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Cité scolaire internationale de Marseille. Renaud Muselier : « Une école qui protège, respecte et rassemble »

mardi 23 février 2021

Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, président de Régions de France, vient de dévoiler le projet de la Cité Scolaire Internationale de Marseille, qui verra le jour à la rentrée 2024, aux côtés de Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, présidente de la Métropole d’Aix-Marseille-Provence, Pierre-Marie Ganozzi, adjoint à la mairie de Marseille en charge du plan écoles et du bâti scolaire, représentant Benoît Payan, maire de Marseille, Bernard Beignier, recteur de l’académie Aix-Marseille, Bruno Botella, président de Bouygues Bâtiment Sud-Est, Rudy Ricciotti et Roland Carta, architectes en charge du projet.

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Autour de la maquette de la Cité scolaire internationale de Marseille de droite à gauche Bernard beignier, Martine Vassal, Rudy Ricciotti, Renaud Muselier, Christian Marie Ganozzi, Roland Carta et Bruno Botella (Photo Mireille Bianciotto)

Renaud Muselier rappelle : « En 2015, avec Christian Estrosi, nous avions pris l’engagement d’offrir à Marseille une école internationale. C’est une promesse de campagne qui est aujourd’hui tenue ». Il ajoute : « En juin 2018, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Département des Bouches-du-Rhône, et la Ville de Marseille, décident de la réalisation d’une Cité Scolaire Internationale, dans le cadre d’un marché global de performance, un processus innovant, pour mettre l’environnement au cœur du projet ». En effet, signale-t-il, il ne s’agissait pas simplement de construire un bâtiment. « Nous voulions que sa conception, sa réalisation et sa maintenance s’inscrivent dans notre Plan Climat, une "COP d’avance". Nous mettons rapidement à disposition un terrain au cœur d’Euroméditerranée ». Cette Cité scolaire internationale remplace un projet initial qui s’est appelé l’Université des métiers et de l’artisanat, sous l’égide du prédécesseur du président Muselier, Michel Vauzelle et de la Chambre des métiers et de l’artisanat. Cette dernière s’est cependant retiré du projet quand la dimension artisanale a été retirée.

« Rien ne m’aura été épargné »

Un long fleuve tranquille s’annonçait mais tel n’a pas été le cas : « Rien ne m’aura été épargné. En décembre 2018, nous déclarions la première consultation sans suite. Une personnalité qualifiée, membre du jury, présentait un risque de conflit d’intérêt avec l’un des candidats. Je n’ai voulu prendre aucun risque, nous avons donc relancé en quelques semaines la consultation ». Cette procédure s’est conclue il y a quelques jours. Le jury et la Commission d’Appel d’Offre ont désigné, à l’unanimité, le Groupement « Bouygues Bâtiment Sud Est et l’agence Rudy Ricciotti-Carta et associés ». Pourtant le groupement Eiffage vient de déposer un recours, un référé précontractuel. « C’est un recours de mauvais perdant. Ce recours est inutile, en effet, le groupement Bouygues arrive en tête du classement d’analyse des offres. Il remporte trois des quatre critères prévus, dont deux critères incontestables, comptants pour 55 % de la note, que sont le prix et le délai d’exécution. De plus, ce recours nous fait perdre quatre à six semaines dans la réalisation de ce projet », juge le président Muselier. Le projet ne sera en effet validé définitivement qu’après la décision du tribunal administratif.

« Marseille est une capitale de la Méditerranée, une capitale internationale du monde »

Renaud Muselier met en exergue : « C’est un projet pour Marseille que nous vous présentons. Avec ses 2 600 ans d’histoire, Marseille est une ville au carrefour de toutes les civilisations, une ville ouverte, tournée vers l’extérieur et vers la mer. Marseille est aussi une capitale économique et culturelle, elle est un lien entre le Nord et le Sud, l’Orient et l’Occident. Marseille est une capitale de la Méditerranée, une capitale internationale du monde ». Alors, à ses yeux, avec la création d’une Cité Scolaire Internationale, « la Région donne à Marseille toute la grandeur et le rayonnement qu’elle mérite. Cette école internationale viendra confirmer l’excellence académique de nos établissements, aux côtés de la Cité Scolaire Internationale de Manosque et de l’École Internationale de Valbonne. » Rappelle encore qu’il y a 25 ans, en tant que Président fondateur d’Euromed, « nous dessinions la ville durable méditerranéenne de demain. Aujourd’hui, ensemble, nous la construisons ».Il ne manque pas de rendre hommage aux architectes, Rudy Ricciotti et Roland Carta : « Hier avec le Mucem, vous avez déjà offert à Marseille un lieu de connaissance et de partage, devenu un véritable symbole culturel de la Méditerranée. Demain, avec la Cite Scolaire Internationale nous allons créer ensemble, pour Marseille, une école qui protège, qui respecte et qui rassemble ». Cette école, précise Renaud Muselier, est un message d’attractivité et de compétitivité adressé aux acteurs économiques : « Ici à Marseille, tout est réuni pour vous accueillir ».

« Un projet pour les entreprises régionales »

Pour Renaud Muselier : « Cette école c’est aussi un projet pour les entreprises régionales. En choisissant Bouygues immobilier nous faisons le choix de soutenir les entreprises régionales. Ce sont 15 entreprises de Provence-Alpes-Côte d’Azur qui participeront à la réalisation de la Cité Scolaire Internationale de Marseille. 400 millions d’euros de commande publique sont réalisés chaque année par la collectivité, dont 70 % sont attribués ou bénéficient à des PME régionales. La Cité Scolaire Internationale est donc un atout supplémentaire qui vient s’ajouter à tous ceux que nous avons déjà ». Cette école sera aussi celle de la proximité :« Chacun sera associé à travers un comité de pilotage : l’Éducation nationale et les chefs d’établissements, les parents d’élèves, les écoliers, les collégiens et les lycéens, les comités de quartiers, CIQ, et tous ceux qui participent au renouveau du quartier d’Arenc, pour construire le Marseille de demain.

« Des jardins, des patios, une façade en fibres naturelles de lin... »

Puis d’évoquer la dimension environnementale de ce projet : « Des jardins, des patios, une façade en fibres naturelles de lin, ainsi que des toitures végétalisées feront de cette école un bâtiment unique ». Cette école « sera aussi celle qui rassemble. Elle rassemblera 2 190 élèves qui parleront anglais, allemand, espagnol, chinois et arabe. Elle accueillera tous ceux qui croient en l’excellence d’un enseignement international. Elle rassemblera les marseillais, les méditerranéens et les Européens ». Chaque Collectivité est ici engagée pour ce lieu d’éducation. La Ville de Marseille pour le primaire, le Département des Bouches-du-Rhône pour le collège et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour le lycée. Et de conclure en remerciant le recteur, Bernard Beigner.
Mireille BIANCIOTTO


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Renaud Muselier parle d’un processus pédagogique unique en France (Photo Mireille Bianciotto)

Face à la presse, Renaud Muselier présente cette Cité scolaire qui ouvrira à la rentrée 2024 avec « 2 100 élèves dans un lycée international, ouvert sur le quartier, répondant à toutes les normes environnementales possibles, inimaginables, dans un processus pédagogique unique en France, qui permettra d’aller de la plus petite des classes jusqu’à l’Université, en étant connecté au monde. »

Il insiste sur l’union des collectivités autour de ce projet : « C’est nécessaire. Cela fait 3 ans quand même que nous œuvrons pour obtenir l’unité du département, de la ville à nos côtés. Nous, à la région, sur 100 millions d’euros, nous prenons en charge 49 % du budget, (NDLR 14% pour la Ville et 37% pour le Département). c’est un projet qui est soutenu aussi par l’État qui fournira les professeurs qui fera un produit pédagogique, c’est vraiment l’ensemble de toutes les forces politiques et éducatives pour amener un outil exceptionnel pour Marseille ».

« c’est un lycée pour tout le monde »

« C’est une cité pour tout le monde. L’enseignement y est gratuit comme tous les lycées, donc, il n’y a pas de surcoût pour telle ou telle population. Ce n’est pas une école de riches, c’est une école où on va apprendre le savoir de la République, avec une dimension internationale ».

Interrogé sur un nom à donner à cette Cité scolaire internationale de Marseille, le président Muselier propose le nom de Jacques Chirac.


Propos recueillis par M.B


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Cité scolaire internationale de Marseille (Photo Mireille Bianciotto)

Terence Cusin, directeur régional de Bouygues Bâtiment Sud Est, représentant Bruno Botella, le président, indique comment cette Cité scolaire internationale de Marseille répond aux enjeux environnementaux, sociaux et énergétiques. Entretien

bâtiment bas carbone, eau de mer et insertion

Bouygues a gagné l’appel d’offre pour la Cité scolaire internationale de Marseille, avec un argument environnemental. Qu’en est-il ?
On a choisi d’utiliser massivement des bétons bas carbone, de faire appel à des centrales à béton, installées sur le chantier pour réduire le déplacement des camions. Après les matériaux qui constituent l’enveloppe, la façade de brises soleil, sont soit en béton fibré soit en fibre de lin, comme toute la résine intérieure. On a aussi de l’isolation en laine de bois, ce sont des matériaux que l’on appelle biosourcés, les menuiseries extérieures sont aussi en bois. On atteint ainsi un niveau bâtiment bas carbone. Après, il y a un aspect énergétique. Là, il est question de la conception architecturale du bâtiment, l’orientation, les brises soleil, l’épaisseur des façades, l’isolation, puis aussi, les dispositifs techniques pour le rafraîchissement en été et pour le chauffage.

...Avec une boucle d’eau de mer ?
Oui nous sommes raccordés àl’usine Thassalia qui permet d’utiliser l’eau de mer, la différence de température entre l’eau de mer et l’air, permet de rafraîchir ou de réchauffer, suivant les saisons.

Vous avez aussi un axe social avec un chantier d’insertion et 5 embauches promises après le chantier ?
Absolument. On a, pendant toute la durée du chantier, 35 000 heures d’insertion. Ce qui représente, 10 personnes, à temps plein. Et notre ambition est de réaliser 5 embauches fermes, à l’issue du chantier.

« ces engagements seront tenus »

Vous avez aussi en charge pendant 10 ans le fonctionnement de cette cité scolaire internationale. Qu’est-ce que vous allez faire exactement ?
Bouygues Énergie Services, sur la base de la conception et de la réalisation s’engage à des niveaux de très basse consommation énergétique. Je ne vais pas trop entrer dans la technique mais cela veut dire que l’engagement que nous prenons n’est pas juste théorique. Bouygues Énergie et Service s’engage et sera jugée sur la facture. S’il y avait dépassement, il y aurait des pénalités donc, autant dire, que ces engagements seront tenus. Enfin, avec le jardin, les protections solaires sont très innovantes. On n’est pas seulement dans l’environnemental on est dans l’innovation.

C’est la culture méditerranéenne ?
Oui, c’est la végétation méditerranéenne, 20% de la surface construite sera en pleine terre, c’est à dire que ce ne sont pas des jardinières, des pots de jardin, c’est de la pleine terre dans laquelle, les arbres, les espèces végétales pourront se développer. Les architectes ont conçu une résille intérieure pour que les plantes puissent s’y accrocher et que donc la nature participe vraiment au rafraîchissement des bâtiments ».


Propos recueillis par M.B


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Bernard Beignier, recteur de l’académie d’Aix-Marseille (Photo Mireille Bianciotto)

Entretien avec Bernard Beignier, recteur de l’académie d’Aix-Marseille

Monsieur le recteur, vous avez insisté, en présentant ce projet de cité scolaire internationale de Marseille, sur sa beauté et sur son caractère unique, vous pouvez d’abord expliquer en quoi cette cité est unique ?
Dans le projet pédagogique et architectural, cela ira de l’école jusqu’aux portes de l’Université, je souhaite même qu’il y ait un lien étroit avec l’Université. Le président d’AMU, Eric Berton est parfaitement au courant de tout cela et c’est unique.

Vous avez aussi obtenu avec un article de la Loi l’École de la confiance, quelque chose pour cette école...
Oui, tout à fait c’est un article qui a été conçu spécialement pour cet ensemble scolaire, à savoir, un seul directeur, avec des adjoints, bien sûr, pour les différents niveaux, cela me paraît absolument nécessaire qu’il y ait un seul chef d’orchestre dans un tel établissement.

Vous avez aussi dit qu’il y aura 5 langues enseignées, vous avez souhaité qu’il y en ait bien plus, quelles sont-elles et comment les avez-vous choisies ?
C’est un travail qui a été fait essentiellement par les inspecteurs d’académie, ces 5 langues, on les trouve, dès le départ, l’anglais, bien sûr et l’allemand, mais également l’arabe, le chinois et l’espagnol. C’est vrai que j’ai dit que je souhaitais qu’on y introduise le portugais, qui est aussi la langue du Brésil, car nous aurions alors les 6 langues les plus parlées dans le monde.

« Il faudrait que Marseille devienne une ville avec une grande partie d’écoles en immersion »

Vous avez aussi signalé qu’à Marseille il y avait des écoles qui enseignaient une langue en immersion
Oui, il y en a 60 et avec l’inspecteur d’académie, nous espérons les augmenter. C’est un très beau chiffre, pour l’essentiel, c’est l’anglais, évidemment. Cela signifie que, dès le primaire, on commence à enseigner l’anglais sachant que les enfants sont très à même de rentrer très rapidement dans une langue. C’est instinctif chez eux, c’est même plus facile que pour les adolescents. Il faudrait que Marseille devienne une ville avec une grande partie d’écoles en immersion. Pour cela, d’ailleurs, nous pouvons compter sur de nombreux enseignants des écoles qui ont aujourd’hui les aptitudes à enseigner, dans telle ou telle langue, moyennant une certification et nous allons aller de plus en plus dans ce sens.

Une enseignante de provençal m’avait dit que cela permettait de rompre les inégalités scolaires. Est-ce qu’il en est de même pour ces langues en immersion ?
C’est la raison pour laquelle, il y a quelques années, je n’ai supprimé aucune bi-langues, dans l’académie, en particulier, à Marseille, parce que nous avions l’allemand qui est réputée une langue difficile, pour les Français, qui est enseignée dans les quartiers d’éducation prioritaire. Oui, bien sûr, un enfant auquel on propose cela, voit très bien que c’est une richesse et il sait s’en emparer.

Vous dites que la beauté du lieu mène à la paix de l’esprit, à l’envie d’apprendre ?
Cela me paraît très important. Permettez-moi un tout petit souvenir. J’ai fait mes études à Paris, j’adorais travailler à la bibliothèque de la Sorbonne, simplement pour le lieu. Il y avait une paix profonde et je crois qu’on travaillait mieux. Il y a beaucoup de très beaux établissements dans l’académie, qui sont souvent des bâtiments du 19e ou du début du 20e. Il faut qu’il y ait une beauté, il faut qu’il y ait une certaine majesté, également. Il faut que l’enfant se sente dans un lieu sanctuarisé. Pendant quelques années, nous n’avons pas pu faire cet effort parce qu’il fallait accueillir beaucoup d’enfants, on a construit très vite. Je crois que c’est un peu comme les Palais de Justice, il faut que cela reprenne une certaine autorité.

« il s’agit surtout de ne pas faire quelque chose qui est implanté dans le quartier et qui l’ignorerait »

La grosse question que semble poser cette cité internationale c’est celle de son accès, par exemple, aux Marseillais du quartier où elle est implantée, Arenc ?
Oui, nous allons travailler, avec la Mairie et avec l’Inspecteur d’Académie pour que la carte scolaire soit ajustée, en ce sens-là. Il s’agit surtout de ne pas faire quelque chose qui est implanté dans le quartier et qui l’ignorerait. C’est, d’ailleurs la même chose que pour l’école de la Belle de mai.

Vous dites aussi que si elle est réservée aux classes ++, aux classes favorisées, ces élèves seraient défavorisés par cette méconnaissance de la richesse de la diversité de Marseille
Ce serait les défavoriser que de leur dire on va vous ouvrir le monde et on va vous fermer le propre monde marseillais. J’ai eu la grande chance de connaître l’enseignement où il y avait tout le monde et c’est quand même une très grande richesse et puis cela cultive une petite part de modestie, d’humilité, ce qui n’est jamais inutile pour la suite.

Et vous avez voulu cette cité scolaire gratuite...
Oui gratuite. Selon les modalités habituelles de l’enseignement public en France qui est effectivement gratuit. Nous avons beaucoup réfléchi et cela nous a semblé la solution la plus normale même si, entre parenthèses, je ferai une petite remarque : lorsque des parents de milieux très favorisés viennent c’est un avantage qu’on leur offre puisqu’on ne leur demande rien alors que, éventuellement, ils pourraient payer . Mais la solution la plus simple est de fonctionner selon le Code de l’Éducation tel qu’il est.

« Les mesures de sécurité sont bien respectées »

Enfin, nous sommes en pleine crise sanitaire, quelle est la situation dans les écoles ? Il paraîtrait que les enfants seraient vecteurs et notamment des variants ?
Là dessus, je ne suis pas scientifique, on voit bien que les avis divergent. Il y a une chose à dire et à répéter, la France est le seul pays d’Europe, actuellement, où l’enseignement est maintenu. C’est le seul pays où les écoles, les collèges et les lycées fonctionnent, il n’y en a pas deux. Je crois que les Français y tiennent. Il faut aussi dire que les mesures sont bien respectées et c’est là que les enfants courent le moins de risques ».


Propos recueillis par M.B.

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