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Cinéma. "L’Origine du monde" le premier film de Laurent Lafitte : to be or not to be ?

dimanche 11 octobre 2020

Acteur et pensionnaire de la Comédie-Française, Laurent Lafitte se lance dans un nouveau défi : la réalisation.Il est venu himself présenter en avant-première au cinéma Renoir d’Aix-en-Provence son premier long métrage « L’origine du monde », qui sortira le 4 novembre, librement adapté de la pièce de Sébastien Thiéry. Laurent Lafitte qui donne la réplique à Karin Viard et Vincent Macaigne offre ici une comédie qui décoiffe...

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Avec "L’Origine du monde" Laurent Lafitte a conquis les spectateurs du Renoir d’Aix-en-Provence. (Photo Arnaud Pélissier)

On connaît le célèbre nu de Gustave Courbet (1819-1877) exposé au musée d’Orsay depuis 1995, qui intitulé L’origine du monde » représente un sexe de femme. Cette œuvre jugée scandaleuse a inspiré le dramaturge Sébastien Thiéry dans l’écriture de sa pièce éponyme qui fut créée à Paris au Théâtre du Rond-Point en septembre 1993 dans une mise en scène de Jean-Michel Ribes, puis reprise au Gymnase à Marseille en mars 2015. C’est aujourd’hui un film réalisé par Laurent Lafitte inspiré de cette comédie loufoque que l’acteur devenu cinéaste a présenté en avant-première au cinéma Renoir d’Aix-en-Provence « Je me suis vraiment marré en voyant cette pièce, j’ai eu envie de la porter à l’écran », raconte -t-il avant de préciser : « C’est rare des pièces aussi drôles, et qui sont à ce point dérangeantes au bon sens du terme. Vous savez j’aime les comédies transgressives et "L’origine du monde" l’est tout particulièrement  ». Les premiers instants du film nous plongent directement autour d’une scène de sexe entre un couple (l’écran est noir et nous avons comme seul repère le son), où l’homme et la femme finiront par évoquer les rapports sexuels avec comme trame du récit une sorte d’entonnoir narratif nous conduisant jusqu’au sexe maternel. Oscillant entre comédie et drame « L’origine du monde  » version Laurent Lafitte met en scène Jean-Louis qui en rentrant chez lui réalise que son cœur s’est arrêté. Plus un seul battement dans sa poitrine, aucun pouls, rien. Pourtant, il est conscient, il parle, se déplace. Est-il encore vivant ? Est-il déjà mort ? Ni son ami vétérinaire Michel, ni sa femme Valérie ne trouvent d’explication à cet étrange phénomène. Alors que Jean-Louis panique, Valérie se tourne vers Margaux, sa coach de vie, un peu gourou, pas tout à fait marabout, mais très connectée aux forces occultes. Et elle a une solution qui va mettre Jean-Louis face au tabou ultime... il faudra photographier le sexe de sa mère pour remonter aux origines et entrevoir une guérison. Le corps qui se déchaîne et le cœur, symbole de vie qui arrête de battre. Délirante la trame prend bien sûr des libertés par rapport à la pièce. Ici pas de mage africain comme chez Sébastien Thiéry mais cette femme déterminée jouée par Nicole Garcia. « C’est une comédienne magnifique et qui dégage une autorité naturelle.Quand elle parle on l’écoute  », prévient Laurent Lafitte. Ayant changé la fin en proposant un épilogue plus joyeux que dans la pièce, le réalisateur présente le personnage de la mère incarné à l’écran par Hélène Vincent comme «  plus fragile, plus lucide, et pas aussi gentille qu’elle en a l’air  ». Karine Viard que Laurent Lafitte a présenté comme une des plus grandes actrices françaises, incarne une épouse pas du tout hystérique comme dans chez Sébastien Thiéry. Quant à Vincent Macaigne, le copain vétérinaire à qui on demande de se muer en photographe et médecin des âmes il doit à Vincent Macaigne sa densité burlesque. « C’est un acteur phénoménal qui me fait songer ici au Jacques Villeret du "Dîner de cons". Il est à la fois poétique et puissant, et en tout cas inoubliable ». S’étant entouré de comédiens et comédiennes de talent qui renforcent le destin des protagonistes de leur seule présence, Laurent Lafitte sort du huis-clos de la pièce pour présenter les personnages en mouvement, et cela donne à son film force et rythme. Cadrages soignés, utilisation judicieuse de la musique de Gabriel Fauré -notamment de son «  Requiem  »-, le film perd cependant en intensité lors des séances oniriques sur fond blanc qui illustrent le récit sans apporter de profondeur. Laurent Lafitte, de La comédie-Française jouant à Paris un spectacle sur Proust, signant tout de même un premier long métrage hilarant, ambitieux où il montre avant tout qu’il est un remarquable directeur d’acteurs.
Arnaud PÉLISSIER

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