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Geneviève Darrieussecq : ’La culture des marins-pompiers de Marseille, c’est servir, partout, en tout temps, pour tout le monde’

dimanche 2 mai 2021

Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées a effectué une tournée des dispositifs de vaccination à Marseille. Elle a visité successivement la caserne de Plombières du Bataillon de Marins-Pompiers, le centre de vaccination du Stade Orange Vélodrome puis le centre de vaccination de l’hôpital des Armées Laveran, ouvert au début du mois d’avril. A l’issue des ces visites Geneviève Darrieussecq a répondu aux questions de Destimed.

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En visite à Marseille, la ministre Geneviève Darrieussecq accompagnée de l’adjoint au maire en charge du BMPM Yannick Ohanessian ©Mireille Bianciotto

Destimed : Êtes-vous satisfaite de votre visite à Marseille ?
Geneviève Darrieussecq : Je suis venue, aujourd’hui, pour voir l’avancée de toutes les innovations qui ont été lancées depuis un an. J’avais pu découvrir, l’an dernier, lors de ma venue, leur démarrage et j’avoue que leur développement est particulièrement important. On est passé de l’innovation à l’utilisation quasi quotidienne de certains process. Je pense que tout cela est très intéressant et important pour pouvoir à la fois gérer cette crise de la Covid, mais aussi pour se projeter sur le long terme.

Est-ce que cela ne mériterait pas un financement supplémentaire de l’État ?
Il y a un financement qui a été dégagé, par le ministère des Armées, au niveau de l’Agence de l’innovation, ce, à quoi je m’étais engagée l’an dernier et ce à quoi s’était engagée Florence Parly et ensuite le ministère de l’Intérieur...

Est-ce qu’il y a suffisamment de doses de vaccin ?
Mais, bien sûr qu’il y a des doses, elles arrivent. Ce qui est bien, ici, à Marseille, c’est que la mise en œuvre de centres de vaccination efficaces, importants qui vont pouvoir s’adapter à l’arrivée de ces doses massives. Donc, déjà, bravo. Je pense que Marseille est bien placée, par rapport à d’autres villes de France, puisqu’il y a, à peu près, 20 % de la population qui a eu une première injection, plus que la moyenne nationale. J’encourage les Marseillais à poursuivre dans cette voie, à se faire vacciner. Si nous pouvions atteindre une grande proportion de Marseillaises et de Marseillais, vaccinés, cet été, je crois que nous verrions la diminution de l’imprégnation virale sur ce territoire

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO


Geneviève Darrieussecq rend hommage à tous les pompiers, pour leur service, « partout, en tout temps, pour tout le monde »
Il importe de dire que tous les pompiers ont été mobilisés sur des opérations, dans des centres de vaccination, avec des capacités pour devenir vaccinateurs. Et je veux rendre hommage à tous les pompiers, que ce soit les SDIS, service départemental d’incendie et de secours, ou que ce soit les brigades particulières, comme vous les avez, ici, à Marseille et comme, il y a, à Paris. Ensuite, ce qui est très intéressant, ici, à Marseille, c’est cet engagement du Bataillon de marins-pompiers à aider les collectivités, les hôpitaux, l’ARS, les Ehpad, à traquer le virus, à pouvoir être dans l’anticipation. Cette capacité à développer des innovations, les mettre en œuvre et les mettre au service des collectivités, de la Mairie, de la Préfecture et des ARS. C’est particulièrement précieux d’autant que ces compétences sont diffusées au-delà de Marseille. Cela fait d’ailleurs partie de la culture des marins-pompiers de Marseille qui est de servir, partout, en tout temps, pour tout le monde. Je tiens à leur tirer mon chapeau et à les remercier pour cet engagement sans faille au service des Marseillais mais aussi, au service de la France dans cette crise sanitaire importante, dont nous commençons à voir le bout.


Propos recueillis par M.B.


Entretien avec Alexandre Lacoste, ingénieur chimiste, chef de l’équipe opérationnelle spécialisée NRBCE (Risque Nucléaire-Radioactif-Biologique et Chimique) du Bataillon de marins-pompiers de Marseille, directeur du projet Comete (Covid Marseille Environnemental Testing Expertise)

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Il a été démontré que les chiens étaient en capacité de détecter le virus ©Mireille Bianciotto

Destimed : La ministre lors de sa visite a insisté sur les innovations du Bataillon et et elle a notamment mis en exergue la brigade canine, pourquoi ?
Alexandre Lacoste : C’est la dernière innovation, c’est la petite nouvelle. On est en train de développer cette méthode pour traquer le virus. On savait que cela marchait car des gens à Maisons-Alfort (94) ont démontré que les chiens détectaient la Covid. Alors nous avons essayé avec un chien sur les huit dont nous disposons au Bataillon pour voir s’il était en capacité de reconnaître derrière une porte quelqu’un qui avait la Covid et quelqu’un qui ne l’avait pas. En 2 à 3 semaines, nous avons eu de très bons résultats. En fait le chien ne sert pas à détecter la personne positive, le chien nous sert à marquer des individus intéressants, entre guillemets, à nous derrière, de suivre, de vérifier. On va alors utiliser une autre innovation qui est la spécificité du bataillon, c’est la PCR, en moins de 20 minutes. Nous allons donc proposer à la personne un prélèvement et 20’ après, on saura si le chien a vu juste ou non. Pour le moment il ne s’est pas trompé.

Quel sera le rôle de ces chiens ? Comment allez-vous fonctionner dans ce cadre ?
Pour l’instant, il est clair que leur rôle a été cantonné à la détection au sein du Bataillon. Nous préférons faire appel aux chiens en interne pour voir si le chien est efficace. C’est le cas à l’entraînement. Maintenant on va pouvoir passer à la phase Bêta, c’est à dire, en public. Quoi qu’il arrive, le chien ne marquera jamais une personne, le chien nous dira si cette personne-là mérite qu’on s’intéresse à elle et on proposera un test gratuit à la personne immédiatement pour que, 20 minutes plus tard, elle soit rassurée ou qu’elle sache qu’elle doit faire attention.

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Les marins-pompiers ont mis en place un dispositif qui permet de détecter le virus en analysant les eaux usées ©Mireille Bianciotto

En ce qui concerne la détection du virus par l’analyse des eaux usées. Est-ce que vous intervenez ailleurs avec ce dispositif ?
L’ensemble des technologies, dont je vous parle, sont internalisées au BM-PM, c’est à dire qu’on est en capacité d’être autonomes. On fait des choses pour la ville de Marseille et on le fait aussi pour d’autres communes, d’autres agglomérations. On intervient à Toulon, Nice, Cannes, Briançon, Gap, Montpellier... On a aussi été, en intervention, en Moselle, en prévention, près de Dunkerque. A chaque fois, nous sommes en mesure d’envoyer des équipes qui sont capables de faire des choses que personne ne sait faire en France : à savoir, détecter très rapidement, faire le point de la situation au niveau d’une région, en travaillant sur les eaux usées. Nous pouvons les analyser en moins d’une heure.

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Un laboratoire mobile du BMPM © Mireille Bianciotto

Dernière question, est-ce que ce dispositif est efficace pour détecter le variant indien ?
Indien, je n’ai pas encore fait le test. Mais, à chaque fois qu’un nouveau variant arrive on a une collaboration avec l’IHU Méditerranée infection de Marseille , qui nous fournit une culture de virus, désactivée, bien sûr. Cela nous permet de voir si nos détecteurs fonctionnent bien. C’est le cas sur le sud-africain, le brésilien, l’anglais, les variants locaux... Alors, si ce variant est à Marseille, on sera en capacité de vous dire si on le détecte ou pas.

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO

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