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Commémoration du Génocide des Arméniens. Renaud Muselier favorable à une journée nationale de solidarité avec la République du Haut-Karabagh

vendredi 16 avril 2021

A l’occasion de la 106e Cérémonie de Commémoration du Génocide des Arméniens, Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Président de Régions de France, Julien Harounyan, Président du Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France Sud, Hovhannès Guevorkian, représentant de la République du Haut-Karabagh en France et Samvel Lalayan, Consul d’Arménie ont dévoilé la bâche commémorative qui ornera la façade de l’Hôtel de Région avant de se recueillir en mémoire des victimes. A cette occasion le président de région a annoncé : « Le moment est venu de consacrer une journée nationale de solidarité avec la République du Haut-Karabagh », une proposition de loi en ce sens va être déposée à l’Assemblée.

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Pour Renaud Muselier il existe entre la France et l’Arménie un lien indestructible © Yann Bouvier

« Chaque année depuis que je suis Président de cette Région, nous nous réunissons pour faire entendre cette voix, ici en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Cette voix qui dit : "n’oublions pas". Cette voix qui dit qu’il existe entre la France et l’Arménie un lien indestructible, forgé par l’histoire et nos cultures en partage », rappelle Renaud Muselier à l’occasion de la 106e Cérémonie de Commémoration du Génocide des Arméniens.

Il cite une année 2020 qui n’a ressemblé à aucune autre pour le peuple arménien « à cause de la pandémie, mais parce que l’Arménie a été touchée dans sa chair. L’invasion de l’Artzar, par l’Azerbaïdjan, avec l’appui de la Turquie, a été une abomination profonde. Elle a laissé des traces indélébiles et ineffaçables dans chacun de nos cœurs ». Le président de Région tient à souligner : « Au moment d’honorer la mémoire des victimes du génocide des arméniens, au moment de rappeler la vérité, la stricte vérité, celle de la folie génocidaire des Turcs de l’Empire Ottoman, vous nous rappelez par votre témoignage, que le danger génocidaire existe et existera toujours ».

Une journée nationale de solidarité avec la République du Haut-Karabagh

Et dans ce cadre Renaud Muselier annonce : « Je souhaite que cette commémoration soit l’occasion d’une proposition de dimension nationale. Le moment est venu de franchir une nouvelle étape, d’amplifier un peu plus la portée de la voix que nous portons ensemble. Le moment est venu de consacrer une journée nationale de solidarité avec la République du Haut-Karabagh. (...) C’est pourquoi, avec le CCAF Sud et le CCAF national, avec l’accord et le soutien d’Hovhannès Guevorkian, représentant de la République du Haut-Karabagh en France, avec l’appui de nombreux parlementaires : Guy Teissier, Claire Pitollat, Valérie Boyer, François-Michel Lambert, Bernard Deflesselles, nous allons déposer une proposition de loi visant à la création de cette journée nationale ».

Il revient sur le premier génocide du 20e siècle génocide : « Il a commencé par une rafle d’intellectuels, dans la nuit du 23 au 24 avril 1915 à Constantinople. La mécanique infernale est alors en place. Déplacements forcés des populations, déportations massives, exécutions sommaires, et ces abandons inhumains des plus fragiles, au cœur du désert, pour finir dans les camps de concentration ». Et d’ajouter : « La haine exterminatrice des Jeunes-Turcs et de l’Empire Ottoman a voulu mettre fin à l’existence même des Arméniens. Mais elle n’y est pas arrivée. Ils sont là, les Arméniens, 500 000 en France, près de 100 000 dans notre région, bien vivants et fiers de leur identité ».

« L’Arménie et la France sont deux sœurs parmi les nations »

« L’Arménie et la France sont deux sœurs parmi les nations », considère-t-il et « le rôle des Arméniens dans l’histoire de notre pays est un trésor ». Il note : « Au lendemain du génocide, des dizaines de milliers d’Arméniens ont cherché et trouvé refuge en France. Ils ont trouvé dans la France une deuxième patrie, une nation sœur, mais leurs enfants, leurs petits-enfants, leurs arrières-petits-enfants n’oublient jamais l’Arménie ». Insiste sur l’importance de la mémoire qu’il qualifie de « remède ».

« Le conflit du Haut-Karabagh est autant un déchirement qu’un crachat à la face de l’Histoire du génocide »

« Quand un peuple est capable de reconnaître ce qu’il y a de pire dans son histoire, c’est qu’il est capable de se projeter vers le meilleur. Mais quand une nation refuse de voir la réalité en face, quand elle écrit sa propre histoire, quand elle ment en permanence, qu’elle transforme, qu’elle manipule les faits, alors, elle devient capable de répéter les crimes du passé », juge-t-il avant de souligner ce qui s’est passé dans le Haut-Karabagh à l’automne dernier : « Quand la Turquie et l’Azerbaïdjan ont mené ensemble une campagne militaire de terreur, avec pour unique but l’expulsion des Arméniens de leur propre terre. Ils n’ont pas hésité à recruter des djihadistes syriens sur le front commun des abominations, avec des exécutions rituelles à la clef. De la même façon, les troupes azerbaïdjanaises n’ont pas hésité à utiliser des obus au phosphore blanc, ce qui constitue de véritables crimes de guerre. Le conflit du Haut-Karabagh est autant un déchirement qu’un crachat à la face de l’Histoire du génocide ».

« Je rentre plein d’espoir de l’Artakh »

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Renaud Muselier entouré de Hovhannès Guevorkian et Samvel Lalayan © Yann Bouvier

Hovhannès Guevorkian signale : « Je rentre plein d’espoir de l’Artakh. Le pays se reconstruit et retrouve ses habitants. Les écoles, les entreprises, les administrations et les hôpitaux. Certes il y a de la précarité, certes le règlement du conflit est toujours lointain, certes des centaines de prisonniers sont toujours incarcérés dans des geôles azéris... Mais, comme le disait Anatole France : "un peuple qui ne veut pas mourir ne meurt pas." Ces mots, d’une tragique actualité, sont aussi prophétiques ». Il affiche son aspiration à voir son pays retrouver son intégrité : « Je crois aux valeurs de liberté, d’égalité, j’ai l’espoir que ces valeurs triomphent sur le non-droit, la terreur, la soumission d’un peuple par un autre ».

Aucun génocide n’appartient au passé

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Julien Harounyan rend hommage aux 3 500 jeunes arméniens tombés au combat ©Destimed

« Si nous sommes là, c’est pour être des passeurs de mémoires qui dénoncent le crime de génocide, c’est pour demander à la Turquie de reconnaître son histoire », avance Julien Harounyan qui fustige : « Aucun génocide n’appartient au passé et l’actualité que nous venons de vivre nous le rappelle terriblement ». L’agression turco-azéris de la République de l’Artsakh, peuplée d’arméniens, « témoigne une nouvelle fois de cette volonté de supprimer les arméniens ». Julien Harounyan rend hommage aux 3 500 jeunes arméniens « tombés au combat, morts en héros pour protéger cette terre où ils vivaient en paix ». Et de dénoncer : « L’Europe et le monde ont, une nouvelle fois, détourné le regard, laissant le champ libre aux ambitions génocidaires du tandem Erdogan-Aliev ». Pour lui, il importe maintenant d’agir « pour sécuriser les frontières de l’Artsakh et cela passe par la reconnaissance de cet État indépendant ».
Michel CAIRE

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