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Marseille. Comment l’Incubateur Belle de mai a peu à peu élargi ses horizons

mercredi 22 janvier 2020

Et de vingt. Vingt bougies viennent en effet d’être soufflées par celui qui se destinait initialement à accompagner les universitaires dans des projets liés au multimédia éducatif et culturel. Depuis, les prérogatives de l’incubateur Belle de Mai n’ont cessé de s’élargir, notamment pour des raisons de modèle économique. Et cela lui réussit. Il voit sa masse salariale grandir, et son budget suivre le même mouvement ascendant.

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L’incubateur Belle de mai vient de fêter ses 20 ans et attribué six trophées à des dirigeants de start-up qui ont marqué leur promotion (Photo D.R.)

L’incubateur Belle de mai, qui vient tout juste de souffler ses 20 bougies, se prévaut d’un bilan pour le moins positif. En effet depuis sa création en 1999, il a accompagné pas moins de 209 porteurs de projets, contribuant à la création de 150 entreprises. 72% d’entre elles sont toujours en activité, générant quelque 550 emplois actifs. Une hypothèse basse, explique la directrice de la structure, Céline Souliers. « Nous nous sommes rendus compte en parlant avec certains entrepreneurs qu’ils ne pensent pas toujours à mettre à jour leurs données. Certains avaient recruté davantage... Donc le chiffre des créations d’emploi est selon toute vraisemblance beaucoup plus élevé ». Par ailleurs, sur la seule année 2018, les entreprises accompagnées ont cumulé plus de 35 millions € de CA. Ce qui explique cette dynamique ? Sans doute le positionnement de l’incubateur n’y est pas pour rien. Accompagnant historiquement les chercheurs et les enseignants dans le lancement de leur projet, et « le seul sur le territoire à œuvrer sur la thématique des multimédias éducatifs et culturels », ce qui lui permet de se différencier vis-à-vis de ses homologues provençaux, l’incubateur Belle de Mai s’est peu à peu élargi au numérique et à l’industrie innovante. Les cibles de ses programmes, elles aussi, se sont multipliées avec le temps. Ainsi depuis 2016, ne sont pas seulement accompagnés les chercheurs et enseignants, mais aussi tout type de start-up numérique innovante ayant un potentiel de R&D. La sélection est malgré tout drastique : « Il faut que les candidats maîtrisent leur technologie et évitent donc la sous-traitance, développent des idées avec de l’innovation et présentent de beaux programmes de R&D ». L’accompagnement, lui, est vu par les sélectionnés comme « très punchy. Il y a ce côté challenge qui est la marque de fabrique de l’incubateur. Toutefois, nous sommes toujours dans la bienveillance ».

Démocratiser, acculturer

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Les onze premiers sélectionnés du dispositif French Tech Tremplin vont être accompagnés pendant trois mois par les équipes de l’incubateur Belle de Mai et des Premières Sud (Photo D.R.)

Et donc, le virage qu’a souhaité prendre l’incubateur, c’est bien celui-ci : élargir son rayonnement au plus grand nombre, notamment en favorisant la diversité sociale dans l’écosystème start-up. Par exemple, « il ne compte que 10% de femmes dirigeantes. Elles ont encore du mal à se lancer dans des projets avec de grandes ambitions en termes de R&D ». D’où l’idée de diversifier les programmes et de toucher divers publics afin de les acculturer à l’univers de l’innovation. Cela se fait notamment via sélection de l’incubateur aux différents dispositifs de la French Tech. Toute récente réussite, l’incubateur est désormais estampillé French Tech Tremplin. L’objectif : accompagner les talents issus de la diversité et les aider à surmonter les obstacles sociaux-économiques à l’entrepreneuriat. La toute première promotion vient d’être accueillie, soit 11 candidats, choisis sur le territoire Aix Marseille, qui vont être accompagnés pendant 6 mois. « Nous sommes ravis de participer à l’émergence de talents issus de tous milieux sociaux. Ce programme permet aux lauréats de développer leur entreprise dans un environnement favorable pour réussir la phase d’entrée sur le marché. Il les prépare aussi au passage en Comité de sélection pour leur donner toutes les chances d’accéder à la suite de l’accompagnement de l’incubateur Belle de Mai ou des Premières Sud », analyse Céline Souliers. Mais l’incubateur a enregistré d’autres grands succès à son actif. Il a été sélectionné auparavant via deux autres dispositifs. French Tech Ticket et French Tech Visa, c’est leur nom, permettent, dans le premier cas, d’accueillir et d’accompagner des startuppers internationaux dans leur projet de développement sur le sol français. Et dans le deuxième, de décerner un passeport talent à des fondateurs de start-up ainsi qu’à des salariés ou à des investisseurs qui vont pouvoir travailler quatre ans en France.

Nouveaux formats

Outre la French Tech, l’incubateur Belle de Mai a également été sélectionné en 2018 pour un appel à du ministère de la culture avec pour objet, la détection et l’accompagnement de médias émergents. Son nom : la Manufacture. « Il s’agit là de pré-incubation, nous intervenons ainsi plus en amont. Tout commence avec un appel à projet, 6 à 8 candidats sont choisis par session ». Au terme d’un accompagnement de trois mois de pré-incubation « pendant lequel ils ont donc la possibilité de tester leur idée », les porteurs dont les projets sont suffisamment aboutis passent devant un comité. Les « élus » intègrent l’incubateur pour une période de 18 mois. « En 2019, 22 personnes ont été choisies. Lors de la dernière session, 2 à 3 sont passées en comité sur les six. Avec les sessions précédentes, on se trouve donc en 2019 sur un taux de 50% de candidats transformant l’essai ». C’est en grande partie sur ces appels d’offre que s’inscrit le modèle économique de l’incubateur. Il postule non seulement auprès de la French tech, des ministères, mais aussi de l’Europe, en obtenant des enveloppes émanant du FSE (Fonds social européen). « Nous allons développer cette compétence pour diversifier les sources de revenus. Nous avons déjà augmenté de 25% le budget de l’incubateur en deux ans. Et dans ce laps de temps, l’équipe s’est aussi multipliée par deux. Nous allons recruter sous peu une septième personne », poursuit Céline Souliers. Ainsi l’équipe fait de la veille un travail central, afin d’identifier et de postuler à ces divers appels à projets, « comme bientôt, celui sur l’entrepreneuriat et les tiers lieux ». Enfin, le modèle économique de l’incubateur repose également sur la mise en place de nouveaux formats, dont un basé sur l’open innovation. Il propose en effet aux grands groupes un accompagnement dans leur processus d’open innovation, la mise en relation avec des PME locales. Ce en lançant un autre challenge : « Répondre à la demande des grands groupes et faire du sur-mesure ».
Carole PAYRAU

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