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Festival de Pâques. Deux violons solaires, deux cheffes d’orchestre soucieuses de partage, une soirée flamboyante

dimanche 11 avril 2021

Dix-huit minutes pour faire la jonction entre sept années de la vie de Bilal Al Nemr. C’est peu, et c’est pourtant beaucoup. Le jeune musicien syrien qui reçut en cadeau lors du Festival de Pâques un violon fabriqué pour lui était visiblement très ému de revenir jouer au Grand Théâtre de Provence (GTP). Et pas avec n’importe qui, puisqu’il retrouvait sur scène Renaud Capuçon, son « parrain artistique » pour interpréter à ses côtés le Double concerto pour violons et orchestre en ré mineur BWV 1043 de Bach qu’il considère comme « le » compositeur d’entre tous les compositeurs.

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Bach, Mozart, Béla Bartók au programme d’une soirée de musique où ici avec Renaud Capuçon et Bilal Al Nemr le "Paris Mozart Orchestra" fit des merveilles. (Photo Caroline Doutre)

« Dix-huit minutes de concerto qui résument mon parcours professionnel autant que privé », aime à rappeler Bilal Al Nemr. Et quelle perfection dans la manière dont il a dialogué, violon en mains (un nouveau violon acquis là grâce encore à Renaud Capuçon), avec un des maîtres ès-cordes du paysage musical mondial. Notamment dans le second mouvement tout en nuances et subtilités. Et le jeune violoniste qui travaille désormais à Berlin avec comme professeur Michael Barenboim, le fils de Daniel Barenboim, d’accueillir ce moment avec enthousiasme.

Deux femmes de dialogue

« C’est un concert sous le signe du partage » a déclaré ensuite la cheffe d’orchestre Claire Gibault qui toujours en compagnie du Paris Mozart Orchestra, (formation qui porta des deux violonistes sur le Bach), donna la « Symphonie n° 25  » de Mozart. Sans baguette mais avec autorité, cette architecte du son qui ne laisse rien en jachère, s’est mise au service de l’œuvre. Un moment de grâce suivi par la manière également très structurée dont la chef Rebecca Tang lui succéda au pupitre (avec baguette cette fois) pour un « Divertimento pour orchestre à cordes  » de Béla Bartók. Légèreté formelle inspirée d’un esprit populaire cher au compositeur, sens du tragique dans le « Molto adagio » du deuxième des trois mouvements, la cheffe multiplie les forces évocatrices de ce « Divertimento » de toute beauté. Comme chez Claire Gibault la fougue de Rebecca Tang fait des merveilles. Et conclut ainsi une soirée spectaculaire, tout autant qu’intimiste, qui a porté haut la musique...
Jean-Rémi BARLAND

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