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Marseille - On a vu au Théâtre du Gymnase : Des "Parents terribles" mais bouleversants

vendredi 16 octobre 2020

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Les Parents terribles de Jean Cocteau avec Emile Berling - Charles Berling - Muriel Mayette-Holtz - Maria de Medeiros- © Vincent Bérenger

« Je suis un héros de comédie. Un homme de mon âge trompé c’est une comédie ». Et quand c’est sans le savoir son fils qui aime à la folie sa propre maîtresse on est dans du Labiche ! Pourtant c’est bien d’un drame signé Jean Cocteau dont il s’agit ici. Donné au Théâtre du Gymnase de Marseille dans une mise en scène de Christophe Perton la pièce « Les parents terribles » bouleverse secoue, fait rire et développe l’idée que « les enfants se souviennent à jamais des blessures qu’on leur a fait subir ». Nous sommes dans un grand appartement parisien, où « se côtoient le désordre d’un couple âgé et l’ordre de la tante Léonie, vieille fille, Michel est l’enfant choyé de cette étrange roulotte » qui semble rouler à l’écart du monde. Yvonne idolâtre son fils jusqu’à en oublier son mari. Elle s’oublierait elle-même si elle ne devait pas s’occuper de son traitement à l’insuline… Lorsque Michel découche pour la première fois, c’est pour avouer à sa mère (qu’il surnomme « Sophie ») qu’il aime Madeleine, une jeune femme qu’il souhaiterait lui présenter. D’abord réticente, car jalouse et exclusive, Yvonne finit par capituler devant le chagrin de son fils et l’insistance de sa sœur Léonie. On découvre entre-temps que Madeleine a déjà un « vieil amant » avec lequel elle veut rompre et qui n’est autre que Georges, le père de Michel… La tante Léonie va tenter d’ordonner cette tragique comédie de la vie…Un vaudeville donc qui tourne vite au drame tant la mère totalement tyrannique n’en finira pas de glisser jusqu’à un épilogue nourri de larmes. La grande force de ce spectacle donné au Gymnase tient dans l’interprétation exceptionnelle de tous les comédiens. En tête Muriel Mayette-Holtz la nouvelle directrice du Théâtre national de Nice qui fut camarade de promotion de Dominique Bluzet et qui campe ici une Yvonne autoritaire, poignante, et fragile. Drôle et tragique à la fois celle qui dirigea La Comédie-Française avec panache, intelligence et une élégance rare, signe ici une performance à la fois visuelle (on la suit du lit de son appartement à sa salle de bains), et intellectuelle. A ses côtés Maria de Medeiros donne à son rôle de Léonie une dimension, supplémentaire. Née le 19 août 1965 à Lisbonne, cette actrice, réalisatrice et chanteuse portugaise d’expression française que l’on a vue dans le film Pulp Fiction de Quentin Tarantino semble d’une subtilité inépuisable. Lola Créton, inoubliable Madeleine apporte au début une touche de fantaisie à son personnage romantique puis son jeu s’épaissit et gagne en densité au fur et à mesure qu’elle voit Michel, son amoureux sombrer dans le désespoir provoqué par les mensonges de ses parents. Dans le rôle du jeune homme Emile Berling, le fils de Charles Berling à la ville comme à la scène possède une énergie qui colle parfaitement à l’enthousiasme de son personnage. Quant à Charles Berling lui-même il nuance chaque moment où apparaît ce mari trompeur qui, au fil des scènes semble hanté par le poids de ses fautes. La mise en scène d’un classicisme moderne de Christophe Perton montre à quel point la pièce de Jean Cocteau n’a rien perdu de sa force et possède un côté intemporel. On peut à ce sujet de par la vision du metteur en scène reprendre la phrase d’Anna Karénine : « Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon  ». Et on sort éblouis autant que remués par cette farce qui se meut en tragédie antique. « Ciel, mon fils…  », ou encore « Ciel une grande pièce ».
Jean-Rémi BARLAND
Au Théâtre du Gymnase les vendredi 16 octobre à 20 heures et samedi 17 octobre à 15 heures. Plus d’info et réservations lestheatres.net

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