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Esport : L’ICSS et Pulp partenaires pour favoriser le développement durable d’un phénomène planétaire

jeudi 9 mai 2019

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Au centre Mohammed Hanzab et Pierre Distinguin sont entourés par Cédric Dufoix, Hervé Liberman, Jean-Daniel Beurnier, Jean-François Masse, Andrew Cooke, Romain Sombret (Photo B.A.)

Le Esport est en constante croissance mais présente de nombreuses problématiques sécuritaires. Pulp, créé par Pierre Distinguin dont l’objet est d’accélérer les start-up et de produire du conseil stratégique auprès des acteurs en responsabilité dans les écosystèmes sportifs, travaille sur cette question en partant de l’idée selon laquelle : « C’est à nous aujourd’hui d’accompagner cette croissance afin qu’elle soit durable ». Dans ce cadre, il vient de signer, à thecamp, un partenariat avec l’Agence Qatarie ICSS (International Centre for Sport Security) qui, depuis 10 ans œuvrent sur les sujets de sécurité, d’intégrité et de gouvernance dans le sport auprès des multiples organisations internationales (Comités Olympiques, fédérations internationales, Unesco, ONU, Unicef, Harvard Business School,...). Ils vont aider les acteurs de la Région Sud/Provence-Alpes-Côte d’Azur à se doter d’un cadre de travail fiable et sécurisé, de nature à faciliter la compréhension et l’adoption du Esport auprès des parents, des clubs, des entreprises privées et publiques et des associations. En devenant territoire pilote, Aix/Marseille bénéficiera ainsi d’une méthodologie éprouvée, d’une expertise stratégique et d’une communication internationale.

Pulp s’engage dans une feuille de route avec ICSS, à créer les conditions pérennes pour la croissance d’un cluster Esport durable, dont la sécurité sera le fil conducteur. Trois fois par an, ICSS et Pulp restitueront à thecamp à Aix-en-Provence, les résultats de leur feuille de route dont les grands déterminants seront : la formation, la gouvernance, l’intégrité humaine, la responsabilité sociale et sociétale. En tant qu’accélérateur sportif régional, Pulp sera « en mesure de mettre autour de la table les bons acteurs publics et privés ».

L’ICSS a pour mission de promouvoir et de protéger l’intégrité et la sécurité du sport

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Mohammed Hanzab (ICSS) et Pierre Distinguin (Pulp) ont signé un partenariat (Photo D.R/ ICSS)

Pierre Distinguin se félicite de ce partenariat « qui permettra de faire de notre écosystème le lieu d’expérimentation Esport de la Région ». Il rappelle que l’ICSS est une organisation internationale à but non lucratif basée à Doha, au Qatar. Ce centre a été créé en 2010 par Mohammed Hanzab et il a été officiellement lancé en mars 2011 avec pour mission de promouvoir et de protéger l’intégrité et la sécurité du sport. La signature a eu lieu dans le cadre d’un colloque qui a vu intervenir Mohammed Hanzab, Pierre Distinguin, l’avocat Jean-François Masse qui pointera l’attractivité du Esport ainsi que des menaces pesant dessus et laissant entendre qu’une réflexion est en cours pour porter plainte contre un jeu. Romain Sombret, fondateur et dirigeant de Mon club Esport (MCES) a expliqué la philosophie et les ambitions de ce club. Hervé Liberman, directeur des sports de la métropole Aix-Marseille-Provence et président du Comité Olympique régional Sud qui indique, dans le cadre de ses fonctions, tout l’intérêt qu’il porte à cette démarche sécurité : « Il est de notre responsabilité de comprendre ce qui se passe dans le Esport, sans aller trop vite ni laisser filer au risque de le voir s’auto-organiser non au bénéfice des pratiquants mais des éditeurs de jeux et des opérateurs ». Enfin, Andrew Cooke, le directeur de la Sécurité chez ICSS a présenté une feuille de route, des pistes pour permettre au Esport de se développer, un développement qui, explique-t-il, se conjugue avec sécurité et éthique. Tandis que le neurologue Eudes Menager devrait rassurer bien des parents puisqu’il explique que des études montrent que « les jeux vidéo développent les compétences cognitives ». Mais de préciser, notamment pour les pro : « Il faut une hygiène de vie et pas besoin de joueur des heures et des heures, à un moment le cerveau n’est plus performant ».

« Marcher tous les jours peut être un sport »

Pour Pierre Distinguin un constat s’impose rapidement : « Il n’est pas simple de créer un lien entre le sport bien-être et celui qui vise à la recherche de résultats. Et la diversité des pratiques est quasi infini. Marcher tous les jours peut être un sport, faire la queue pendant une heure peut l’être aussi tout comme jouer pendant des heures à un Esport ». Mais il est évident que le sport change, que de nouvelles pratiques apparaissent : « Pulp se donne comme objet de contribuer à rendre accessible le futur du sport ». Il rappelle : « Il y a 9 ans le Qatar a obtenu la Coupe du Monde de football. Au-delà de ce succès il a envoyé un signal au Monde en créant une agence qui anticipe toutes les questions de sécurité avec une approche industrielle et business. » « Le sport dans toutes ses dimensions se développe et il a besoin d’un cadre législatif pour cela », considère Mohammed Hanzab qui constate « les règles suivent souvent les pratiques ». Et de rappeler que, lorsque l’ICSS a été créée au début de 2010 « il était animé par une vision de ce que pourrait être le sport : une force unificatrice, positive et inspirante pour le bien, sans corruption et, jouée dans des stades et des arénas sûrs pour tous ». L’objectif était de faire en sorte qu’une organisation serve de pôle international, réunissant expertise et connaissances, travaillant en collaboration avec de multiples parties prenantes, au service du sport et dans son intérêt. « La protection de l’intégrité du sport n’est pas l’apanage d’un organisme, d’un pays ou d’une entité », précise Mohammed Hanzab.

« Mon projet a pris tout son sens lorsque un accord a été signé, en 2012, avec la Sorbonne »

Mohammed Hanzab ne cache pas son plaisir d’être en France : « Un pays dont la contribution au sport est énorme ». « Mon projet, insiste-t-il, a pris tout son sens lorsque un accord a été signé, en 2012, avec la Sorbonne. Nous avons alors lancé, sous la forme d’une Chaire d’entreprise, le programme de recherche appliquée Éthique et Sécurité dans le Sport ». Un programme qui se focalise, en particulier, « sur les liens entre les jeux d’argent au niveau international et le trucage des résultats sportifs obtenus, notamment, par la fraude dans les paris. » Cette initiative trouve son prolongement en matière d’enseignement à travers son association au Master 2 « Droit du sport », diplôme de droit délivré par l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Le Bureau Européen de l’ICSS à Paris a apporté également son soutien aux travaux de la Chaire. Le programme vise principalement à contribuer aux efforts de la communauté internationale entrepris pour le développement d’un cadre juridique international destiné à réglementer les jeux d’argent et à mettre fin à la manipulation des résultats sportifs, à partir d’une analyse des instruments déjà utilisés au niveau tant international que régional et national. Pour Mohammed Hanzab : « La protection du sport est une responsabilité partagée - une responsabilité à laquelle nous pouvons tous contribuer et jouer un rôle actif. Grâce à notre approche fondée sur la recherche et sur l’expertise et à une coopération internationale solide, l’ICSS a contribué à des avancées significatives en matière de politique, de programmes, des ressources et des projets qui font une réelle différence dans la sauvegarde du sport à l’échelle mondiale ». Car, assure-t-il : « Le sport est une force économique, sociale et culturelle sans pareil ». avant d’ajouter qu’« il est menacé par certaines organisations, gouvernements et par un manque de gouvernance par la corruption et les menaces à la sécurité ». Et, dans ce contexte, Mohammed Hanzab considère : « Le Esport connaît une croissance de plus en plus importante. Il faut une gouvernance et mon rêve serait qu’elle soit à Marseille. Ce Esport va avoir des milliards de pratiquants avec tous les problèmes que cela va poser en termes sécuritaire pour les joueurs, les spectateurs, les tournois. C’est une gouvernance durable qu’il faut mettre en place et son implantation à Marseille aurait beaucoup de sens ». Jean-François Masse explique la révolution que représente le Esport et donc l’importance de se préoccuper de son évolution. Aujourd’hui, les finales d’un seul jeu rassemble, aux États-Unis, plus de spectateurs que le Super Bowl. « Le Esport prend le temps, l’attention et l’argent des jeunes ». Ainsi, alors que le foot compte 265 millions de joueurs dans le monde, un seul jeu compte 200 millions de joueurs... quotidiennement. Fortnite, créé il y a 21 mois, vient de lancer une World Cup dotée de 125 millions de dollars, « soit l’équivalent de l’ensemble des tournois ATP ». Un phénomène qui touche aussi la région Sud avec l’équipe marseillaise MCES « qui entend devenir l’une des plus grandes d’Europe et qui vient déjà de rejoindre la Ligue 1 sur un jeu et compte dans ses rangs un 6e mondial sur Fortnite ». Il précise pour ceux qui seraient tentés de se positionner sur ce secteur : « on peut y entrer par la technologie, par l’image ou par la compétition ».

« Nous travaillons pour savoir si la compétition organisée par Fortnite n’est pas illégale en France »

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Me Jean-François Masse :"Un seul jeu compte 200 millions de joueurs... quotidiennement" (Photo B.A.)

Mais tout serait-il rose ? : « Aujourd’hui ce sont les éditeurs qui décident. Fortnite maîtrise le secteur. La compétition qu’il organise est à partir de l’âge de 13 ans, sans aucun contrôle, avec toutes les dérives auxquelles cela peut conduire. Alors nous nous interrogeons avec un juriste, et nous travaillons pour savoir si la compétition organisée par Fortnite n’est pas illégale en France », explique Jean-François Masse. Et de pointer ensuite les enjeux pour un développement durable du Esport : « Le développement de la cybersécurité, la lutte contre le dopage et la maîtrise des paris sont des questions fondamentales car, si les jeux sont virtuels les enjeux sont profondément humains ». Hervé Liberman n’entend pas rater le train du Esport tout en souhaitant que ce dernier soit sur de bons rails. « Nous avons décidé d’accompagner le développement du Esport parce que nous sommes convaincus de la complémentarité des deux mondes si tant est que nous construisons ensemble les conditions de passage entre pratiquant Esport et pratiquant sport en veillant à préserver les valeurs et l’éthique morale du monde sportif. Ce n’est pas gagné mais nous assumons cette difficulté, rémunératrice sur le long terme auprès des publics qui sont souvent les mêmes tant il est vrai que l’on ne compte plus les sportifs traditionnels qui sont également pratiquants du Esport ».

« Le sport s’inscrit dans l’ADN de notre territoire métropolitain »

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Hervé Liberman : "Le sport s’inscrit dans l’ADN de notre territoire métropolitain" (Photo B.A.)

Hervé Liberman insiste sur le fait que : « Le sport s’inscrit dans l’ADN de notre territoire métropolitain et du vécu de nos citoyens issus de communautés mêlées comme dans aucune autre métropole en France. Ce paysage nous donne des devoirs, placer le sport à la convergence des grands déterminants de son attractivité économique : la santé, l’agroalimentaire, le tourisme, le développement durable, les technologies numériques, l’industrie tant il est vrai que qualité de travail et qualité de vie sont liées ». « Soyons cohérents, poursuit-il, notre réunion d’aujourd’hui est dans la ligne de conduite de notre stratégie : tisser des liens avec les meilleurs dans leur domaine. Nous avons avec les JO 2024 un axe Paris-Marseille, créons un axe Paris-Marseille-Doha, cela tombe bien, le Qatar est un pays francophone depuis 2012, cela crée des liens ».
Jean-Daniel Beurnier, vice-président de la CCI Marseille-Provence, va dans le même sens : « Le sport est un enjeu majeur pour notre territoire qui doit mettre au plus haut ses équipes en football, hand, basket, rugby et Esport. Je suis d’ailleurs persuadé que, si MCES poursuit dans la même voie, il aura des millions de fans ».

« Aujourd’hui MCES c’est un business club, une équipe pro avec un fan club qui se développe et des salles »

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Romain Sombret : "Nous avons décidé de créer une académie, de retrouver l’âme du club de quartier" (Photo B.A.)
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Andrew Cooke cite les piliers dont il entend pourvoir le Esport : la sécurité, l’intégrité, la transparence, l’anticorruption et la protection des jeunes (Photo B.A.)

Romain Sombret évoque MCES : « Nous venons du monde du sport, du foot en salle, un univers dans lequel il existe des structures, des clubs contrairement au Esport. Nous avons donc décidé de créer une académie, de retrouver l’âme du club de quartier. Nous avons des entraîneurs, ce qui est rare dans le Esport, nous accompagnons les parents et nous travaillons sur une pratique équilibrée entre sport et Esport et nous avons créé une équipe pro sachant que nous accueillons des joueurs amateurs que nous faisons passer pro ». Aujourd’hui MCES c’est un business club, une équipe pro avec un fan club qui se développe et des salles. Avec, à terme, « l’ambition de créer des compétitions sur le territoire et de développer notre académie. Nous avons dans ce cadre des contacts avec Paris, Poitiers, Nantes, Le Havre. L’objectif est d’en ouvrir 10 d’ici 2020 dont sans doute deux à Los Angeles sans oublier l’Afrique qui fait partie de notre ADN. Et, d’ici 2022 devenir l’une des meilleures équipes européennes sachant que nous sommes aujourd’hui dans le top 5 français dans trois jeux ». Le club s’appuie déjà sur Yannick Agnel, directeur sportif, double champion olympique de natation et l’ancien international ivoirien de football, Guy Demel entraineur sportif. Si Romain Sombret ne cache pas les risques, les menaces qui pèsent sur le Esport, il tient à préciser un point : « Les jeunes ont des valeurs, le Esport a des valeurs, on y respecte beaucoup plus l’adversaire que dans les sports traditionnels ». Andrew Cooke rappelle les piliers de l’ICSS, piliers dont il entend pourvoir le Esport : la sécurité, l’intégrité, la transparence, l’anticorruption et la protection des jeunes. « Avec le Esport nous parlons d’une part d’une industrie, et elle doit être durable et, d’autres part de la jeunesse et des générations futures et nous voulons laisser des fondations solides. Et, dans le partenariat que nous avons signé avec Pulp nous cherchons à donner une gouvernance durable à ce Esport qui est appelé à connaître un développement extraordinaire ».
Michel CAIRE

A propos de PULP
Pulp Accelerator 100% sport est une agence privée de conseil stratégique spécialisée dans le sport autour de deux principales missions
- créer des écosystèmes sport sur les territoires ;
- accélérer les start-up du sport, bien-être et loisir
A propos de ICSS (International Center for Sport & Securité)
ICSS est une agence indépendante fondée au Qatar en 2010, pour apporter des solutions aux enjeux de sécurité dans le sport (gouvernance, intégrité, transparence, business model…). En lien avec les plus grands organismes internationaux tels que l’Unesco, l’ONU, l’Unicef, l’OECD, Harward School, les comités olympiques internationaux et les fédérations sportives internationales, et les grandes entreprises mondiales partenaires des univers sportifs. ICSS élabore des cadres de travail, conseille sur les meilleures pratiques dans le monde, impulse des initiatives régionales, promeut des événements spécialisés, maille des réseaux d’acteurs sportifs et associatifs…

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