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Marseille. Eric Dupond-Moretti : -Je crois dans la vertu de cette justice de proximité...-

lundi 15 mars 2021

Eric Dupond-Moretti, Garde des Sceaux, ministre de la Justice était vendredi matin à marseille à la fois pour découvrir l’avancement des travaux du futur tribunal administratif implanté dans le périmètre d’Euroméditerranée ; échanger avec les magistrats et personnels de la juridiction administrative au sein de la Cour administrative d’appel ; et enfin rencontrer des nouveaux personnels recrutés dans le cadre de la justice de proximité au Tribunal judiciaire.

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Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, entouré de madame la procureure de Marseille, Dominique Laurens et de Olivier Leurent, président du Tribunal judiciaire de Marseille (Photo Mireille Bianciotto)

En fin d’après-midi, avant de partir pour Nice, Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice devait déclarer : « Je suis très heureux d’être à Marseille, une ville que je connais bien et qui est chère à mon cœur, dans ce tribunal que je connais bien également. Ici, il y a une équipe de magistrats particulièrement dynamique, madame la procureure de la République, monsieur le Président. ils ont envie de faire tourner cette grande machine -aujourd’hui dans des conditions difficiles, nous sommes encore en période de Covid, au service du justiciable ». Il précise : « Nous avons fait un effort particulier à la chancellerie, pour amener, ici, 20 diplômés en Droit, assistants de justice pour aider les magistrats dans leurs tâches quotidiennes. Des magistrats qui nous ont dit à quel point cette aide était importante pour eux ». « Je crois, poursuit-il, dans la vertu de cette justice de proximité, c’est une justice qui va plus vite, c’est une justice qui est plus proche du justiciable encore et c’est ce que les Français attendent ».

Puis le ministre répondra à des questions concernant l’actualité notamment sur l’expulsion d’un avocat par les forces de l’ordre de la salle d’audience, qui était en train de défendre un prévenu au Tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, ce 11 mars 2021 : « J’ai été alerté de l’émoi suscité par cet incident. J’ai demandé à mon directeur des services judiciaires de contacter monsieur le Premier président, pour qu’il recueille des observations du président qui siégeait à l’audience. Àc e stade, je ne peux rien vous dire d’autre. Je prendrai les décisions qui doivent être prises, quand les informations m’auront été remontées, informations, évidemment, les plus complètes, possibles ».

« A Paris, par exemple, les phénomènes de bandes sont passées du double au simple, en quelques années »

Concernant la violence de bandes d’adolescents, il considère : « Il y a une espèce de conjonction de l’actualité, médiatiquement relayée. A Paris, par exemple, les phénomènes de bandes sont passées du double au simple en quelques années, grâce, notamment au groupement local de traitement de la délinquance, dédié, aux phénomènes de bandes, justement. Et je souhaite étendre cette pratique qui marche. Nous avons eu, encore, ce matin, avec le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, le ministre de l’Éducation nationale, une réunion, très riche, extrêmement importante, où un certain nombre de décisions ont été prises. J’aurai l’occasion et d’autres auront l’occasion de le faire également, d’en parler. Mais je voudrai vous dire que nous n’avons pas encore mesurer l’impact du Code de Justice pénal des mineurs, mesure qui n’est pas encore entré en application mais qui doit permettre, à l’évidence, de régler un certain nombre de problèmes, liés à la délinquance des plus jeunes ».

« La justice n’est pas laxiste »

Enfin, Eric Dupond-Moretti répond à Marine Le Pen qui l’accuse de donner une image de partialité : « Elle a le droit de dire ce qu’elle veut. Moi ce qui m’importe, c’est le travail. Je suis ici pour travailler. Voyez, on parle de laxisme de la justice mais la justice n’est pas laxiste. J’ai rencontré, ici, un procureur qui peut vous dire que la justice n’est pas laxiste, Madame la procureure générale peut vous dire la même chose, il y a des délégués du procureur qui, tous les jours, entrent en action, des substituts, pour rendre la justice. Alors, on dit ce que l’on veut, on s’exprime comme on veut, moi, je travaille et c’est pour cela, que je suis, ici, aujourd’hui ».

Propos recueillis par Mireille BIANCIOTTO


Une justice de proximité

Au Tribunal judiciaire de Marseille, Eric Dupond Moretti a rencontré les magistrats mais auparavant, il s’est entretenu avec les assistants de justice qui commencent leur CDD de 3 ans, à Marseille. Parmi eux, madame Sebbak a répondu aux questions de Destimed.

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Madame Sebakk fait partie des nouveaux recrutés dans le cadre de la Justice de proximité (Photo Mireille Bianciotto)

Comment avez vous obtenu ce poste ?
J’ai postulé, puis j’ai passé un entretien, au cours duquel on m’a demandé mes compétences, mon diplôme (Bac + 5), et j’ai été rappelée, pour travailler, comme contractuelle, au Bureau d’exécution des peines.

Vous avez une idée de ce que vous ferez plus tard ?
J’ai pensé à greffière, parce que j’assiste des greffières. Je trouve que c’est un beau métier.

Pourquoi ?
Parce qu’on va venir aider les justiciables, d’autres professionnels, les avocats, les notaires, c’est vraiment un métier important.

Et pourquoi avoir choisi le Droit ?
J’ai effectué un service civique que j’ai vraiment beaucoup apprécié. J’étais à l’accueil du tribunal, ensuite j’ai été vacataire et, enfin, j’ai postulé, comme contractuelle. Donc vraiment ce service civique a propulsé cette envie de poursuivre dans le droit.

Que pensez-vous de la future réforme de la justice, par exemple les audiences pourront être filmées ?
Je trouve cela très bien. Cela doit permettre à la justice d’être plus claire, accessible, efficace et beaucoup plus rapide, pour le justiciable.

On voit que vous avez une envie de faire de la pédagogie, c’est cela ?
Exactement, c’est vraiment un plaisir pour moi de venir travailler.

Vous avez échangé avec le ministre et sur quoi ?
Le ministre a expliqué sa volonté de rendre la justice plus fluide, de réduire les stocks au maximum et de rendre la justice beaucoup plus accessible, au justiciable, avec une justice de proximité.


Propos recueillis par M.B.


« il y a encore beaucoup, beaucoup de choses qui ne vont pas »

Entretien avec Isabelle Fernandez, secrétaire régionale du syndicat Unsa Justice

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Isabelle Fernandez, secrétaire régionale du syndicat Unsa Justice (Photo Mireille Bianciotto)

Que voulez-vous dire au ministre ?
Il fait une visite express, il vient une petite heure nous voir, faire des images avec le nouveau personnel contractuel recruté, pour dire que tout va bien. Sauf que, évidemment, rien ne va. Donc on est là pour lui rappeler qu’il y a encore beaucoup, beaucoup de choses qui ne vont pas.

Il y a deux ans, vous dénonciez des conditions de travail difficiles. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Cela continue parce qu’on a toujours un réseau informatique sous-dimensionné, en sous capacité. Donc cela ne nous permet pas d’avoir des échanges de mails corrects, avec les avocats notamment. Et on a toujours un gros problème de matériel informatique. Nous devrions être, tous, en télétravail, compte tenu de la pandémie. C’est impossible, puisque nous sommes 400 fonctionnaires, et que nous avons, à l’heure actuelle, 83 portables. Donc il est impossible que nous soyons en télétravail. Résultat les 400 fonctionnaires s’entassent, dans les bureaux et nous avons des débuts de clusters, en ce moment même, au tribunal judiciaire de Marseille, c’est très inquiétant.

Que pensez-vous de la justice de proximité portée par le ministre ?
Je pense que la justice de proximité nécessite, impérativement, qu’il y ait du personnel qualifié, des greffiers. Les greffiers, c’est 2 ans de formation, à l’École Nationale des Greffes, c’est une expertise de procédure. Ils sont indispensables au fonctionnement de la justice. Ce sont des greffiers dont la justice a besoin, des magistrats dont la justice a besoin, il ne faut pas une justice low cost. Les citoyens méritent une justice de qualité.


Propos recueillis par M.B.

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