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Festival d’Aix-en-Provence : Hip, hip, hip Nucci !

dimanche 18 juillet 2021

La prestation du baryton basse italien Leo Nucci était très attendue vendredi soir au Grand Théâtre de Provence dans l’opéra de Verdi «  I due Foscari  ». S’il a l’âge du rôle du vieux Doge de Venise, en a-t-il encore la voix ? Force et de constater que oui. Triomphe et ovation debout pour lui et une éclatante distribution.

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Marina Rebeka, Leo Nucci et Daniel Rustioni (Photo Vincent Beaume)

Leo Nucci est un sacré bonhomme. A 79 ans, il n’hésite pas à venir affronter une salle festivalière devant un orchestre imposant et aux côtés de voix bien plus jeunes que lui. Défi relevé et même si l’opéra de Verdi « I due Foscari » a été donné en version de concert, force est de constater que cet artiste est définitivement à classer au rang des stars. Adulé à l’Opéra de Marseille, ovationné ces dernières années au pied du mur d’Orange, c’est avec une œuvre peu donnée qu’il a séduit les festivaliers aixois. Dans ce rôle de Doge âgé qui est tiraillé entre sa fonction et sa famille (il ne lui reste qu’un fils qu’il condamne pour une meurtre qu’il n’a pas commis) Nucci excelle arrivant sur scène avec un visage hanté par la douleur et le questionnement.

Les premières notes lâchées donnent le ton : ce sera grand, très grand ! Et même si la projection est un peu moins puissante qu’il y a quelques années, ce qui est somme toute logique, elle est compensée par des graves affirmés, une précision de tous les instants et une diction remarquable. Puis il y a son jeu d’acteur (même en version de concert) qui transparaît dans chacun de ses déplacements, dans chacune de ses postures. Son « Rendez moi mon fils » du dernier acte, sur les sons lugubres des cloches de Saint-Marc est d’un potentiel émotionnel extrême. Du très grand art lyrique.

Distribution de premier plan

Pour l’accompagner dans son triomphe, Pierre Audi, le directeur du Festival d’Aix-en-Provence, avait convié une distribution remarquable au premier rang de laquelle il convient de placer Marina Rebeka. Après quelques notes pour placer sa voix, la soprano lettone a laissé s’exprimer sa puissance et sa précision se montrant d’une redoutable efficacité dans les aigus. C’est Francesco Meli qui prêtait sa voix à son époux Jacopo, le fils du Doge. Ténor puissant et précis, il a fait valoir sa belle ligne de chant, colorée et émouvante. Basse puissante et profonde, Jean Teitgen a apporté au personnage de Loredano son côté cynique. Valentin Thill (Barbarigo) et Adèle Charvet (Pisana) ont parfaitement complété cette distribution, apportant leur fraîcheur, mais aussi leur maîtrise, à leurs rôles.

Daniele Rustioni idéal maestro

A la direction du chœur, puissant et très bien préparé, et d’un excellent orchestre de l’Opéra de Lyon, Daniele Rustioni a proposé une lecture lumineuse de la partition, portant une attention particulière à ses solistes, et notamment à Leo Nucci. Opéra composé par un Verdi trentenaire, « I Due Foscari » est intéressant car il synthétise ce qu’allait être sa production dans les années qui suivirent. De la belle ouvrage pour Daniele Rustioni qui méritait bien, lui aussi, une part de l’ovation debout qui ponctuait la représentation. Un directeur musical et un orchestre qui ont déjà été salués pour leur contribution à « Falstaff » donné au théâtre de l’Archevêché. Une fois de plus Leo Nucci quittera la Provence satisfait et c’est tant mieux car il nous a donné du bonheur…
Michel EGEA

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