luz, aux couleurs rouge et blanche (fief du Benfica) et José Alvalade, aux couleurs verte et blanche (fief du Sporting Portugal), séparés seulement de quelques kilomètres, à l’Ouest de la ville, sur la grande route menant à l’aéroport- en raison des faibles cas de malades du Covid-19 connus au Portugal durant les premières semaines de la contagion. Dans un premier temps, alors que les décès s’accumulaient dans plusieurs grands pays européens : Italie, Espagne, France, Angleterre… les Portugais avaient été épargnés. D’où la décision de l’UEFA, l’instance gouvernante du foot européen, de serrer le jeu en ciblant l’une des zones les moins sensibles de la pandémie pour regrouper les stars du ballon rond afin d’impulser un dénouement à sa compétition phare.

Le premier des quarts de finale, PSG-Atalanta de Bergame, ce mercredi 12 août (21 heures), et toutes les autres rencontres jusqu’à la finale du 23 août se joueront dans des enceintes à huis clos et sur un match sec, au lieu des traditionnelles manches aller et retour sur les terrains respectifs des équipes tirées au sort. Un format plus court et allégé qui ressemblera à celui d’un Mondial ou d’un Euro estival, et qui pourrait, pour des équipes de club, avantager, cette fois-ci, des plus petits. Les Bergamasques (Bergamaschi en italien) rêveront aussi à l’exploit face à l’ogre qatari du PSG, dont l’arrogance financière entendra enfin dominer le Vieux continent du foot, dans une ville et un pays regroupant un grand collectif d’habitants respectueux et bienveillants dans leur vie quotidienne.

Une tranquillité assurément unique dans une « vie touristique », qui berçait un peu plus Lisbonne dans sa « saudade »

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Les grandes avenues et rues sans touristes ni même Lisboètes de la capitale portugaise, début juillet (Photo Bruno Angelica)
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Avec ses tentes bleues, la fameuse boutique de la " Fábrica dos pastéis de Belém ", la pâtisserie la plus courue de Lisbonne, dans le quartier de Belém, fondée en 1837, dont la spécialité est le " pastel de nata ", où attendent habituellement durant l’été une bonne centaine de personnes devant l’entrée avant de pouvoir être servis à l’intérieur (Photo Bruno Angelica)

Début juillet, les grandes rues et avenues de la « ville monde » qui s’étale en hauteur sur ses sept collines étaient quasi désertes. Les plus grands monuments, comme le Monastère des Hiéronymites - Mosteiro dos Jerónimos - dans le quartier de Bélem, ou le Château Saint-Georges - Castelo de São Jorge - qui domine, plus à l’Est, toute la ville, du sommet de la colline la plus élevée du centre historique, pouvaient se visiter sans croiser, pendant une bonne heure, pas plus d’une quinzaine de personnes. Une tranquillité assurément unique dans une « vie touristique », qui berçait un peu plus Lisbonne dans sa « saudade ». Depuis les dernières semaines et le début de l’été, les rassemblements de plus de dix personnes dans la capitale sont interdits, alors que la limite est fixée à 20 personnes sur le reste du territoire. Tous les commerces et cafés doivent fermer dès 20 heures. Seuls les restaurants lisboètes sont autorisés à rester ouverts, jusqu’à minuit. Pour faire respecter les règles, de nombreux policiers circulent toute la journée et surtout toute la soirée dans les rues le plus souvent pavées de la ville. Avec des habitants obligés, là encore, d’être respectueux de l’autorité publique, faute de recevoir sur le champ réprimandes ou amendes (jusqu’à 350 €). Mais jamais de mots déplacés, de part et d’autre, étaient à remarquer entre les représentants des forces de l’ordre et les Lisboètes. Le climat, particulier, certes, était apaisé en ce début juillet. Depuis la fin du confinement dans le pays, le 4 mai, le gouvernement portugais a lui acté l’obligation de porter le masque dans tous les commerces, cafés, musées, transports publics, taxis, bref l’ensemble des lieux publics fermés. Une consigne admise et comprise visiblement par le plus grand nombre, grâce notamment à la présence généralisée, à chaque entrée de commerce et autres, de gels hydroalcooliques. Autres particularités, la prise de votre température dès votre arrivée à l’aéroport de Lisbonne, par des caméras thermiques à distance installées en hauteur, comme à l’entrée de plusieurs grands restaurants du centre-ville à l’aide de thermomètres électroniques frontaux.

De grandes brasseries accueillantes aménagées dans les anciens Docks, le long du Tage

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Une vue imprenable sur Lisbonne et ses grandes places sans touristes, le Tage et le Pont du 25 avril, le 8 juillet dernier, du haut de la colline du célèbre Château Saint-Georges (Castelo de São Jorge) qui domine la capitale portugaise (Bruno Angelica)

Des mesures drastiques prises à la suite de clusters de Covid enregistrés dans plusieurs quartiers les plus populaires de la ville et des communes alentours, en raison de fêtes arrosées entre jeunes à partir du déconfinement. Du même coup, des reconfinements localisés ont ainsi été décidés depuis le début de l’été, mais les cas de Covid ne sont pas ou plus repartis à la hausse depuis les cinq dernières semaines. Pour suivre le ou les matchs du PSG, à partir du 12 août, les fans parisiens qui auront fait le déplacement à Lisbonne pourront toujours aller regarder les rencontres dans les restaurants de la capitale, qui possèdent tous des écrans pour diffuser pratiquement chaque soir du football, sport roi dans le pays. Fin juin-début juillet, les affiches des championnats européens qui avaient repris étaient en vedette du « prime time » dans les brasseries lisboètes, avec une priorité donnée aux exploits de Ronaldo, la star portugaise, sous les couleurs de la Juventus de Turin. Les Français et autres touristes venus pour ce « Final 8 » pourront encore sur place se délecter de poissons et fruits de mer à des prix deux fois inférieurs à ce qui se pratique dans notre pays. Et déguster des bonnes bouteilles de vin du Douro et autres, là encore, à des tarifs trois fois moins élevés que dans nos restaurants… Afin qu’ils puissent passer une bonne soirée, quel que soit le résultat, on leur conseillera encore de se balader le long du Tage où d’immenses restaurants, aux décorations toujours bien pensées car accueillantes pour des groupes, ont été aménagés depuis les dernières années, notamment dans les anciens Docks. De quoi enrager, quand on est Marseillais, de ne toujours pas pouvoir compter sur de tels aménagements autour des quais de la Joliette, par exemple… Pour les Parisiens et les Lyonnais en lice contre Manchester City, ce samedi 15 août, de quoi oublier aussi le huis clos imposé dans les deux stades qui accueilleront le tournoi final. Et peut-être, faut-il l’espérer quand on est toujours Marseillais, une élimination prématurée de Neymar et consorts dans une épreuve qui paraît être maudite au « Paris Saint Qatar », depuis toutes ces dernières années.
Bruno ANGELICA

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