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La Bibliothèque Méditerranéenne de Mireille : "Humeur noire à Venise" d’Olivier Barde-Cabuçon

mardi 7 avril 2015


Coup de cœur pour la 4e enquête du commissaire aux morts étranges et du moine hérétique au sein de la Sérénissime du XVIIIe siècle. Des pendus qui se balancent sous les ponts de Venise, un comte que l’on a fait le pari d’assassiner dans son palazzio. Autant de raisons pour que Volnay, le commissaire aux morts étranges, quitte Paris et réponde à l’appel au secours de Chiara, son ancien amour. Il espère aussi, par ce voyage, chasser l’humeur noire de son assistant, le moine hérétique, plongé dans une profonde dépression. Mais, dans la Venise du XVIIIe siècle qui agonise lentement en s’oubliant dans de splendides fêtes, les rencontres et les événements ruissellent d’imprévus. Une jeune fille travestie en garçon, un auteur de théâtre, un procurateur de Saint-Marc manipulateur et son énigmatique fille entament le plus sombre des bals masqués. Entre rêve et réalité, tragédie et comédie, Volnay et le moine se retrouvent confrontés à des assassins non moins qu’à leurs démons. De palais en canaux, de confidences en manigances, les crimes semblent insolubles, les personnages effrayants ou attachants. L’intrigue est parsemée d’indices sur la ville de Venise, ses usages, sa gouvernance, son histoire. Entre décadences et apparences, les descriptions sont une invitation au voyage dans la Cité des doges tandis que l’enquête policière oblige les protagonistes à baisser leurs masques. Un très bon moment de lecture !
Extrait : "L’aube effleurait Venise de ses ailes d’argent. Les premiers rayons du soleil semblaient prendre appui sur le Grand Canal avant d’illuminer la façade des palais. Brume et rêverie s’élevaient paisiblement des canaux. La féerie du moment le disputait à ce sentiment d’éphémère qui planait toujours sur la ville comme si, à chaque seconde, un rien pouvait l’engloutir à jamais. Chiara fit encore un pas, indécise. Dans la fraîcheur matinale, les ponts de Venise semblaient esquisser un gracieux pas de danse entre les demeures. Légère comme un voile de gaze, de la vapeur flottait au-dessus des eaux. Une silhouette se dessina au loin, noire et droite. Celui qui s’approchait lui rappelait vaguement quelqu’un jusqu’à ce que la vision s’affine un peu plus, révélant un jeune homme aux yeux bleu glacé et aux cheveux noirs noués à la nuque par un bandeau. Les battements du cœur de la jeune femme s’accélérèrent jusqu’à ce qu’il parvienne à sa hauteur. L’inconnu la dépassa en lui jetant un regard de curiosité. Chiara expira doucement. Ce n’était pas Volnay. Elle se retourna et poursuivit son chemin d’un pas égal. Elle longea un quai, gravit un petit escalier à l’ombre d’une maison. Venise semblait se déplier sous ses yeux comme une banderole de papier à mesure qu’elle franchissait un pont puis un autre. Tout à coup, elle s’immobilisa. Là, au pont Storto, comme une fleur au vent, se balançait un pendu."
L’auteur : Olivier Barde-Cabuçon vit à Lyon. Son goût pour les intrigues policières et son intérêt pour le XVIIIe siècle l’ont amené à créer le personnage du commissaire aux morts étranges, dont trois enquêtes sont déjà parues dans la collection "Actes noirs" : "Casanova et la femme sans visage" ( prix Sang d’encre 2012), "Messe noire" (2013) et "Tuez qui vous voulez" (2014).
Mireille SANCHEZ
"Humeur noire à Venise", d’Olivier Barde-Cabuçon - Éditions Actes Sud, collection Actes noirs - 336 pages - 22 €

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