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Justes des nations : Robert Mizrahi remet à Marseille sa 176e et dernière médaille

vendredi 12 juillet 2013

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Robert Mizrahi avec à ses côtés le consul général d’Israël, Banea Hassid va remettre sa dernière médaille des Justes à Rose-Marie Chastin-Buoncore ( en bas à gauche, vêtue de bleu) (PHOTO PHILIPPE MAILLÉ)
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Une centaine de personnes a participé à cette remise de médaille des Justes au sein du parc de la mairie Bagatelle (8e) (PHOTO PHILIPPE MAILLÉ)

Une centaine de personnes se pressaient ce lundi 8, à 18 heures, dans le Parc de la mairie de Bagatelle (8e), pour un événement doublement important. Robert Mizrahi, le Président du Comité Français pour Yad Vashem, remettait, avec le Consul général d’Israël à Marseille, Barnea Hassid, la médaille des Justes à Rose-Marie Chastin-Buoncuore, ainsi qu’à ses parents Marius Jean et Fernande Buoncore à titre posthume. Un deuxième événement marquait cette soirée puisqu’il s’agissait des dernières médailles remises par Robert Mizrahi. Après 16 années de bénévolat, période pendant laquelle il n’a cessé de sillonner le sud de la France à la recherche de Justes, Robert Mizrahi se retire. Il va poursuivre sa vie militante en participant à l’organisation de voyages de jeunes à Auschwitz. Avant de remettre les médailles à Rose-Marie Chastin-Buoncuore, Robert Mizrahi revient sur le parcours de cette femme : « Rose-Marie, plus connue sous le nom de Mimi, à 17 ans en 1943, tout comme son amie, Gilda Sciaky. Toutes deux sont couturières, elles travaillent au deuxième étage d’un magasin de vêtements, place Félix Baret. La police et les allemands arrivent, les vendeuses, au rez-de-chaussée, alertent l’étage. Mimi, prend par le bras son amie, l’invite à la suivre. Toutes deux sortent par une porte, à l’arrière du bâtiment. Elles prennent le tram. Sauvées. Non. Un arrêt plus tard des policiers et des allemands entrent dans le tram, contrôlent les papiers. Mimi s’assoit sur les genoux de son ami, repère parmi les policiers, un ami. Elle lui fait un signe. Il s’approche. C’est lui qui effectue le contrôle, Mimi lui montre ses papiers, les reprend, se tourne vers son amie, redonne ses papiers. Sauvées. Mimi rentrent chez ses parents avec son amie. Elle va être cachée pendant des mois. Son frère Élie est déjà à l’abri dans les Pyrénées. Gilda veut rentrer chez elle, voir sa famille. Ce qu’elle fera finalement. La tragédie la rattrapera, sa famille sera dénoncée par un voisin, direction Auschwitz. Gilda sera la seule à revenir ».
A destination de cette Juste, il souligne : « La politique anti-juive du gouvernement de Vichy a provoqué de nombreuses dénonciations par haine, pour s’affirmer « bon français », par simple jalousie et bien sûr pour de l’argent. Mais à côté de cette France de la délation et de la lâcheté, il y eu la France du courage et de l’amour du prochain. C’est à cette France qu’appartenaient vos parents, Rose-Marie Chastin Buoncuore, et par les liens d’amitié qui vous ont unis à Gilda jusqu’à son décès en 2011, vous appartenez toujours à cette France de l’amour du prochain ».
« Nous devons à ces Justes une reconnaissance éternelle et je dirais une seconde vie »
Il tient à rappeler : « Durant cette période noire de 1940 à 1944, 60 000 enfants juifs furent sauvés par des institutions juives clandestines comme l’O.S.E (œuvre de secours aux enfants), les Éclaireurs Israélites, des institutions catholiques et protestantes, mais aussi de nombreux Justes tels vous-même et vos parents Mimi Chastin, tels ceux qui nous ont gardés, cachés, sauvés mon frère Edmond et moi-même alors que nos parents, comme de nombreux parents juifs, étaient exterminés dans les Camps de la Mort de Pologne et d’Allemagne. Nous devons à ces Justes une reconnaissance éternelle et je dirais une seconde vie ».
Robert Mizrahi, remet ainsi au côté du Consul général d’Israël, dans cette Mairie de Bagatelle : « sa 176e médaille depuis 1997 et aussi sa dernière ». Barnea Hassid, le Consul général d’Israël indique : « Je ne connais Robert Mizrahi que depuis deux ans. Mais cela est plus que suffisant pour voir le dévouement qui est le sien dans l’accomplissement de cette mission sacrée : essayer de trouver tous les Justes sur ce territoire afin de les remercier de la façon la plus noble possible. Retrouver ces gens, leur rendre hommage et non seulement important par rapport à l’histoire mais aussi pour l’avenir. Car, toujours, il faudra du courage pour s’élever contre la barbarie. Et c’est grâce à son courage que la société française bénéficie de plusieurs centaines de Justes ». Robert Mizahi revient sur ces années : « Pendant 16 ans, j’ai sillonné 25 départements du Sud de la France plus le Cantal où on nous avait caché avec mon frère. Et je dois dire que je peux faire miens les propos de Giscard d’Estaing : la France profonde je l’ai touchée de près. Et ce fut une remarquable aventure humaine, avec des liens qui perdurent au fil du temps. Ce furent aussi des moments contrastés, avec une remise de médaille, en mairie de Toulouse, devant 17 personnes en tout et pour tout. Alors que dans des cantons de la ruralité profonde il n’était pas rare de réunir 50 ou 100 personnes. Ces années de bénévolat m’ont profondément enrichi humainement ».
Michel CAIRE

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