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Logement. Une ère nouvelle s’ouvre entre Marseille et la Métropole

samedi 3 décembre 2022

Le Printemps marseillais a respecté ses engagements. Des États généraux du logement se sont tenus pendant deux jours à la Friche de la Belle de mai à Marseille. Un lieu choisi, au cœur du 3e arrondissement, un secteur réputé comme le plus pauvre de France. Habitat indigne, manque de logements sociaux, déséquilibre urbain tout a été passé en revue. Mais la principale surprise est venue de la Métropole par la voix de son vice-président David Ytier.

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(Photos Joël Barcy)

« Le PLUi s’ajustera au cap que vous avez fixé »

« Le plan local d’urbanisme intercommunal s’ajustera au cap que vous avez fixé monsieur le maire ». Cette annonce de David Ytier, vice-président de la métropole Aix-Marseille Provence en charge de l’habitat, a suscité des applaudissements dans l’assistance. Entendez, Les 91 autres communes de la métropole devront apporter leur écot en matière de logements sociaux et la ville elle-même pourra se restructurer. Benoît Payan a salué cette avancée notoire : « Je tiens à vous remercier monsieur le vice-président d’accepter d’abaisser le seuil d’obligation de logements sociaux. Il n’était pas possible de rester dans cette situation quand 40 000 personnes sont en demande de logement sociaux. Il nous faudra désormais en construire dans tous les arrondissements, du 1er au 16e. Nous avons une ville coupée en deux… certains arrondissements ont porté seuls, pendant des années, le poids de la construction de logements sociaux ».

David Ytier et Benoît Payan

Olivier Klein, ministre délégué chargé de la Ville et du Logement : « Le logement peut être une bombe sociale demain »

Parole tenue

Avant ces États-généraux Sophie Camard, maire des 1/7, s’est replongée dans les axes de campagne du Printemps marseillais. Les États-généraux du logement y étaient inscrits. Elle y voit « le respect de la parole donnée. On avait deux priorités dans notre programme, l’école et le logement. Depuis, deux sociétés publiques d’intérêt national ont été créées pour chaque grande cause municipale. On est allés chercher de l’aide, de l’accompagnement. On a posé les fondations de l’action publique pour plusieurs années ».

Sophie Camard

« Laissons les batailles picrocholines derrière nous »

Pour montrer la mobilisation de la mairie en matière de logement rien de mieux qu’une escapade sur le terrain avec le ministre du logement. Rendez-vous est pris à l’Îlot Hoche-Versailles toujours dans le 3e arrondissement. Un secteur en pleine réhabilitation avec destruction d’un vieux bâti et construction de logements et d’un collège. Un clin d’œil amical sans doute à la présidente du département, financeur de l’établissement. « Cette affaire là c’est un sacerdoce, une mission », souligne Benoît Payan : « Venir ici dans le troisième arrondissement est symbolique. Il est passé pendant des années sous les radars. Je veux montrer au ministre ce qu’on est capables de faire quand on met en place des outils qui peuvent faire changer les choses... Ca coûte de l’argent mais ça en vaut la peine ». Interrogé sur le bras dessus, bras dessous avec la métropole, le maire estime qu’il faut « laisser derrière nous des batailles picrocholines comme si les élections étaient la fin de tout… Qu’est ce qui compte à la fin ce qu’on réussit ou les objets qu’on s’envoient à la figure ? »

Benoît Payan

Un ange passe…

Qui a mis du baume sur les plaies entre la ville et la métropole ? On ne le saura pas officiellement. Mais visiblement les liens se sont resserrés. Lors de la déambulation dans l’îlot Hoche-Versailles, David Ytier a rappelé son souhait d’avancer toujours plus avec la Ville. « On est prêts à étendre le permis de louer sur le territoire de Marseille et à aller plus loin. Être des forces de propositions législatives avec la ville. Le ministre et le gouvernement doivent entendre que Marseille peut être un laboratoire contre l’habitat indigne ». Cerise sur le gâteau, le vice-président de la métropole est partisan d’avoir « une direction commune ville/métropole en matière d’habitat et de rénovation urbaine pour porter ensemble les actions publiques dans l’ensemble de la métropole au lieu de d’avoir une concurrence stérile entre nos services ». Un ange passe…

David Ytier

Du pain sur la planche

En conclusion de ces États-généraux plusieurs intervenants ont fait part de la nécessité de l’action publique pour faire avancer les dossiers. Le président de l’Anah (Agence nationale de l’habitat), Thierry Repentin a rappelé que « Provence-Alpes-Côte d’Azur et plus encore les Bouches-du-Rhône sont des lieux où la loi SRU est la moins respectée. Des communes font le choix de ne pas offrir sur leur territoire des logements pour toutes les tranches de populations. Cela explique que Marseille recueille des populations qui pourraient trouver un toit ailleurs si des communes périphériques acceptaient de construire des logements sociaux ». Ces États-généraux serviront peut-être de prise de conscience...

Thierry Repentin

De cette belle unité, il ressort que 4 500 logements devraient être construits sur Marseille chaque année dont une majorité de logements sociaux. Au regard de l’inflation et des passoires thermiques qui sont légion dans la ville il y a urgence. Des classes moyennes sont en train de basculer dans la pauvreté en raison du poste grandissant du logement.
Reportage Joël BARCY

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