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Ordre des experts-comptables Paca. Colette Weizman : ’il est temps de quitter le costume de fourmi’

jeudi 15 avril 2021

Colette Weizman, présidente Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables (Croec) Provence-Alpes-Côte d’Azur vient de présenter le baromètre économique de la région. Occasion pour elle de considérer que les entreprises devraient être moins nombreuses à succomber de cette crise que prévues ; d’inviter la population à sortir d’une logique de bas de laine pour consommer afin de favoriser la relance ; de revenir sur ses 100 jours à la présidence marquée par la crise et une mobilisation de tous les instants de la profession auprès des entreprises

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Colette Weizman, présidente Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables (Croec) Paca ©Destimed

« Je ne crois pas que nous connaissions une catastrophe lorsque la crise s’achèvera et que les entreprises ne seront plus sous perfusion. Les entreprises qui tomberont cette année seraient, à mon avis, tombé sans la Covid  », avance Colette Weizman, la présidente du Croec Provence-Alpes-Côte d’Azur en présentant le baromètre économique de la profession comptable. « Nous avions 1 377 entreprises en difficulté l’an dernier dans la région pour 528 cette année », précise-t-elle avant de noter : « Et on ne compte que 90 établissements de l’hôtellerie-restauration ce qui montre que les aides fonctionnent ».

Colette Weizman, tient encore à souligner : « On compte 10 875 créations d’entreprises cette année contre 8 700 l’année précédente, preuve que la crise ne fait pas peur aux créateurs d’entreprise ». La présidente attend maintenant une étincelle pour la reprise avant d’exprimer son mécontentement sur le télétravail chez les experts-comptables signifiant qu’« il ne peut pas toujours être suivi si on veut que cette profession soit à la hauteur des besoins ». Et de s’insurger : « Il en est maintenant pour déjà nous parler d’une nouvelle crise en octobre. Mais nous n’en pouvons plus des messages anxiogènes, qu’on nous laisse souffler, nous avons besoin de croire en l’avenir ».

Puis, la présidente en vient au baromètre avec l’indice de chiffre d’affaires cumulé qui montre que l’activité des TPE-PME de la région Sud a baissé de 8,4% en 2020 par rapport à l’année précédente comme au niveau national. Elle met en exergue : « Les TPE-PME de tous les départements de la région ont été touchées par les effets de la crise sanitaire. Celles du Var, des Alpes-de-Haute Provence, des Hautes-Alpes et du Vaucluse ont subi des pertes moins lourdes que celles des Bouches-du-Rhône et surtout des Alpes-Maritimes dont la baisse dépasse les 10% en cumul sur l’année ».

« La baisse a démarré dès le premier trimestre 2020 »

La baisse a démarré dès le premier trimestre 2020 avec une baisse du chiffre d’affaires de 7% en lien avec le début du premier confinement à la mi-mars. Le chiffre d’affaires s’est ensuite effondré lors du deuxième trimestre, perdant 21% par rapport au même trimestre de l’année précédente. Le mois d’avril a été celui du plus fort recul (-35,5%). La levée partielle des mesures de restrictions a permis à l’activité de moins décliner lors du troisième trimestre (-0,4%). Au quatrième trimestre, le chiffre d’affaires s’est réduit de 4,6%, résultat d’un bon mois d’octobre, d’une baisse conséquente en novembre avec le deuxième confinement et d’une légère baisse en décembre.

L’évolution de l’activité par secteur montre une baisse cumulée de 2,7% pour le commerce, une hausse de 2,2% pour les pharmacies, une baisse de 21,4% pour les magasins de vêtements, de -21,3% pour la coiffure, de -35,5% pour l’hébergement et la restauration, -10,7% pour les transports et entreposage, -5,7% pour l’industrie manufacturière et -4,9% pour les boulangeries-pâtisseries, -4,7% pour la construction.

« 210 milliards d’euros dorment sur des comptes »

Colette Weizman aborde ensuite la relance : « Pendant cette crise nombre de ménages ont eu du mal à joindre les deux bouts. Il en est d’autres, nombreux aussi, qui ont épargné. 210 milliards d’euros dorment ainsi sur des comptes sans presque rien rapporter. Il est temps de quitter ce costume de fourmi pour prendre celui de cigale. Il faut consommer, la relance ne se fera pas sans nous, sans la population ». Pour la présidente : « Si la campagne de vaccination fonctionne bien elle permettra à tout le monde de souffler. Nos entreprises ont la capacité de rebondir mais nous aurons besoin d’une petite étincelle pour mettre le feu au poudre de la relance »

Elle considère que ce qui stresse les chefs d’entreprise « c’est qu’ils n’ont pas de perspectives claires, de visibilité. Une visibilité qui n’est pas plus présente dans les commerces qui ont du fermer et ceux qui sont resté ouverts. Et, quand la reprise sera là il faudra encore aider des secteurs tel que l’événementiel car il faudra plusieurs mois pour que ce secteur retrouve une activité normale ». Elle rappelle à ce propos que les experts comptables ont proposé 50 mesures au gouvernement comme autant d’outils pour favoriser la relance.

« Avec les chefs d’entreprise nous sommes passés du binôme au couple »

Colette Weizman dresse un bilan des 100 premiers jours à la tête du Croec Paca : « Nous avons eu des jours marqués par la crise de la Covid lors desquels nous avons vu des chefs d’entreprise vigilants, 100 jours de proximité avec nos entreprises. Avec les chefs d’entreprise nous sommes passés du binôme au couple tant nous avons été sur tous les fronts. Le Conseil de l’Ordre a fait feu de tous bois pour aider les confrères, leur transmettre les informations et les analyses sur les dispositifs qui n’ont cessé d’évoluer. Nous avons aussi été dans la prévention et l’anticipation ».

Une fois élue en tant que présidente de l’Ordre, elle a demandé « pour raisons éthiques » d’être « suspendue de ses fonctions au Tribunal Administratif pendant deux ans ». Elle ne cache pas sa satisfaction de voir le succès des modules de formation mis en place dès février avec des webinaires qui ont obtenu jusqu’à plus de 6 000 connexions. Colette Weizman considère alors : « Cette période complexe est aussi exceptionnelle pour nous, experts-comptables. Même si nous nous en serions bien passés. Elle a de plus montré à une entreprise qu’il est difficile de se passer d’un expert-comptable. Après avoir été pompier, infirmier, pendant la crise nous sommes maintenant en plus des acteurs de la relance.

« Que nous soyons reconnus comme essentiels »

Tout le monde a pris conscience que nous étions incontournables, nous sommes reconnus d’utilité publique. J’aimerais maintenant que nous soyons reconnus comme essentiels ». Elle explique pourquoi "essentiels" : « Il existe une polémique à propos du télétravail. Nous y sommes soumis comme les autres entreprises, je le conçois. Mais c’est compliqué pour de jeunes collaborateurs avec des enfants en bas âge. Nous leur donnons les moyens techniques de travailler mais c’est parfois complexe pour un jeune papa ou une jeune maman de devoir travailler et garder son enfant. Si les crèches et les écoles étaient ouvertes pour les enfants d’experts-comptables nous ne serions pas confrontés à ce problème qui arrive alors que nous sommes dans une période d’intense activité. Nous faisons de notre mieux alors que nous sommes tous fatigués ».
Michel CAIRE

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