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Covid-19. Les grands acteurs de la société civile ont la parole. 3 questions à Alain Dumort

mercredi 6 mai 2020

Nous avons décidé de poser les mêmes questions à plusieurs acteurs de la société civile de Provence-Alpes-Côte d’Azur pour savoir comment ils vivent le confinement, et surtout ce qu’ils entendent proposer concrètement comme mesures à prendre au plus vite pour combattre les autres crises qui vont apparaître -après l’actuelle sur le plan sanitaire -à savoir économique, sociale... Alain Dumort, chef de la Représentation régionale de la Commission européenne à Marseille, en poste depuis le 1er juin 2016, a accepté pour Destimed de se prêter à l’exercice. La Commission européenne dispose de représentations dans chacun de ses 28 États membres, dans chaque capitale et des bureaux régionaux dans de grandes villes : Barcelone, Belfast, Bonn, Cardiff, Edimbourg, Marseille, Milan, Munich et Wroclaw. Pour rappel, la démarche de cette rubrique lancée par Daniel Boccardi est que les lecteurs puissent comparer les différentes visions.

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« L’Europe doit développer de concert son indépendance industrielle dans des domaines aussi stratégiques que le médical, le numérique, l’intelligence artificielle »

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Alain Dumort, chef de la Représentation régionale de la Commission européenne à Marseille (Photo D.R.)

Destimed : Comment vivez-vous le confinement depuis les dernières semaines sur un plan personnel et familial ?
Alain Dumort : Le passage d’une activité sociale et professionnelle intense à un confinement strict a demandé un temps certain d’adaptation. L’équilibre entre la vie familiale, amicale et professionnelle a été chamboulé. Il a fallu modifier en profondeur notre espace-temps et organiser au mieux une nouvelle vie collective. La crise sanitaire a rassemblé les enfants, l’un du Royaume-Uni, l’autre de Suisse, où ils travaillaient, avant la fermeture des frontières. La cohabitation est finalement facile, j’ai affaire à des jeunes adultes maintenant, plus à des adolescents ! Pas de repli sur soi pour autant, ni de changement de rythme radical. Les liens de voisinage se sont resserrés et de nouvelles solidarités ont émergé avec les habitants et le personnel soignant à qui j’ai distribué notre stock de masques chirurgicaux lors de la pénurie tout en prêtant assistance à la demande. La fermeture de notre bureau nous a conduits à généraliser le télétravail et à banaliser la vidéoconférence. Un cap a été franchi dans la maîtrise de la technologie dont nous déléguions volontiers la gestion à notre help desk. Avec la reconfiguration des tâches et l’absence de déplacement, du temps a été libéré pour se recentrer sur l’essentiel et retrouver le plaisir de lire.

Quelles sont les 3 principales mesures que vous attendez du gouvernement dès la sortie de la crise sanitaire ?
Le gouvernement a la redoutable mission de concilier des objectifs potentiellement conflictuels en fixant le cap le plus clair possible dans des conditions d’imprévisibilités extrêmes, reconnaissons-le. D’abord et avant tout, les autorités publiques doivent préserver la santé de tous les citoyens présents sur le territoire. Ensuite, elles doivent mettre en place les mesures règlementaires et financières pour assurer la reprise des activités et de l’emploi. Enfin, il s’agit de protéger les populations les plus fragiles et démunies d’une exclusion socioéconomique. Le tout bien entendu dans un cadre européen de concertation et de coopération. Le virus fait fi de nos frontières et aucune région, aucun pays ne règlera seul son compte à la pandémie et à la profonde crise économique et sociale qui en résulte.

Comment voyez-vous le monde de demain : des grands changements seront-ils obligatoires, ou alors n’y croyez-vous pas ?
La pandémie a révélé de manière dramatique la fragilité de nos systèmes de santé et de notre prospérité que l’on croyait acquise. Certes les crises sanitaires précédentes (H1N1, SARS…) et la crise financière de 2008 nous ont forcés à renforcer nos capacités de résilience. Le monde a pourtant découvert stupéfait qu’une soupe au pangolin dégusté sur un marché chinois pouvait mettre à bas les écosystèmes les plus performants ! L’Europe a acquis son indépendance alimentaire de haute lutte, elle doit désormais développer de concert son indépendance industrielle dans des domaines aussi stratégiques que le médical, le numérique ou encore l’intelligence artificielle. L’autre priorité reste la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité. Pas de répit, il y a bien urgence climatique dont nous paierons très cher le prix de nos procrastinations. La crise sanitaire crée de facto de nouvelles opportunités pour relancer notre économie, mais pas n’importe comment : ensemble et sur un modèle durable et respectueux de l’environnement et en fin de compte de l’humanité. ”
Propos recueillis par Bruno ANGELICA

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