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Emerging Valley. Europe-Afrique : ’Les entreprises innovantes n’ont jamais eu autant besoin de se rencontrer’

samedi 3 décembre 2022

Après la pause imposée par la Covid Emerging Valley est revenu en présentiel, au Palais du Pharo, ce 29 novembre avec, toujours, la même volonté de mettre en exergue les sujets brûlants de la scène internationale tels qu’ils sont vécus sur le terrain, par les acteurs de l’innovation Afrique-Europe. Une journée construite autour de deux thématiques centrales : la co-innovation Europe-Afrique et la souveraineté, qu’elle soit digitale, alimentaire ou énergétique. Des enjeux fondamentaux qui ont rassemblé plus de 2 300 participants, de 74 pays.

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une journée pour créer des ponts coconstruire (Photo Joël Barcy)

Samir Abdelkrim, fondateur d’Emerging Valley, insiste sur sa montée en puissance, sur son importance dans le contexte de crises actuel : « La situation géopolitique et environnementale n’a jamais été aussi fragilisée, et c’est pour cette raison que les entreprises innovantes n’ont jamais eu autant besoin de se rencontrer et d’accélérer leur développement pour avoir un impact concret sur des sujets absolument vitaux comme la souveraineté. Qu’il s’agisse de souveraineté numérique, alimentaire ou encore énergétique ».


Laure-Agnès Caradec, présidente de l’Établissement Public d’Aménagement Euroméditerranée rappelle qu’Euromed, « aménageur de la ville durable méditerranéenne, est partenaire depuis l’origine d’Emerging Valley, pour développer l’entrepreneuriat entre l’Europe et l’Afrique sur les défis énergie, ville durable et innovation ». L’élue ne manque pas de mettre en lumière un événement qui s’est produit peu avant Emerging Valley, l’installation du seizième câble de données numériques, 2Africa, le plus grand câble sous-marin du monde, qui vient d’être connecté à Marseille.

Michèle Rubirola, Première adjointe au maire de Marseille, insiste pour sa part sur l’importance des diasporas présentes à Marseille pour favoriser les liens, les échanges entre Europe et Afrique. Elle souligne également la nécessité « de mettre en place une mondialisation profitable à tous, intelligente, à taille humaine, inclusive ». Pour l’élue : « Il est temps de libérer toutes les potentialités de croissance de l’Afrique ».

« Notre partenariat euro-africain s’avère plus que jamais stratégique »

Martine Vassal, la présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille Provence considère : « Dans un contexte international complexe, notre partenariat euro-africain s’avère plus que jamais stratégique. Aix-Marseille-Provence et le département 13 renforcent ainsi leur soutien à Emerging Valley pour consolider ce pont entre les deux rives de la Méditerranée ». Elle rappelle que « grâce à ses atouts géographiques, économiques, culturels, notre territoire a su devenir le premier hub numérique vers l’Afrique en Europe. Continuons ensemble à développer des solutions innovantes co-construites ».

Il revient à Didier Parakian vice-président de la métropole Aix-Marseille Provence, de faire le point sur la candidature de la métropole au titre de Icapitale, une candidature soutenue par Emerging Valley.

Emerging valley c’est aussi des concours . Le Prix Med’Innovant 2022 a été attribué à une startup tunisienne, Wayout Ecological Solutions, spécialisée dans le traitement des eaux urbaines usées. La startup congolaise, GreenBox, productrice de chambres froides vertes a reçu le Prix « Coup de cœur ». Le concours Provence Africa Connect a été remporté par Telaqua, spécialisée dans les économies d’eau pour l’irrigation.

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Photo Joël Barcy

Le concours « Provence Africa Connect » met en lumière et accompagne les entrepreneurs qui contribuent au renforcement du partenariat et des liens économiques entre le territoire métropolitain d’Aix-Marseille-Provence et l’Afrique. Le Docteur Doudou Tamba Fondateur et CEO de Tamba Labs (lauréat 2021 du prix Provence Africa connect), évoque l’impact de ce prix.

Nicolas Cavalier co-fondateur de Telaqua (lauréat 2022 prix Provence Africa Connect) exprime sa satisfaction d’avoir obtenu le prix 2022.

En visio Olivier Becht, ministre délégué auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères chargé du Commerce extérieur, de l’Attractivité rappelle : « Le président de la République a voulu refonder le partenariat qui nous lie au continent africain. Ce renouvellement doit passer par de nouveaux liens économiques avec l’accent mis sur le numérique et l’innovation ». Ce qui se traduit notamment par le premier Africatech ou encore les 130M€ pour le numérique et l’entrepreneuriat africains jusqu’en 2025. Un propos qui introduit le débat sur la co-innovation.

Bertrand Walckenaer, directeur général adjoint de l’Agence Française de Développement présente l’action entreprise sur ce continent par l’AFD : « Il y a pour nous dans le financement de la transition énergétique un triple enjeu : collectif, de trajectoire et d’instruments ». Il précise : « sur le plan collectif nous avons mis en place le dispositif "France en commun" qui rassemble 530 banques publiques au niveau mondial qui représentent 10% de l’investissement mondial ». En matière de trajectoire il signale les réalisations tant sur le plan solaire que celui de l’éolien ainsi qu’une expertise permettant de définir des trajectoire en matière de rejet de gaz à effet de serre si rien n’est fait. Concernant les instruments il évoque différents outils qui permettent à la France d’investir 6 milliards d’euros par an dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il insiste à ce propos sur l’importance du « contrat social » pour permettre cette transition.

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Tout au long de la journée de nombreuses tables rondes ont été organisées (Photo Joël Barcy)

Il faut changer la perception du made in Africa

Birame N. Sock est experte en technologie avec plus de 20 ans d’expérience en tant que technologue, entrepreneur et cadre de haut niveau avec un accent clé sur le digital. Originaire du Sénégal, Birame N. Sock est revenu dans son pays où elle a fondé Kwely, sa dernière startup, une nouvelle place de marché d’approvisionnement en gros B2B qui met en valeur les produits fabriqués en Afrique. Pour elle : « Il faut changer la perception du made in Africa, montrer, sur le marché africain, que les produits africains peuvent être au même niveau que les produits importés. Il faut voir l’Afrique, mais aussi le monde comme le marché africain ». et d’inviter l’Europe à « cocréer avec l’Afrique en écoutant et en comprenant les besoins de ce continent ».

Daniel Schaer, ambassadeur d’Estonie chargé des relations avec l’Afrique explique pourquoi son pays développe ses relations avec ce continent : « Nous avons un point commun : la numérisation. Nous pouvons comme ce continent sauter des étapes pour être directement dans l’innovation. Nous avons mis en place un système qui simplifie la vie, réduit la bureaucratie..., un système qui intéresse des pays tel que le Bénin. Et nous apprenons aussi des innovations, des solutions africaines  ».

« Des outils d’accompagnement sur le modèle de BPI mais adaptés à chaque pays »

Pour Isabelle Bébéar, directrice des Affaires Internationales et Européennes de Bpifrance : « Nous sommes dans un monde en mutation, en métamorphose et nous nous adaptons à cette situation, aux besoins des entrepreneurs que nous incitons aussi à s’adapter, notamment en matière de numérisation ». Elle souligne que BPI favorise aussi les échanges, entre autres, avec France-Afrique Entrepreneurs, qui permet des rencontre digitales entre entrepreneurs mais aussi physiques dans certains pays. « Nous sommes aussi partenaires d’opérations européennes visant à connecter les incubateurs européens et africains ». Isabelle Bébéar, indique encore : « On voit des gouvernements africains entendre mettre en place leurs propres outils de financements, nous collaborons avec eux pour créer leurs propres outils d’accompagnement sur le modèle de BPI mais adaptés à chaque pays  ».

« La question cruciale de la souveraineté alimentaire »

Samir Abdelkrim en vient à la table ronde sur la question cruciale de la souveraineté alimentaire. Pour lui : « Il importe de cocréer des solutions pour repenser l’agriculture afin de renforcer la souveraineté alimentaire entre l’Europe et l’Afrique ».

Arnaud Mercier, Conseiller départemental, délégué au Contrôle de Gestion, aux Systèmes d’information et aux services numériques, pointe une particularité du département des Bouches-du-Rhône : « Nous exportons 80% de notre production et nous importons 80% de la production nécessaire à notre consommation ». Dans ce contexte, explique-t-il : « La priorité du département comme celle de la métropole Aix-Marseille-Provence en matière agricole s’appuie sur trois axes : protéger les entreprises du tissu primaire en allégeant les charges d’exploitation ; consolider le potentiel d’exploitation en protégeant les terres agricoles ; faciliter l’accès de nos populations aux produits locaux et, si possible à des prix maitrisés ».

« L’Afrique importe plus d’un million de tonnes d’engrais »

Mouhamadou Lamine Kebe, co-fondateur de Tolbi, start-up sénégalaise spécialisée dans l’agriculture digitale note : « L’Afrique importe plus d’un million de tonnes d’engrais, venant principalement de Russie, Biélorussie et d’Ukraine pour ses productions. Nous avons donc un système très fragile par rapport à des situations exogènes. Nous devons anticiper et planifier, favoriser la transition vers une agriculture durable ». Pour ce faire, détaille-t-il : « Tolbi avance des solutions fondées sur l’intelligence artificielle, les drones et l’Internet visant à développer une agriculture intelligente, résiliente au changement climatique. Des avancées qui pourraient se révéler bien utile en Europe. »

« Une agriculture moins productiviste »

Valérie Verdier, PDG de l’IRD, signale : « Nous nous inscrivons dans une recherche coconstruite de manière équitable. Nous travaillons depuis des années sur la sécurité alimentaire en soutenant une agriculture moins dépendante des intrants, respectueuse de l’environnement et plus résiliente aux changements climatiques. Il faut d’autre part travailler sur le stockage et la transformation des produits. Puis il y a la question de la nutrition. Nous agissons pour favoriser le développement d’une agriculture moins productiviste mais permettant de répondre au mieux aux besoins des populations locales. Nous travaillons avec des centres de recherche pour cela ». Puis de mettre en avant une piste : la rizipisciculture. « Il s’agit de conjuguer pisciculture et riziculture, les poissons nourrissant, par leur déjection, les plantations ».

« Apporter à la plante juste l’eau dont elle a besoin »

Jean-Marc Philip, directeur commercial et innovation à la Société Canal de Provence, indique : « La Provence c’est 600 000 hectares de terres agricoles, 40 000 emplois dans ce secteur, mais c’est aussi une activité qui subit l’impact du changement climatique. Notre rôle est d’accompagner les agriculteurs sur le chemin de la résilience face aux événements agroclimatiques ». Il indique que sa société, sur le territoire mais aussi en Afrique entend favoriser la préservation du sol, réduire l’utilisation d’intrants et d’eau en favorisant un système permettant d’apporter à la plante juste l’eau dont elle a besoin. « Nous soutenons aussi l’agrivoltaïsme permettant de produire de l’énergie et de protéger les cultures ».

Pour Bertrand Foffe, CEO de Jangolo :« La souveraineté alimentaire passe d’abord par la souveraineté des données, des écosystèmes ». Il affiche l’ambition de Jangolo d’interconnecter tous les maillons d’une filière du producteur au vendeur et jusqu’au consommateur « qui doit être conscient que son achat impacte toute une chaîne  ». Il insiste sur le fait qu’actuellement, en Afrique, les pertes agricoles s’élèvent à 40% faute d’accès aux marchés . « Il faut rendre la chaîne performante, développer le système de distribution pour réduire les pertes ».
Michel CAIRE - Reportage vidéo Joël BARCY

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(Photo Joël Barcy)

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