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La Bibliothèque de Mireille : rencontre avec Claude Ber, auteure de "Il y a des choses que non" aux éditions Bruno Doucey

dimanche 5 février 2017

© Adrienne Arth

Un livre est vivant. Vivant de la vie de son auteur, de sa sensibilité, de son histoire, de sa vision des choses mais aussi de celles de ses lecteurs. On n’écrit pas hors de la conscience de ce partage. Claude Ber

Rencontre avec Claude Ber poète, dramaturge, essayiste, auteur d’une quinzaine d’ouvrages et dont l’œuvre littéraire, reconnue, accorde une place majeure à la poésie.

Destimed : Bonjour Claude Ber. Vous venez de publier "Il y a des choses que non" aux éditions Bruno Doucey… Vivez-vous l’écriture comme une exigence, une posture de la vie ?
Claude Ber : Les deux. Comme une posture, une manière d’être au monde, de le vivre, de l’expérimenter et d’essayer d’en déchiffrer des bribes. Le terme de posture s’oppose ici à pause comme à imposture. La posture poétique est, en ce sens, une façon d’appréhender le monde, de le questionner comme de se et de nous questionner. Cette posture, cette démarche surtout (car c’est un mouvement non une position immobile) est aussi une exigence bien sûr, ne serait-ce que du point de vue de l’écriture, que je ne peux penser autrement que comme s’interrogeant sans cesse sur elle-même, sans cesse cherchant ailleurs, autrement dit, autrement dire.

L’écriture de l’auteur dramatique et celle de la poète, que vous êtes, relève-t-elle d’une même théâtralité ?
Quand on parle de mes écrits de théâtre, on souligne souvent une « poétique » du théâtre comme cela a été le cas dans un master récemment consacré à cette dernière. Et quand il s’agit de mon écriture en poésie, vous, comme d’autres, m’interrogent sur sa théâtralité… C’est que, même s’il y a distinction entre les deux, il y a aussi liens et passages. Et ce pour deux raisons. De manière générale, en poésie, je travaille sur sinon le mélange du moins sur la porosité des genres. Ces derniers certes ne se confondent pas, un livre de poème n’est ni une pièce de théâtre ni un roman, mais il y a de la porosité entre ces formes littéraires. Dans "Il y a des choses que non" pour parler du dernier texte paru, comme dans le précédent d’ailleurs "Épître langue louve", j’ai travaillé des textes qui passent du vers (au sens de rythmique scandée par l’aller à la ligne) au poème en prose avec des inclusions de fragments de récit, de passages narratifs comme dans « Le livre, la table, la lampe » ou « Nous tous tant que nous sommes ». « Je ne sais l’Algérie que d’oreille » est un poème en prose narratif comme d’ailleurs l’est le poème en prose à son origine, chez Baudelaire par exemple, pour ne pas citer ensuite Michaux et bien d’autres. Ces variations font depuis longtemps partie du poétique.
En ce qui concerne plus spécifiquement le théâtre, ce qui, je crois, fait parler de théâtralité est l’oralité, le souffle et la dimension sonore présents dans mes textes poétiques, plus ou moins fortement suivant les textes, mais dans une perception du poème qui implique le corps, la respiration, les poumons, la bouche, la langue, les lèvres. Cette oralité est à l’origine du poème, quand, initialement, le poème était chanté ou proféré en public avec une structure d’ailleurs parfois même liée aux mouvements du chœur comme chez Pindare. Mais restons à aujourd’hui. La dimension orale, vocale du poème est présente dans la poésie contemporaine de manière différente, parfois, primordiale comme chez les performeurs. Je n’appartiens pas à ce courant de la poésie (si les courants d’ailleurs permettent de situer, ils ont aussi le défaut de rigidifier et d’enfermer dans des catégories simplificatrices voire caricaturales), mais la dimension sonore (le rythme, les échos et écarts) m’importe autant que la dimension visuelle des images. C’est, je pense, cette implication du corps et cette attention au sonore qui font écho avec le théâtre, lieu d’incarnation de la parole dans un corps, en même temps qu’écart aussi. Mon écriture de théâtre fait partie de ce « théâtre de langue », dont parle Michel Azama dans son panorama et son anthologie du Théâtre contemporain (Godot à Zucco aux éditions Théâtrales), où, avec justesse, il me classe, en cela elle est, de son côté, liée au poème et au travail moteur de la langue.
Je parlerai donc plutôt de dimension autant orale qu’écrite de la langue plutôt que de théâtralité, qui est un terme plus large et implique aussi une dramaturgie. Dramaturgie qui a existé aussi dans le poème notamment dans le « poème dramatique » au sens initial où « drame » signifie action et non pas mélo, histoire sombre comme souvent aujourd’hui. Racine est à la fois poète et auteur dramatique indissociablement, mais ses textes, pour poétiques qu’ils soient absolument, sont du théâtre. Mes textes en poésie sont du poème quelle que soit la dimension « théâtrale », et je préfèrerais quasi dire « pulmonaire », qu’ils peuvent parfois, car ce n’est pas toujours le cas, déployer.

L’acte d’écrire lui-même n’isole-t-il pas, justement ou injustement, l’auteur du monde que ses mots disent, crient, énoncent ou dénoncent ?
Je n’en ai pas le sentiment. L’écriture est au contraire une façon d’aller au monde, d’être présent à lui, de le questionner, de le penser à travers la langue. Je n’ai pas cette représentation du poète isolé, qui est très loin de moi comme de ma façon de vivre et d’écrire.
Bien sûr l’écriture exige distance, y compris recul par rapport à ses propres sensations et émotions, de façon à les rendre audibles si je puis dire, à donner place à celui qui lira. Car la question de qui écrit n’est pas de sentir ou de penser – tout le monde le fait et l’écrivain comme les autres- mais de faire ressentir et de mouvoir l’autre (émouvoir c’est mettre en mouvement) ; l’acte artistique est tentative de partage de ce qui est éminemment singulier ; quand il y parvient c’est qu’il atteint ce singulier partageable qui peut toucher alors sinon tout le monde du moins n’importe qui… Mais cette distance interne à l’acte d’écrire n’a rien à voir avec une quelconque coupure avec le monde.
C’est ici et maintenant que j’écris, dans et avec cet ici et maintenant et avec aussi le ici et maintenant de la langue et de l’histoire de l’écriture.
Ce texte Il y a des choses que non a, il est vrai, plus particulièrement, des accents de dénonciation ou d’indignation, mais cela ne le résume pas. J’écris aussi des essais, je donne des conférences, qui, elles, sont le lieu d’une autre parole et d’une autre écriture. Tout ne se mélange pas même si c’est une voix et une vision qui traversent ce qu’écrit chaque écrivain. On ne saurait pour autant l’assigner à un seul versant de sa parole. C’est justement le pluriel des tonalités et des voix, que permet le poème. Il est polyphonique, polysémique. C’est cette pluralité, ces nuances que je travaille dans tous mes textes. Entre « Célébration de l’espèce » « L’Inachevé de soi » ou « Lisant Lucrèce » elles sont très distinctes même si un même fil conducteur les lie. Le fil conducteur, le pivot de ce livre, c’est l’histoire, notre histoire collective qui emporte les minuscules histoires de chacun et chacune. C’est ce qui en fait la cohérence, et j’emploie toujours le terme « livre » et non « recueil » car je ne rassemble pas des poèmes épars, même si se juxtaposent des poèmes écrits à des moments différents, chaque livre que j’écris est construit et structuré par une cohérence interne, qui va faire dire par exemple que La mort n’est jamais comme est charpenté autour de la perte et du deuil, Épître langue louve autour de l’amour, Il y a des choses que non autour de l’histoire, mais tous parlent d’amour, de vie, de mort, de notre histoire et de nos histoires. L’amour est fortement présent dans Il y a des choses que non sous ses multiples formes, y compris de l’éros, même si le livre s’ordonne autour de l’écho de l’histoire.
Et puis comme je l’écris dans « Le livre, la table, la lampe », il ne faut pas oublier que le lecteur se lit aussi à travers un livre, qu’il y a égale part. Certains retiendront davantage l’indignation qui résonne dans Il y a des choses que non, et elle est présente, d’autres le questionnement intérieur, et il est présent, d’autres encore la célébration de l’amour comme contrepoint à l’horreur souvent de notre histoire, et elle est présente… Fort heureusement un livre est une liberté et le poème plus que tout, lui qui est antithétique de tout système et encore plus de l’illustration d’une thèse. Il est pluriel plurivoque… et le lecteur privilégie aussi ce qui le touche de manière plus vive. Nous avons tous fait l’expérience de la relecture de livres, dont nous découvrons parfois des années plus tard des dimensions auxquelles nous avions été moins sensibles lors d’une première lecture. Un livre est vivant. Vivant de la vie de son auteur, de sa sensibilité, de son histoire, de sa vision des choses mais aussi de celles de ses lecteurs. On n’écrit pas hors de la conscience de ce partage. Une fois le livre écrit, il échappe à l’auteur, appartient aussi aux lecteurs et à leurs lectures plurielles…

Diriez-vous que vous êtes entrée en poésie comme on entre en résistance ? Ce choix littéraire, s’il en est un, s’impose-t-il à vous comme une évidence ?
Non, je ne dirais pas cela. Déjà ma réponse précédente soulignait que réduire à un seul terme une écriture l’enfermerait dans le schématisme d’un étiquetage, qui est aux antipodes de l’écriture. Il y a longtemps que je suis entrée en poésie et on ne peut pas ramener ce que j’écris à ce mot de « résistance », ou alors il faut le prendre dans une sens très large quand toute démarche artistique s’oppose au lieu commun, au déjà dit et au pré-pensé. À un monde où règne le minimum de sens sur le maximum de surface, l’écriture, et le poème notamment, oppose un maximum de sens sur le minimum de surface ! C’est lecteur actif que l’écriture appelle et non une clientèle passive d’un supermarché de la non pensée. Une écriture dense, résistante au double sens de nourricière et non prédigérée, oui, mais ne faisons pas de ce mot, qui apparaît dans ce livre et que je définis d’ailleurs comme « élan allant » dans «  Le livre, la table, la lampe », une sorte de manifeste de mon écriture qu’il n’est pas.
Ce livre, Il y a des choses que non est, certes, plus spécifiquement ancré dans un rapport au monde, non pas politique au sens courant du terme, mais en rapport avec le présent et l’avenir de la « polis », de la cité, aujourd’hui mondiale. Mes livres le sont toujours plus ou moins, mais ce dernier a répondu à la nécessité intérieure de ne pas rester muet devant ce qui se passe en ce moment et qui suscite interrogations, inquiétudes voire angoisses. Même si mon texte n’aborde pas ces questions frontalement, dans un engagement direct, qui n’est pas ma manière, mais à travers une méditation plus large sur l’histoire et sur notre humanité.
Le livre s’articule autour du texte central « l’Inachevé de soi » avec de part et d’autres trois poèmes tournés vers la mémoire de notre histoire récente (dernière guerre mondiale, guerre d’Algérie) et vers notre présent et notre avenir (« Célébration de l’espèce », « Je marche » etc), les deux thèmes se mêlant d’ailleurs dans les textes. Alors oui, résistance car « il y a des choses que non ! », mais non, pas seulement, alliance et célébration aussi car « il y a des choses que oui ! ». Et le livre fait part à la fois à ces choses que non (l’humiliation, la destruction de l’homme par l’homme…) et à ces choses que oui (la présence au monde, l’amour, la jouissance, le lien qui aussi lie l’homme à l’homme…). Certes la part d’indignation est forte, mais pas plus qu’il n’y a de mort sans vie et inversement, il n’y a d’indignation sans espérance. C’est ce paradoxe, cette dualité que d’une manière ou d’une autre expriment tous les textes du livre.

Dans un monde de plus en plus numérique, où l’immédiateté de l’image maquille souvent les informations, souhaitez-vous que votre poésie s’inscrive dans la justesse ou peut-elle s’aventurer dans la démesure, l’exagération ?
La justesse, essentielle pour moi, mais il n’est pour personne ni évident ni aisé de l’approcher. Cela dit, il peut arriver que cette justesse passe par l’emportement de la parole, mais c’est choix d’écriture ponctuel et conscient. On ne peut pas rabattre la parole poétique sur l’analyse. Même si le poème fait aussi report de la réalité à sa manière, il n’est ni du reportage ni du commentaire ni encore moins de l’information. S’il « informe » c’est quasi au sens étymologique, en donnant « forme » d’une autre manière que la langue figée du lieu commun, la langue de bois comme on dit familièrement. C’est d’abord dans et avec la langue que le poète fait insurrection au sens où il déroute, détourne d’une langue qui, à force de se contenir et de s’affadir, ne « dit » plus rien. De toute façon le « dire » du poème est d’autre nature. Le poème n’est pas là pour dénoncer la fausseté d’une information, il y a de bons journalistes et de bonnes émissions pour cela… Le poème change le point de vue, décale, distance, amplifie ou réduit, c’est selon, grossissant à la loupe ou réduisant comme une opération alchimique, ce qui est tout autre chose. Il essaye par là de faire entendre, là encore au double sens d’ouïr et de comprendre.
Le numérique quant à lui ne change pas grand chose à la visée et au travail du poème. C’est un outil. Un outil de diffusion du poème aussi. Beaucoup de revues sont sur site, j’en ai moi-même un (www.claude-ber.org). Il circule aussi du poème sur les réseaux. A une époque lointaine où on s’interrogeait sur la radio, Duhamel, je crois, avait dit qu’elle ne minimisait ni n’augmentait la bêtise, mais la rendait plus sonore, remarque qui remettait un outil à la place de ce qu’il est. Tout dépend de ce qu’on en fait.
Cela ne me conduit pas à négliger ce que peut représenter la révolution numérique, analogue à celle de l’imprimerie, mais ce changement concerne tous les domaines et bouleverse en tous sens nos modes de vie. Il ouvre la porte au déversoir d’imbécillité et de haine que l’on peut trouver sur internet, mais aussi à la diffusion amplifiée de l’inverse et du savoir. J’écris depuis longtemps sur ordinateur, mes livres sont publiés en version papier, certains textes aussi en version numérique. Beaucoup sont sur sites.
On peut évidemment se demander si cela change quelque chose au poème. Oui et non à la fois, mais pas simplement parce que le support est un écran lumineux, même si la lecture s’y modifie par rapport aux pages d’un livre, mais parce que cela est notre monde ici et maintenant et que comme je le disais précédemment le poème écrit avec et dans ici et maintenant en essayant de ne pas y être totalement absorbé, dans l’aveuglement du « nez sur le guidon » pour le dire à la diable. Ce recul, cette distance est dans la langue qui travaille, le travaille et nous travaille en même temps. Une langue à l’œuvre dans tous les sens du terme. Qui essaye de faire mouvement, de mettre en mouvement, de déplacer, décaler, raviver l’écoute et le regard quand le poème dit ce qui seulement peut se dire « en » poésie et qui échappe à la parole ustensilitaire.

Propos recueillis par Mireille Sanchez


Un jour l’enfant que j’étais, ne sachant guère de quoi elle parlait, demande à sa grand-mère pourquoi elle avait fait de la Résistance. – Ma fille, répond-elle, il y a des choses que non. Tu ne sauras peut-être pas toujours à quoi dire oui, mais sache à quoi dire non. Je ne sais pas si j’ai su, mais j’ai essayé.

Claude Ber, de son écriture tout à la fois puissante et subtile, fait sien le principe de sa grand mère qu’elle inscrit dans sa poésie avec une force de conviction inébranlable. Sept textes se succèdent au fil des pages du livre, de prose ou de vers ciselés, ajustés, animés du souffle de la résistance comme Le livre, la table, la lampe ou Je ne sais l’Algérie que d’oreille. Un autre texte, L’inachevé de soi, où - il est dur de dire le simple, l’émotion ténue -, expose la perspective d’un monde où nous pouvons être libres, une manière de dire pour sur-vivre, une façon d’être, - le meilleur s’arrête en nous et y demeure -. Et si le fil conducteur du livre est l’Histoire, le lien ténue et fort à la fois, d’un texte à l’autre, sont les minuscules histoires (et les immenses aspirations) qui rendent uniques les vies de chacun. Ainsi dans la Célébration de l’espèce ou Je marche, se mêlent présent collectif et avenir personnel. La lecture d’Il y a des choses que non est plurielle, au lecteur de s’approprier les textes, de leur donner un sens au-travers de son histoire propre, de ses émotions et de ses désirs.
Il faut lire Claude Ber pour la puissance du texte d’une femme libre et solidaire, pour les mots justement écrits et qui disent non à l’inacceptable. Il n’y a aucune fatalité dans la pensée de l’auteure, juste des encres jetées sur le papier pour vivre, résister et exister car il y a dans ce livre tant "de choses que oui !"

Mireille SANCHEZ

Extraits :

Nous tous tant que nous sommes
Qu’est-ce qui reste, demande-t-elle, une fois rabattu le caquet de la parole sur son impuissance ? Qui saura, je dis, arraisonner la langue à l’impossible ? La voilà qui se couche chien tremblant, la queue entre les pattes au seuil de l’inutile. Pitié pour ceux qui s’obstinent et peinent aux mots comme au silence. En l’un et l’autre rien que nos histoires de peu. Dans le débris de syllabes, il y a du vrai de nous.

Le livre la table la lampe
Il faut un sac à dos pour un bivouac si précaire qu’est vivre. A ce d"jeuner sur l’herbe d’une vie j’ai fait de poésie un plat de résistance…

L’inachevé de soi
Toujours la langue veut dire. L’air. L’eau. La terre. Les écluses du corps. Les séjours de l’esprit. L’immensité captée dans un miroir de poche. Le loin de la fenêtre vu. Ciel découpé au carreau et sa hauteur à portée de main. Lumière traversière que je traverse comme un chuchotement tant est naine ma taille à proportion. Instant précieux. Fugacement, sur la soie tiède d’un rai de lumière le temps voluptueux. Derrière la herse de rayons, une perfection accessible. Clarté de l’air tombée des toits pentus…

Je ne sais l’Algérie que d’oreille
Entre le bavardage de la conciergerie planétaire et le chant lointain de ceux qui se souviennent d’une langue et d’une terre, où se dessinent les silhouettes nerveuses et émaciées de ceux que je ne connais pas et qu’à peine j’imagine, j’entends le nom. Ce sont images non d’œil mais d’oreille. Je ne connais l’Algérie que d’oreille, du ouï-dire de ses exilés et de ses poètes.

Célébration de l’espèce
Il faut être un joyau de l’espèce pour ne pas vouer aux gémonies une espèce aussi bornée et destructrice que mon espèce…

Lisant Lucrèce
Traversent-ils encor la rumeur du poème
le plaisir d’Épicure et l’ampleur de Lucrèce
leur saveur conjuguée de savoir et sagesse ?

Je marche
Je marche avec, contre, à la suite ou à rebours des autres et de moi-même dans l’alerte de l’amour et le difficile du temps…
Je marche dans un début de siècle pâle, ses exactions, son bruitage de paroles impuissantes, ses délires ressuscités…

"Il y a des choses que non", de Claude Ber. Éditions Bruno Doucey. 112 pages. 14,50 €.

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