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La Bibliothèque de Mireille : "Une vie pour une autre" de Haylen Beck

mardi 23 février 2021

« Une vie pour une autre » est le nouveau roman de Haylen Beck, bien connu des amateurs sous son véritable nom, Stuart Neville. L’auteur britannique embarque ses lecteurs jusqu’au « Nouveau Monde » situant l’action de son roman non pas sur les terres de l’Irlande du Nord chères à son cœur mais sous le soleil de la Floride.

Quel terrible secret peut-elle cacher

Il aura suffi d’un instant d’inattention pour que son monde s’écroule. Un contrat d’édition et une confortable avance pour son premier roman en poche, Libby a décidé de s’offrir une parenthèse de luxe avec son fils Ethan, trois ans, qu’elle élève seule. Mais un soir, l’enfant échappe à sa vigilance. Le voilà qui s’engouffre dans l’ascenseur. Trop tard, les portes se ferment… Dans ce complexe hôtelier qui compte des milliers de chambres, un petit garçon a vite fait de se perdre. Et puis, au fur et à mesure que le temps s’écoule, l’évidence s’impose : il s’agit d’un enlèvement. Interrogée par la police, Libby se réfugie dans un mutisme qui sonne comme un aveu. La police n’est pas dupe. Qu’a-t-elle sur la conscience ? Quel terrible secret peut-elle cacher, au point d’obstruer l’enquête pour retrouver son propre enfant ?

Il aura suffi d’une seconde pour ne plus lâcher le livre

Le décor et les protagonistes de l’histoire mis en scène, restent les interrogations et les soupçons habilement distillés par l’auteur qui tient le lecteur en haleine l’emmenant sur les chemins de bien des évidences avant de faire intervenir un nouvel élément, un autre éclairage, propres à le désorienter. Entres angoisses et rebondissements surprenants, avec Haylen Beck, la vérité est juste un peu plus loin ou un peu à côté… Il aura suffi d’une seconde pour ne plus lâcher le livre…
Mireille SANCHEZ
« Une vie pour une autre » de Haylen Beck aux Éditions HarperColins France- 368 pages - 20 €

Extrait

MAINTENANT. Elle grimpe sur le muret qui borde le toit, malgré les cris des policiers lui enjoignant de s’arrêter. Les briques lui écorchent les genoux, mais ça lui est égal. Ethan se tortille dans ses bras lorsqu’elle se relève, la plante des pieds à vif d’avoir couru. Le poids de l’enfant manque de lui faire perdre l’équilibre. Ses orteils se recroquevillent sur l’arête. Elle hisse Ethan, le sert fermement contre elle.
— Tout va bien, mon bébé, dit-elle.
Il pleure, se débat pour se libérer de son étreinte, lui donne des coups de pied sur les cuisses, ses petites mains empoignent ses vêtements.
— Regarde, ajoute-t-elle. C’est pas beau ?
La lune se reflète sur le miroir noir du golfe du Mexique. Entre la terrasse et la mer, la piscine à débordement entourée de palmiers, son eau calme et lisse. Elle imagine sa fraîcheur l’avaler tout entière. La paix l’envahir.
— Tu veux aller nager ? demande-t-elle.
Il s’immobilise dans ses bras.
— Tu veux ?
Il hoche la tête, puis la pose sur son épaule.
— Ouais, nager, répond-il d’une petite voix si douce que ses yeux la brûlent, sa gorge se serre.
— On va aller nager. Je te le promets. Juste toi et moi.
Les policiers ont cessé de crier. Elle les entend approcher tout autour, leurs pieds foulant les dalles branlantes qui recouvrent le toit de l’hôtel. Quelque part, au loin, elle distingue les pleurs d’une femme qui appelle l’enfant par son prénom.
En dessous, quelqu’un l’aperçoit. Une exclamation affolée, une clameur qui s’élève, des tables et des chaises qui raclent la terrasse carrelée, perceptibles par-dessus la musique suave de l’orchestre de jazz qui joue tous les soirs. D’autres voix se mêlent à la cacophonie. Le chanteur hésite, puis interrompt la chanson, son hoquet amplifié par le micro, Dios mío ! La musique bégaie puis s’arrête.
Elle regarde à ses pieds pour la première fois.
Sept étages.
Les badauds, en bas, reculent en la fixant. Leurs voix se répercutent sur les murs et les balcons. Un plateau rempli de boissons glisse des mains d’un serveur, le verre se fracasse, l’alcool gicle, pareil à un feu d’artifice.
Elle imagine son corps en dessous, étalé, explosant en un feu d’artifice rouge sur les carreaux.
Et celui d’Ethan.
Quelqu’un prononce son nom. Elle ne tourne pas la tête vers lui, mais elle entend sa voix, douce et paisible, comme si la fin du monde n’était pas imminente.

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