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Le Festival d’Aix-en-Provence ouvre avec des Noces de Figaro décapantes

jeudi 1er juillet 2021

Mozart –presque- chez lui pour la renaissance d’un Festival d’Aix-en-Provence aux abonnés absents depuis bientôt deux ans pour cause de pandémie. Et quel Mozart, « Les Noces de Figaro » à la sauce de la metteuse en scène Lotte de Beer qui en livre une vision marquée par son temps et par l’humour. Entre @metoo et féminisme, elle en fait parfois un peu trop mais ça marche. Et ça plait.

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La comtesse, le comte, Suzanne et Figaro. (Photo Jean-Louis Fernandez)

D’entrée de jeu le décor est posé. Pendant l’ouverture, une joyeuse troupe de Commedia dell Arte mime l’action de l’ouvrage en bondissant autour et sur un lit placé au centre de la scène devant le rideau. La comédie peut débuter. Et quelle comédie ! Lotte de Beer ne fait pas dans le détail convoquant des pénis, Borat, Elvis et toute une joyeuse bande autour de Suzanne et Figaro qui ont décidé de se marier. Il en résulte des gags désopilants comme les tentatives de suicide de la comtesse et d’autres moins fins comme l’érection quasi priapique de Chérubin resté seul avec la même comtesse. Une comtesse quadra qui entre sur scène en tenue de fitness rose et qui se désespère du désintérêt du comte à son endroit. Et pour mener le jeu échevelé, Suzanne, charme assuré, lucidité affirmée, traverse l’œuvre du début à la fin. En fait, la metteuse en scène a organisé son travail en deux parties : deux premiers actes pour la comédie, deux derniers actes, après la pause, pour l’introspection et le réalisme qui mène à un final idéal voulu par Lotte de Beer celui de l’amour possible entre les êtres dégagé de toute notion de pouvoir et de la perversité que ce pouvoir peut engendrer.

Distribution de grand talent

Pour servir l’une des plus belles partitions de Mozart, cette production a la chance de pouvoir compter sur le Balthazar Neumann Ensemble, son idéal, couleurs chatoyantes, nuances délicates, idéalement, et intelligemment dirigé par Thomas Hengelbrock. Sur scène, la Suzanne de l’avignonnaise Julie Fuchs fait l’unanimité. Charme naturel, prestance, espièglerie sont là pour servir le propos de la metteuse en scène. Vocalement c’est de toute beauté. Souplesse, assurance, projection idéale, sensibilité : rien ne manque à la jeune femme.

A ses côtés, le Chérubin de Léa Desandre est aussi remarquable. Qualité d’interprétation scénique et délicatesse vocale en font un parfait adolescent perturbé par les femmes et le sexe. Incarnée par Jacquelyn Wagner, la comtesse sera plus à son avantage en deuxième partie quant à son comte d’époux, il sera parfaitement incarné Gyula Orendt. Le Figaro d’André Schuen, il est, lui aussi, vocalement séduisant et scéniquement aux ordres de la metteuse en scène qui ne le place pas au premier plan. Aucune faiblesse chez les comprimari Monica Bacelli, Elisabeth Boudreault, Maurizio Muraro, Emiliano Gonzalez Toro et Leonardo Galeazzi. Quant au chœur du conservatoire de Marseille préparé par Anne Perissé dit Prechacq, il fut fort apprécié. Un excellent départ pour le Festival d’Aix-en-Provence qui a retrouvé un joyeux public en ce 30 juin au soir…
Michel EGEA

Représentations les 2, 5, 7, 9, 12, 14, 16 juillet à 21h30. En direct sur France Musique le 5 juillet à 21h30 et en léger différé sur Arte et Arte Concert le 9 juillet à 22h30. Plus d’info : festival-aix.com

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