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Entretien avec Karim Amellal, fondateur de Pluriel : La République doit être une chance pour tous

mardi 15 mars 2022

Karim Amellal est enseignant à Science-Po Paris, auteur notamment de l’essai "Discriminez-moi ! Enquête sur nos inégalités" et de romans. Fondateur de « Pluriel », il présente ce mouvement « tourné vers la société civile, qui rassemble des personnes venues de tous horizons mais qui partagent cette conviction que la République doit être une chance pour tous, quelle que soit son origine, son milieu, son statut, son lieu de résidence ». Entretien.

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Karim Amellal est le président-fondateur du mouvement Pluriel ©DR

Destimed : Vous êtes au cœur de la démarche engagée par le mouvement Pluriel, pouvez-vous nous en rappeler la genèse et les objectifs ?
Karim Amellal : Sur des sujets aussi fondamentaux que l’égalité des chances, la diversité, la mobilité sociale ou les valeurs de la République et ce que celle-ci signifie pour nous tous, nous sommes nombreux à ressentir à la fois un vide et un besoin : un vide parce qu’il nous semble que ces sujets ont largement disparu de l’agenda politique et du débat public, ou alors sont dénaturés et caricaturés par l’extrême droite ; un besoin car nous ressentons comme une nécessité de les replacer au cœur de notre destin commun, de ce qui nous unit en tant que citoyens. Pluriel vise à répondre à cela, en faisant des propositions concrètes et réalistes, en nourrissant le débat public, en mobilisant des gens, des citoyens, qui ont envie de s’engager sur ces sujets. La campagne électorale, bien qu’écrasée par l’actualité internationale, est une opportunité que nous voulons saisir. Notre objectif est simple : faire que nos idées et nos propositions portent, aient un impact, soient mises en œuvre dans les cinq ans à venir.

Ce mouvement de la société civile est-il appelé à se structurer et à se doter d’une gouvernance institutionnalisée ?
C’est un mouvement citoyen, tourné vers la société civile, qui rassemble des personnes venues de tous horizons mais qui partagent cette conviction que la République doit être une chance pour tous, quelle que soit son origine, son milieu, son statut, son lieu de résidence. Nous avons d’abord voulu aller vite et rassembler des gens qui avaient cette envie d’agir, de réfléchir autour de cette promesse républicaine, de façon positive et constrictive. Nous avons vite compris que cette démarche collective suscitait de l’intérêt et rencontrait un écho. Nous allons donc davantage nous structurer et faire en sorte que ce mouvement utile continue à exister après l’élection présidentielle.

Comment envisagez vous de « territorialiser » cette démarche collective qui est née a Paris ? Verra-t-on un jour un Pluriel marseillais ?
Pluriel n’est pas né à Paris mais d’abord en ligne, grâce aux réseaux sociaux. Nous avons dès le début rassemblé des gens qui habitent un peu partout en France, même s’il est vrai que nous sommes nombreux à vivre en Île-de-France, mais les Marseillais et habitants des Bouches du Rhône viennent en deuxième position. Nous avons d’ailleurs déjà organisé un petit événement à Marseille pour implanter Pluriel et j’ai bon espoir que le Pluriel marseillais grossisse vite. Nous allons faire la même chose ailleurs, à Lyon, au Havre, à Lille ou Nantes où nous avons des relais importants. Pluriel doit mobiliser partout.

Quel est le profil des membres de Pluriel ?
Nous rassemblons des personnes de toutes origines, des jeunes et des seniors, beaucoup de femmes (Pluriel est majoritairement féminin, et c’est tant mieux). Tous ceux qui nous rejoignent sont marqués, engagés ou intéressés par les sujets que nous souhaitons porter dans le débat public : les inégalités sociales et territoires, les discriminations, mais aussi l’entrepreneuriat et les nouvelles modalités d’engagement, l’articulation entre la justice sociale et l’écologie.

Une fois que l’élection présidentielle et les élections législatives seront passées, comment voyez-vous l’évolution de Pluriel ?
Je veux que nous continuons à exister et à grandir. Je suis extrêmement heureux de voir ce que nous avons fait en 3 mois, mais il nous reste encore beaucoup à faire. Nous devons continuer à nous structurer, à mobiliser, à réfléchir et à faire sortir nos propositions. Nous faisons ce travail maintenant et nous poursuivrons après l’élection. Pluriel est amené à durer.
Propos recueillis par Bertrand Valdepenas

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