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Économie/coronavirus. Tribune de Philippe Zichert : Fratelli italia ! Frères d’Italie

vendredi 13 mars 2020

L’Italie…Ce beau pays, qui est pour nous comme un frère, un cousin, un de nos aïeux, un collègue, qui nous lie par son histoire commune depuis les celto-ligures, si proche de notre région Sud. L’Italie, probablement le seul véritable concurrent dans bien des domaines d’activité (tourisme, Industrie, portuaire, vins, gastronomie, football…) qui ne laisse personne indifférent ; tantôt nous fascinant, tantôt nous énervant par sa faconde et son exagération pleine de poésie… L’Italie est à nouveau durement touchée par le Coronavirus. A l’heure où j’écris ces lignes, nous savons que derrière les Alpes, la situation est gravissime et nous ne pouvons qu’espérer que la France ne sera pas pareillement touchée. A la lueur de l’actualité, il convient de rappeler que sans l’Italie, il n’y aurait pas ni Euro, ni Europe.

A l’été 2012, l’Italie se trouvait confrontée à de sérieuses difficultés. Le pays était en proie à un cercle vicieux, mêlant croissance faible, ratio d’endettement élevé et taux d’intérêt en forte hausse... Des maux que connaissait l’Italie et qui n’étaient pas nouveaux. Déjà, dans les années 1980 et la première moitié des années 1990, le ratio de la dette publique était passé de moins de 75% du PIB [1], à plus de 120%, tandis que le déficit se situait en moyenne à 10%. L’Italie était ainsi entrée dans la crise financière en 2008, avec un ratio d’endettement déjà très important (106%). En 2013, celui-ci était supérieur à 130% du PIB issu directement de la crise monétaire [2]. Pourquoi ? Parce que la baisse des ressources fiscales des pays a généré des déficits budgétaires. Quand la ressource fiscale baisse plus vite que les dépenses ; les déficits se creusent inexorablement et la dette est la seule à pouvoir combler le manque de recettes. Or, un endettement élevé tend à obérer la croissance ; les pouvoirs publics sont, en effet, dans l’obligation de consacrer des ressources au paiement des intérêts de la dette au lieu de les affecter à des investissements productifs. En outre, le fardeau de la dette et la nécessité de la refinancer sur les marchés a pour conséquence de créer une désaffection des investisseurs.

L’EuroGroupe aurait pu aider l’Italie comme il le fit pour la Grèce, l’Irlande et le Portugal afin de contenir ses taux d’intérêts pour restructurer sa dette. Mais c’était impossible, compte tenu du fait que l’Italie représente le 3e PIB [3] de la zone Euro nécessitant un effort substantiel voire prohibitifs par rapport aux autres pays de l’Union européenne. Ainsi, l’Italie pesant deux fois plus que les trois pays aidés, elle n’a pas pu bénéficier d’une aide extérieure. En outre, l’Italie a fait le choix délibéré de restructurer seule sa dette et recapitaliser ses banques en difficultés, en application de sa légendaire fierté nationale. Elle réussit dès lors seule à sortir d’un état de récession annoncée au prix de lourds sacrifices fiscaux dirigé par le gouvernement composés de techniciens de Romano Prodi. Un grand courage qui lui coûtera les élections suivantes…

Le Coronavirus :

En 2019, le cycle d’activité resta modéré en Italie, conformément à la tendance globale Européenne observée depuis 2018. Une faible croissance du PIB fut relevée, à la suite de suite plusieurs années de redressement.

Le vieillissement de la population et le niveau élevé des prestations sociales vieillesses constituent sans nul doute un facteur aggravant de la dette en lien avec le choix politique de limiter la pression fiscale sur les actifs. Pour mémoire, l’Italie affiche un ratio de personnes âgées de 40 [4]. Les perspectives de l’OCDE prévoient que celui-ci passe à 75 contre 56 en France en 2050. L’Italie a pris des mesures importantes de salubrité publique pour endiguer l’augmentation des cas connus d’infections au Coronavirus. Tout le monde a été choqué de voir que le taux de mortalité y est le plus élevé d’Europe. 10 000 cas dans le pays pour 631 morts, le ratio de personnes âgées expliquent en majeure partie ce phénomène. Compte tenu de son poids économique, il faut craindre que l’effondrement de l’Italie provoque dans sa chute l’Europe entière.
Néanmoins, il ne faut pas écarter des éléments optimistes. L’économie italienne a déjà su faire preuve de résistance : après s’être relevée d’une grave crise financière en 1992, elle a mieux surmonté que d’autres voisins européens la crise de 2008. Et comme le dit mon ex-collègue, Agostino directeur général d’une usine à Lodi, réagissant à mon mail de soutien en ces temps difficiles : L’un de mes Fratelli Italia !

Philippe Zichert est président de Via Marseille Fos

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[1Le Produit Intérieur Brut est l’indicateur économique qui quantifie la richesse produite dans un pays en cumulant ménages, entreprises et secteur public.1

[2La crise monétaire mondiale directement issue de la crise des Crise des subprimes (Subprime mortgage crisis) fit augmenter toutes les dettes publiques (dites dettes souveraines) notamment Européennes de façon significatives de 2008 à 2016.

[3Le PIB de l’Italie est de 1 788 Milliards d’euros après l’Allemagne 3 436 Milliards d’euros, la France 2 419 Milliards d’euros. Le 4e pays étant l’Espagne loin derrière avec 1 245 Milliards d’euros .

[440 personnes âgées de 65 ans pour 100 personnes actives âgées de 20 à 64 ans.

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