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Marseille. Cérémonie d’hommage aux policiers morts pour la France

dimanche 16 mai 2021

C’est entre émotion et exaspération que vient de se tenir à Marseille la cérémonie en hommage aux policiers morts pour la France. Tous ont eu une pensée toute particulière pour Eric Masson, ce policier de 36 ans, père de deux petites filles, tué lors d‘une intervention contre un point de deal, en Avignon.

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Frédérique Camilleri, préfète de police des bouches-du-Rhône ©Mireille Bianciotto
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Cérémonie d’hommage aux policiers morts pour la France dans la cour de l’Hôtel de police de Marseille © Mireille Bianciotto

C’est au sein de la cour de l’Hôtel de police de Marseille que Frédérique Camilleri, Préfète de Police, accompagnée des chefs de service de police du département et les autorités civiles et militaires a lu le message du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Message qui rappelle : « Chaque année pour protéger nos concitoyens des policiers meurent en accomplissant leur devoir ». Le ministre de l’Intérieur rend hommage à ces femmes et ces hommes « qui ont sacrifié leur vie comme leurs aînés pour la République ». À leurs familles et collègues il exprime sa fierté « d’être le ministre de l’Intérieur de ces 150 000 hommes et femmes de la police nationale qui veillent quotidiennement avec courage, sans faille et avec une abnégation admirable à la sécurité de tous, et à la protection de nos valeurs et de nos libertés ». Puis une gerbe a été déposée devant la stèle érigée dans la cour de l’Hôtel de police. A l’issue de la cérémonie seuls des représentants syndicaux de la police acceptent de répondre à nos questions car le moment est tout entier au recueillement.


« On sait qu’il y a des échéances électorales qui arrivent »

Rudy Manna, secrétaire départemental d’Alliance Bouches du Rhône

« La seule chose qu’on demande aujourd’hui c’est qu’on arrête de vendre du flan politicien aux policiers. On sait qu’il y a des échéances électorales qui arrivent, on en est clairement conscients. On sait que l’enjeu prioritaire ce sera la sécurité donc ce qu’on veut aujourd’hui, plus que des paroles, ce sont des actes. C’est à dire mettre en application des mesures qui vont dans le sens de la protection des policiers. Il y en a marre que les policiers soient pris pour cible. Il y en a marre que des policiers soient blessés, que des policiers soient tués. On en est arrivé, en 10 ans, à ce que des gens tuent des policiers, dans la rue, tout simplement, parce qu’il y a un contrôle. C’est tout simplement insupportable », déplore Rudy Manna.

Derrière les policiers, il y a des hommes, des femmes...

Pour le syndicaliste « Il va bien falloir que nos politiques comprennent qu’aujourd’hui, on attend des actes et des vrais actes. Il faut comprendre que derrière les policiers, il y a des hommes, des femmes, il y a des familles qui souffrent. Il faut arrêter de nous lyncher sur la place publique dès qu’il y a un événement qui se passe, plus ou moins important. Il faut juste qu’on mette en avant les belles actions des policiers et il faut juste que l’on soit protégés, c’est à dire que, quand un individu nous agresse ou quand un individu veut s’en prendre à un policier, qu’il soit condamné, très lourdement. Le 19 mai, nous serons tous rassemblés à Paris, pour montrer notre mécontentement. Vous savez, on aime notre métier, on le fait avec passion. Mais aujourd’hui, il faut juste que l’on soit aidés. Il faut qu’on soit aidés d’une manière forte et déterminée, sinon on ne sait pas ce qui peut arriver derrière ».

« On ne veut pas être un bras armé violent »

Rudy Manna précise encore : « Les délinquants qui s’en prennent aux policiers n’en ont rien à faire de la police, n’en ont rien à faire de la justice. Ils considèrent qu’il y a un État faible en face d’eux, ils nous le disent dans les cités. Donc, aujourd’hui, il faut qu’on redevienne un État fort et pour qu’on redevienne un État fort, il faut qu’il y ait une police forte, une justice forte. Comme l’a dit la préfète de police, nous sommes le bras armé de l’État. On ne veut pas être un bras armé violent, on veut juste être un bras armé qui soit protégé. Une police qui est respectée, c’est un État qui est respecté ».

Pour Rudy Manna les mesures annoncées par le Premier ministre, condamnation à la perpétuité sont insuffisantes et attend plus de soutien : « Il faudrait qu’on ait une solidarité nationale autour de la police et de la gendarmerie, c’est totalement inconcevable que dans un pays civilisé et républicain, on puisse avoir une police qui soit autant châtiée par une minorité de gens et surtout une extrême minorité de nos élus politiques ».


« La police nationale est malade »

Olivier Oudin, du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, SCSI CFDT

Olivier Oudin réagit aux annonces du Premier ministre. « Les annonces du Premier ministre ont été appréciées, bien évidemment. Elles sont attendues depuis des années. La police nationale est malade, elle est malade de la façon dont elle est traitée, au quotidien, dans une action difficile. De nombreux policiers, aujourd’hui, ont été cités parce qu’ils ont donné leur vie, au service de la Nation, au service de la protection de nos concitoyens. Il est temps, véritablement, aujourd’hui, que l’État, que la Nation organisent la protection de ceux qui protègent nos concitoyens ».

« les policiers ne doivent plus être des cibles »

Olivier Oudin demande à qu’ il y ait « la certitude de la sanction ».
Il précise : « Ce qui est pertinent aujourd’hui, c’est que pour tous ceux qui s’en prennent aux policiers, aux représentants de l’État, il y ait la certitude de la sanction. On ne peut plus laisser faire. Lorsqu’on s’en prend à un policier, c’est aussi au ministère de la Justice à mettre en place tous les outils juridiques pour que cela soit véritablement concrétisé, qu’il y ait une certitude de la peine ».

Olivier Oudin réagit aux deux assassinats de policiers : « Depuis des années, on est au service des citoyens, quels qu’ils soient, où qu’ils se trouvent sur le territoire. Mais cela suffit, les policiers ne doivent plus être des cibles. Et, au-delà, des difficultés de la police nationale, c’est sur les difficultés de notre société qu’il va falloir s’interroger. Peut-on, encore, vivre aujourd’hui, dans une société aussi violente, il est temps de dire stop, pas simplement pour les policiers ».

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO

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