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Marseille. PriMed - La 24e édition du Festival de la Méditerranée en images se tiendra en ligne du 28 novembre au 4 décembre 2020

jeudi 26 novembre 2020

« Il était primordial que notre festival se déroule malgré tout », déclare soulagée Valérie Gerbault, déléguée générale du Centre Méditerranéen de la Communication Audiovisuelle (CMCA). En effet, malgré le contexte sanitaire, le Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéen (PriMed) aura son édition 2020 mais, entièrement en ligne.

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Affiche de l’édition 2020 du Primed ©CMCA

Après de nombreuses discussions, l’équipe organisatrice est parvenue à se mettre d’accord avec les réalisateurs du monde entier sélectionnés au préalable par un jury. Il était en effet indispensable d’obtenir de leur part les autorisations nécessaires pour protéger, en ligne, chacune de leurs œuvres. « Il nous fallait l’aval de chacun, car les risques de piratage sont grands lorsque les œuvres sont ainsi diffusées en accès libre sur Internet », indique Valérie Gerbault qui précise : « Nous avons contacté tous les réalisateurs dans ce sens. La grande satisfaction a été de constater qu’ils ont tous accepté de nous suivre. » Sur le site du festival : primed.tv tous les films et documentaires invités cette année à l’événement seront disponibles gratuitement, à partir de ce samedi 28 novembre 12 heures et jusqu’au 5 décembre 12 heures. Chaque film et documentaire sera en accès libre pendant 3 heures. « Nous avons négocié ce format avec les réalisateurs dont une majorité a travaillé pendant des mois voire des années afin de pouvoir présenter leur film au public. Nous, en France, avons la chance de pouvoir bénéficier du CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée) pour aider de nombreux réalisateurs. Ailleurs, ce n’est pas toujours le cas. Notre rôle cette année est de protéger, un peu plus, toutes les réalisations et, dans le même temps consentir tous les efforts pour que les films que nous projetons ne prennent pas la poussière, ne soient pas oubliés. »

« La place et le rôle des femmes en Méditerranée seront aussi omniprésents »

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Valérie Gerbault, déléguée générale du CMCA (Photo archives Destimed/Mireille Bianciotto)

Les difficultés d’organisation pour cette édition 2020 ont été légion pour Valérie Gerbault et son équipe. A la suite du premier confinement, ils ont pu reprendre le travail afin de pouvoir proposer une édition normale. Un lien avait été envoyé durant l’été au jury pour que ses membres puissent visionner les films, avant de délibérer en visioconférence. « En septembre et octobre, nous avons pu également nous déplacer comme chaque année dans de nombreuses classes de lycées. Comme le veut notre festival, 3 500 lycéens de notre région et de plusieurs grandes villes méditerranéennes comme Alexandrie, Port-Saïd, le Caire, Alger, Tunis… sont invités à visionner en groupes les films en compétition, et travailler en classe avec des outils pédagogiques. Ils doivent le faire avec leurs professeurs, avant d’échanger puis voter pendant la semaine du Festival. Malheureusement est survenu le nouveau confinement qui a modifié tous les plans. Plusieurs classes sont dédoublées depuis la rentrée de novembre et de nombreux jeunes ne pourront pas participer. Mais nous sommes surpris de constater que nous comptons davantage d’inscrits chez les lycéens, grâce à la présence de nouveaux établissements professionnels participants, comme à Port-de-Bouc, Avignon ou Cavaillon. » L’équipe du PriMed a dû s’adapter « jour après jour » ces dernières semaines. Une page spécifique avec un bulletin de vote en ligne a été créée afin que le public puisse décerner le « Prix du meilleur court méditerranéen », à la suite du visionnage des cinq courts métrages en lice, libre d’accès, à partir de ce samedi 28 novembre. « On ne cède à rien, assure Valérie Gerbault, le programme se déroulera à peu près normalement, avec de nombreuses thématiques fortes autour des films sélectionnés. » En premier lieu, la jeunesse qui vit sur le pourtour de la Méditerranée et les questions qui se posent sur leur avenir. Quatre films lui sont consacrés. La place et le rôle des femmes en Méditerranée sont aussi omniprésents, « comme cela est déjà le cas depuis plusieurs années ». Il y a encore le thème de résister : « avec la présence du réalisateur grec que l’on suit depuis longtemps, Yorgos Avgeropoulos, et son film : Chained-Agora II, qui revient sur la crise grecque et la met en parallèle avec l’abondance des aides actuelles accordées aux pays européens en raison du Covid. Il montre comment l’Europe avait mis le couteau sous la gorge à son pays », explique Valérie Gerbault qui dévoile encore : « Nous avons aussi des films mémoriels sur les terrains des racines, des passés, sur les enfants volés sous l’emprise du Franquisme en Espagne. Beaucoup de films sur l’Algérie, aussi, avec notamment un sur les questionnements d’un couple pied-noir-algérien, et l’histoire racontée suivant que l’on se trouve d’un côté ou de l’autre, dans un même foyer. Un autre film devrait faire parler : « Overbooking », sur la pollution à Majorque en raison du tourisme de masse qui est en train de transformer l’île de la tranquillité en île de l’incivilité…  »

Remettre un focus sur les situations qui s’aggravent en Méditerranée... »

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Photo du film très attendu sur la crise grecque : "Chained-Agora II" du réalisateur Yorgos Avgeropoulos. © PriMed/CMCA
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L’affiche choc du film : "One More Jump" de Emanuele Gerosa. ©PriMed/CMCA

Les différentes réalisations mettront en exergue les problématiques des cultures et peuples de l’arc méditerranéen. Présenté au départ comme un « petit festival se déroulant de manière quasi confidentielle », en France et en Italie, le PriMed s’est depuis internationalisé. Il entend porter le regard du monde entier sur la Méditerranée, avec des films proposés pour sa sélection arrivant d’Argentine, des USA... « car ils traitent de la Méditerranée pour être autant de regards croisés sur elle  » explique Valérie Gerbault qui ajoute : « Notre manifestation permet aussi de travailler avec les jeunes des deux rives de la Méditerranée. Car son avenir se joue vraiment au niveau de la jeunesse, quand on sait que 70 % de la population vivant au Sud de la Méditerranée a moins de 25 ans. Pour nous, il est toujours plus important que les jeunes du Sud et du Nord se rencontrent et échangent ensemble sur la similitude de leurs problématiques. Ils doivent rendre compte de leur histoire, car on est toujours plus forts quand on connaît mieux son histoire, afin de mieux appréhender et préparer l’avenir. » La déléguée régionale du CMCA considère que le PriMed tombe bien cette année « pour remettre un focus sur les situations économiques, sociales, qui s’aggravent en Méditerranée. La Covid a monopolisé, voire colonisé, tous les écrans et journaux… Les drames méditerranéens auraient comme disparu, d’un seul coup, on n’en parle plus ! Notre rôle s’en trouve renforcé pour continuer à être un passeur, en confiant les regards des réalisateurs aux téléspectateurs. Les documentaristes nous confient leurs œuvres et nous devons les transmettre au public. On ne dit pas que les réalisateurs ont raison, mais on veut les mettre en avant, les faire témoigner. Nous n’imposons jamais notre parole. Libre à chacun de se faire sa propre opinion, c’est le principe du festival. »
Bruno ANGELICA

Informations pratiques : PriMed, Le Festival de la Méditerranée en images sera en ligne sur le site : primed.tv. Tous les films seront en accès gratuit, à partir de ce samedi 28 novembre à 12 heures et jusqu’au 5 décembre à 12 heures.
En compétition, cette année : 23 films sélectionnés en provenance de 13 pays sur un total de 397 films et documentaires (de 32 pays) reçus par l’équipe organisatrice du PriMed dans le but de procéder à sa sélection. En tout, dix prix seront décernés, pour 30 heures de projections publiques et gratuites. Le jury sera présidé par le journaliste Hervé Brusini. Des Prix à la diffusion seront remis par trois chaînes de télévision : 2M (Maroc), France 3 Corse ViaStella et Rai 3 (Italie). Il est à noter que malgré les conditions particulières liées au Covid, 2 000 lycéens de Marseille, de toute la Région Sud et de plusieurs grandes villes méditerranéennes, participeront au jury du festival à distance.

Le Primed
Organisé depuis 1994 par le Centre Méditerranéen de la Communication Audiovisuelle (CMCA), le Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéen (PriMed) a pour vocation de promouvoir et récompenser les films et documentaires les plus réussis sur les problématiques des cultures et peuples de la Méditerranée. Cette année, en raison des conditions sanitaires, le public pourra découvrir toutes les œuvres sélectionnées en accès libre sur le site : primed.tv. Avec des regards croisés sur les actualités nombreuses, et toujours plus préoccupantes, de nombreux pays situés entre les deux rives de la Méditerranée : Algérie, Bosnie-Herzégovine, Espagne, France, Grèce, Israël, Italie, Maroc, Liban, Palestine, Syrie, Tunisie, Turquie...

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