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Festival d’Aix-en-Provence : la chronique de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée

jeudi 17 juillet 2014

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L’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée au travail sous la baguette de Quentin Hindley (Photo M.E.)

Les 92 instrumentistes membres de l’Orchestre des jeunes de la Méditerranée, millésime 2014, sont à pied d’œuvre à Aix-en-Provence.
Encadrés par neuf professionnels du London Symphony Orchestra et d’autres grands orchestres, ils tiennent leur session d’été dans les studios du Grand Théâtre de Provence. Cette année, l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée a pour directeur musical Alain Altinoglu et verra sa session estivale ponctuée par trois concerts : le 24 juillet dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence au Grand Théâtre de Provence, le lendemain 25 juillet à Marseille à la Villa Méditerranée et le 26 juillet à Savines-le-lac, sur la place de la mairie. Jusqu’au 26 juillet, Destimed accompagne cette résidence avec une chronique quotidienne. Aujourd’hui nous vous proposons de découvrir le travail de Quentin Hindley, chef assistant, qui est, à Aix-en-Provence, leur premier directeur musical. Sous ses ordres, les jeunes musiciens travaillent les œuvres programmées pour cette session : une pièce contemporaine de Francisco Coll, Hidd’n Blue, Prélude à l’après-midi d’un faune de Claude Debussy, les Vier letzte lieder de Richard Strauss, Im Sommerwind d’Anton Webern et Daphnis et Chloé Suite N° 2 de Maurice Ravel.


Quentin Hindley : « Nous apprenons aux jeunes musiciens à s’écouter les uns, les autres… »

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Quentin Hindley, chef assistant de cette session 2014 de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée se multiplie volontiers pour transmettre ses connaissances aux jeunes musiciens (Photo M.E.)

La direction d’orchestre, Quentin Hindley est presque tombé dedans lorsqu’il était petit. Presque car il a débuté dans l’univers musical en tant qu’altiste et membre de l’Orchestre Régional des jeunes du Centre. C’était sous les ordres de son oncle, Jean-Marc Cochereau, le fils de l’organiste Pierre. Bon sang ne saurait mentir, Quentin Hindley s’est vite passionné pour la direction musicale, pour, lui aussi, construire la musique avec autant d’instruments différents. Et à 22 ans, il tenait la baguette.
« En fait, se rappelle-t-il, ça me titillait beaucoup. Puis je me disais que si j’étais prof d’alto au conservatoire, ce serait bien de pouvoir aussi diriger une classe d’orchestre. »
Aujourd’hui, il a en charge les orchestres de jeunes de l’académie des jeunes de l’Orchestre National de Lyon. Et, pour la première fois, il est chef assistant de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée.
« Tout a débuté avec les auditions de recrutement, raconte-t-il. Ce fut très dense. Dans certaines villes il y avait tellement de musiciens à entendre que nous nous partagions le travail avec Émilie Delorme (la directrice de l’Académie européenne de musique d’Aix-NDLR). Ce fut une expérience fabuleuse. Nous avons été accueillis remarquablement et, parfois, les jeunes musiciens que nous avions auditionnés nous faisaient ensuite visiter leur ville… »
Et lorsque nous lui demandons un souvenir marquant, il n’hésite pas une seconde :
« C’est le Maroc. Là-bas, nous n’avons entendu que des militaires. Et pour cause. Il y a une école de musique qui ne recrute que des jeunes défavorisés pour leur donner une éducation où la musique est très présente. Ces jeunes appartiennent ainsi à la garde royale. Ce sont des musiciens extrêmement motivés qui ont une façon bien particulière d’aborder la musique dans la mesure où, pour eux, c’est une vraie raison de vivre. Ce qui est très touchant, aussi, c’est leur volonté de venir poursuivre leur apprentissage en Europe car ils pensent que leur carrière passe obligatoirement par là. »

En milieu de cette première semaine de résidence, Quentin Hindley a donc débuté les « tutti ». C’est le moment où tous les musiciens se retrouvent ensemble pour travailler.
« C’est un moment très important, confie le directeur musical, car faire partie d’un orchestre, faire de la musique ensemble, ça veut dire apprendre à s’écouter. Les professionnels ont l’habitude de prendre des repères dans les partitions d’autres instruments. Les jeunes n’ont pas cette habitude, mais ils ont
la capacité. Ce que l’on veut avant tout, c’est développer cette écoute collective.
 »

A en juger par sa satisfaction en fin de répétition, les musiciens ont été très attentifs. Quant au programme de la session, il satisfait pleinement Quentin Hindley :
« Il y a de la musique française et c’est très bien. Car les deux partitions qu’ils travaillent comportent de réelles difficultés auxquelles la plupart d’entre eux sont confrontés pour la première fois. C’est très formateur. Puis cette formule d’encadrement avec les musiciens du LSO est idéale. C’est une chose exceptionnelle, c’est une mine d’or pour les jeunes. »

Faire découvrir, transmettre des émotions : tel est le quotidien de Quentin Hindley en ce moment aux côtés d’instrumentistes du bassin Méditerranéen. Il s’y consacre volontiers d’autant plus que lui reçoit, aussi, beaucoup. Le partage par la culture, en quelque sorte.

Michel EGEA

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