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Election présidentielle : Emmanuel Macron veut refaire ’Nation dans une Europe plus forte’

vendredi 18 mars 2022

Le Président sortant, Emmanuel Macron, qui brigue un second mandat, a présenté, près de quatre heures durant, le contenu de son programme lors d’une conférence de presse à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Réforme du RSA, âge légal de départ à la retraite à 65 ans, transformation de Pôle emploi, environnement, ou lutte contre les inégalités... Le chef de l’État a développé son projet, qu’il évalue à « 50 milliards d’euros » par an jusqu’en 2027 et à « 15 milliards de baisse d’impôts pour les entreprises et les ménages ». Le corps de son programme, soit une centaine de mesures, sera détaillé dans un fascicule de 24 pages qui va être envoyé par courrier à quelque 6 millions de foyers ce week-end.

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Emanuel macron vient de présenter son programme ©Destimed/RP

« Le projet que je souhaite vous présenter aujourd’hui, c’est à la fois le fruit d’une cohérence, d’émancipation, de progrès pour chacun, qui se nourrit des crises que nous avons traversées. C’est un projet avec ce qu’on veut faire et il faut ensuite affronter le monde tel qu’il vient », a déclaré Emmanuel Macron en préambule. Il rappelle : « J’avais pris l’engagement de baisser les impôts et malgré les crises, nous l’avons fait. Nous avons réduit nos émissions de gaz à effet de serre deux fois plus vite qu’auparavant dans ce quinquennat ». Et il tient à souligner : « Le projet que je vous présente est aussi ancré dans le moment qui est le nôtre : le retour du tragique dans notre histoire, où nos sociétés ont à vivre le retour de la guerre sur notre continent et des crises que nous ne prévoyons pas encore : les attaques cyber. Et des grandes transformations : la transition climatique et démographique. »

« Faire de notre pays une nation plus indépendante dans une Europe plus forte »

Emmanuel Macron commence à détailler son programme, en débutant par l’armée et la défense du pays. Il annonce que le nombre de réservistes sera doublé chez les militaires et que ce nombre augmentera pour les forces de sécurité intérieures (police et gendarmerie). Emmanuel Macron veut une armée forte et le premier axe de son programme sera de « faire de notre pays une nation plus indépendante dans une Europe plus forte ». Rappelle qu’il avait engagé un réinvestissement dans la Défense, il a promis que le budget dédié (41 milliards) atteindrait bien 50 milliards en 2025. Il a également annoncé un réinvestissement dans le fonds européen de défense. « Nous devons continuer à gagner en flexibilité et en adaptabilité face à de nouveaux types de conflictualités : spatial, cyber, conflits civils. »

Généralisation du Service national universel

Le chef de l’État-candidat annonce poursuivre la généralisation du service civique qui « permet l’acquisition de compétences qui viennent renforcer la résilience de la nation ». Et entend également mettre en place une généralisation du Service national universel (SNU). Emmanuel Macron veut « remobiliser les différents leviers de l’engagement ». C’est l’idée du Service national universel, qui constitue « un des éléments de la refondation du pacte entre nos armées et la nation ». « Nous devons, poursuit-il, repenser ce pacte et réfléchir à comment lui redonner de la vitalité ». Le candidat a évoqué la généralisation du dispositif, et le doublement du nombre de réservistes pour les militaires.

Une énergie plus propre

Emmanuel Macron souhaite un « déploiement massif » d’énergies renouvelables, qu’il s’agisse de « l’éolien en mer, et du solaire sur terre ». En parallèle, un nouveau plan de construction de réacteurs nucléaires sera mis en œuvre « immédiatement ». « C’est le seul mix qui permet de réduire de manière efficace rapide et souveraine nos émissions de carbone », assure-t-il.

A côté de cette stratégie pour la production, une autre sera mise en place pour consommer moins. Avec pour objectif de « rénover au moins 700 000 logements par an ». Mais aussi de proposer « une offre abordable de véhicules électriques », notamment par des « mécanismes de leasing pour les ménages les plus modestes ».

« Reprendre le contrôle capitalistique de plusieurs acteurs industriels »

Sur le volet industriel, Emmanuel Macron souhaite « développer des filières 100 % françaises de véhicules électriques, dans le solaire, et dans l’éolien ». Il évoque encore une reprise de plusieurs acteurs industriels. « Nous pouvons être la première grande nation à sortir de la dépendance au gaz et au charbon », explique-t-il. Une taxe carbone européenne serait « déclinée au niveau national par une planification par secteur », ajoute-t-il. Pour le candidat : « Il nous faut changer la formation des prix au niveau européen, en particulier les prix de l’électricité », et reprendre « le contrôle capitalistique de plusieurs acteurs industriels ».

Plus d’indépendance agricole

Rendant hommage aux agriculteurs, le président sortant a indiqué vouloir « aller vers plus de circuits courts, plus de produits bio ». Mais aussi « renforcer l’action sur le renouvellement des générations ». Cela passera par la formation, l’installation, « dans le cadre d’une loi d’orientation agricole ». Ce dispositif sera « complété au niveau européen par l’intensification de notre plan protéine (initiative française lancée en 2018) et une adaptation de la stratégie européenne "farm to fork" qui prévoyait une diminution de la production. » Une révision due à la guerre en Ukraine, car « l’Europe ne peut pas se permettre de produire moins  ».

Le plein-emploi en 2027

Le Chef de l’État-candidat affirme viser « le plein-emploi » d’ici cinq ans, « en continuant à simplifier et déconcentrer le dialogue social », mais aussi en continuant « la réforme de l’assurance chômage pour l’adapter à la conjoncture ». « Nous transformerons Pôle emploi en "France travail" », annonce-t-il avant d’expliquer : « L’idée est de réussir à l’échelle d’un territoire à mettre en commun tous les savoir-faire : de Pôle emploi, de nos régions, des communes, des missions locales. Il y a une trop grande segmentation de ceux qui accompagnent le retour à l’emploi ». La volonté affichée est d’avoir un « guichet unique » où l’accompagnement se fera de façon plus simple, avec un bilan de compétences, des formations, et un accompagnement vers le retour au travail.

Vers un « Revenu d’activité » remplaçant le RSA

Emmanuel Macron souhaite une « réforme du RSA vers un Revenu d’activité ». Il considère que « les bénéficiaires du RSA ont été les victimes de notre mauvaise organisation collective. » Pour le candidat : « Il faut un revenu de subsistance pour toute personne mais aussi des devoirs pour leur permettre de prendre leur part ». Est-ce à dire : « Une obligation de consacrer 15 à 20 heures par semaine de formation en insertion ou d’emploi pour bénéficier du RSA. C’est ce que nous sommes en train de déployer pour les 18-25 ans (contrat d’engagement jeune). Il faut reconnaître la dignité de chacun et demander une part d’effort ».

Retraite à 65 ans

Emmanuel Macron, a acté l’abandon de sa réforme de 2017 qui n’avait pas pu voir le jour en raison de la pandémie. Mais, s’il est réélu, il confirme vouloir repousser l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Et il souhaite la prise en compte des spécificités des carrières longues qui se fera « dans le dialogue social ». « Nous sommes dans une société qui vieillit. Il est donc normal, surtout compte tenu de la nature des comptes publics, que nous travaillions plus », précise le Président sortant. Cette réforme prendra en compte « les carrières longues, les questions d’invalidité et la réalité des métiers et des tâches », assure-t-il.

École : Changer la méthode

« Ce que je veux faire c’est changer de méthode », prévient-il avant de préciser : « Je souhaite que le chantier puisse débuter par une large consultation pour savoir comment atteindre les objectifs. Je veux qu’on puisse mobiliser et associer toutes les parties prenantes pour changer notre mode de fonctionnement ». Cela passera par un « pacte nouveau pour les enseignants ». Les augmentations de rémunération se poursuivront « sur de nouvelles missions. Par exemple le remplacement des enseignants absents ». Le candidat souhaite également un « suivi plus individualisé des élèves », notamment pour l’aide aux devoirs, et « plus de formations de nos professeurs ». Emmanuel Macron parle de « plus de liberté pour nos établissements ». C’est-à-dire « valoriser l’expertise de terrain, donner plus de libertés aux équipes pédagogiques » et « expérimenter d’autres organisations ». Le chef de l’État veut « plus de transparence pour les élèves et les parents ». Cela consistera par exemple à « mettre à disposition les évaluations  ». Il souhaite également que l’on continue « de consolider les fondamentaux y compris les mathématiques » qui seront réintégrés au tronc commun.

S’il est réélu, le chef de l’État veut d’avantager lutter « contre le harcèlement à l’école et le harcèlement cyber ». « La souffrance de nos enfants est un phénomène qui a complètement explosé ces dernières années et nous devons complètement nous mobiliser », insiste-t-il.

Santé : « Aller beaucoup plus loin, plus vite et plus fort »

Dans le chantier de la santé, Emmanuel Macron considère : « Nous devons réussir à aller beaucoup plus loin, plus vite et plus fort », notamment en renforçant « la politique de prévention », « la simplification de l’hôpital et de sa gouvernance » et l’amélioration de « l’accès aux soins en urgence ». Emmanuel Macron souhaite recruter « 50 000 infirmiers et aides-soignants » dans les Ehpad et renforcer « les contrôles pour pouvoir lutter contre les pratiques inhumaines et dégradantes ». Le chef de l’État s’engage également à organiser « un renfort massif dans les déserts médicaux avec des permanences ponctuelles dans les territoires les moins dotés, le développement des téléconsultations, réguler davantage l’installation… »

25 milliards d’euros pour la Recherche

Emmanuel Macron veut « poursuivre les réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche ». « Le financement de notre recherche sera un élément clé des cinq prochaines années », indique-t-il, annonçant une loi de programmation pour la recherche dotée de 25 milliards d’euros d’investissement sur 10 ans. En parallèle, il veut renforcer l’autonomie des universités et « positionner les organismes de recherche sur des secteurs stratégiques pour attirer les meilleurs talents internationaux. »

Une information libre et indépendante

Le chef de l’État, candidat à sa réélection, souhaite la consolidation d’un « modèle économique viable pour l’information libre et indépendante. » Il poursuivra par ailleurs l’aide à la création des artistes en lançant la deuxième étape de la commande culturelle.

Les propositions sociales

Emmanuel Macron veut à nouveau faire de l’égalité femme-homme la grande cause de son deuxième quinquennat, avec un accompagnement accru des familles monoparentales et davantage de prévention sur la santé féminine. Il propose notamment une « augmentation de 50% de l’allocation de soutien pour les mères célibataires », de 116 à 174 euros par enfant, et la création d’un « droit à la garde d’enfants opposable ».

En ce qui concerne la prime de pouvoir d’achat, elle serait portée jusqu’à 3 000 euros par an contre 1 000 euros actuellement, « sous condition de signer l’accord d’intéressement ».

Pour les plus âgés et les aidants, Emmanuel Macron souhaite lancer une « réforme ambitieuse pour l’autonomie » en adaptant le logement au vieillissement avec « une prime adaptée ».

Sur la justice, le président-candidat veut embaucher « 8 500 magistrats et personnels de justice » et, plus globalement, il promet de « réduire les délais », d’assurer « l’effectivité des peines » et améliorer « les conditions de travail de nos magistrats ».

Sur l’immigration, Emmanuel Macron souhaite effectuer une « refonte de l’organisation de l’asile et du droit de séjour avec une procédure d’éloignement plus rapide ». S’il est réélu, « le refus d’asile vaudra obligation de quitter le territoire français », déclare le chef de l’État. Concernant l’immigration toujours, Emmanuel Macron veut que l’obtention des titres de séjour longs « ne soient plus conditionnés à des démarches » mais « à un examen de français et une vraie démarche d’insertion professionnelle ». La carte de séjour annuelle sera donnée « dans des conditions plus restrictives », promet-il, et affirme qu’il « assume » ce choix.

Réforme des droits de succession

« Les droits de succession seront modifiés pour prendre en compte l’évolution des prix de l’immobilier », a indiqué Emmanuel Macron. En ligne directe, l’abattement passera de 100 000 à 150 000 euros.

Une commission transpartisane pour renouveler nos institutions

Le chef de l’État conclut en affirmant qu’il souhaite lancer « une commission transpartisane pour renouveler nos institutions ». Il affirme être « pour un exécutif fort » et « pour un parlement fort qui puisse renforcer ses missions de contrôle. » Il se dit également favorable à « plus de proportionnalité ».

Emmanuel Macron répondra également à Gérard Larcher, président du sénat qui dans un entretien au Figaro prévient : « S’il n’y a pas de campagne, la question de la légitimité du gagnant se posera ». Selon cette figure (LR) de la vie politique, le chef de l’État « veut être réélu sans jamais avoir été réellement candidat, sans campagne, sans débat, sans confrontation d’idées ». Pour Emmanuel macron « Un président du Sénat ne devrait pas dire ça ». « En toute sincérité, poursuit-il, quiconque est censé porter le suffrage universel et dont la légitimité procède des élus, ne devrait pas s’amuser à remettre en cause la légitimité de quelque élu que ce soit, y compris quand ce sont des gens qui ne lui plaisent pas... ».
Patricia MAILLÉ-CAIRE

Emmanuel Macron veut avancer sur l’autonomie de la Corse

Emmanuel Macron a estimé qu’« il faut maintenant qu’un processus de travail s’enclenche  » sur l’autonomie de la Corse, mais avec au préalable un « retour au calme » sur l’île. « Le débat sur l’inscription de la Corse dans la Constitution, la question des compétences et éventuellement de l’autonomie n’est pas un débat tabou. Vous me l’avez entendu dire comme candidat il y a cinq ans et comme Président il y a plus de quatre ans », a déclaré le président-candidat.

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