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États généraux de l’éco : 200 spécialistes pour réfléchir à la future monnaie ouest-africaine

mercredi 26 mai 2021

Depuis ce mercredi 26 mai, plus de 200 personnalités de l’économie sont réunies à Lomé pour travailler sur la nouvelle monnaie, l’éco. Décidée le 21 décembre 2019, à Abidjan, par les présidents français et ivoirien, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara, il est prévu qu’elle remplace à terme le franc CFA, dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.

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Ouverture aujourd’hui du colloque international sur la future monnaie ouest-africaine "l’Éco" au sein de l’université de Lomé. ©EgE

Ceci ne devrait être qu’une première étape, puisqu’il est déjà planifié de l’étendre, comme monnaie unique, aux 15 pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Pour parvenir à une telle transition, entre le CFA et l’éco, un grand brainstorming des universitaires, des personnalités politiques et de la société civile a donc commencé. Le but : proposer une feuille de route aux chefs d’État et de gouvernement pour les aider dans leur prise de décision.

Définir les contours de la nouvelle monnaie africaine

Cette initiative est à mettre au crédit de la faculté des sciences économiques et de gestion de l’université de Lomé. La réflexion commune doit ainsi circonscrire les contours de la nouvelle monnaie et voir dans quelle mesure elle crée ou non une séparation avec le franc CFA, dans quelle mesure elle embrasse les 15 États de la Cédéao et comment va se faire la transition.

Pour proposer des solutions applicables rapidement, la conférence va s’articuler autour de deux groupes de travail distincts :

• Un premier réunissant les économistes avec un modèle économétrique
• Un second sous forme de panel avec les sociétés civiles, les politiques et les faiseurs d’opinion.

Une discussion animée entre des courants de pensée opposés

Dans la liste des invités, on retrouve aussi bien les anti-CFA, à l’image de Kako Nubukpo, qui depuis 20 ans estime que le franc CFA n’est pas une bonne alternative, tout simplement parce qu’il est considéré comme une monnaie trop fort, arrimée à l’euro. Cette constatation fait qu’il fonctionne alors comme une taxe sur les exportations, une subvention sur les importations entrainant une balance commerciale structurellement déficitaire.

En face de lui, se trouve de nombreux soutiens du CFA parmi lesquels Lionel Zinsou du Bénin, Michel Khalif du Togo. Tous ensemble, ils vont donc débattre de ces états généraux de l’éco. Tous les deux ans se tiendront désormais les « Conversations monétaires de Lomé » pour faire le point notamment sur l’évolution.
Mathieu SELLER

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Messages

  • D’abord, félicitations à mon ami et collègue Kako pour cette excellente initiative d’organiser les "états généraux de l’ECO". J’aurai parlé de "états généraux du projet de création de l’ECO".
    Peu importe l’intitulé, c’est une nécessité qui bien à son heure. Je souhaite plein succès aux travaux avec des résultats qui serviront à faire aboutir le projet de création de la monnaie unique de la CEDEAO.

    Une suggestion que vous me permettrez de faire en guise de suggestion, en qualité d’ancien Directeur Général de l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO), pour avoir piloté le projet de création de l’ECO et le Programme de Coopération Monétaire de la CEDEAO - De Juin 2008 à Août 2016 :

    - Une feuille de route pour la création de l’ECO existe déjà, adoptée par la Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO, en 2009, puis révisée en 2015, et suite : l’implication/invitation des institutions comme l’AMAO, l’IMAO, la Commission de la CEDEAO, (j’imagine que la Commission de l’UEMOA est déjà impliquée à travers la personne de Kako), etc., pourrait aider au partage du Document existant et d’aider à mieux informer la question et les réalisations, et d’éviter de reproduire les mêmes choses (y compris les mêmes erreurs).
    - Je vous souhaite plein succès.
    Prof. M. Ben Omar Ndiaye

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