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Marseille - "Quartiers libres Saint-Charles - Belle de Mai", première esquisse pour changer le quartier le plus pauvre d’Europe

mardi 20 septembre 2016

Le projet "Quartiers libres Saint-Charles Belle de Mai" retenu pour aménager les 140 hectares en cœur de ville a été présenté ce lundi au public 2 heures durant, de 18h à 20h. Quelque 200 personnes étaient installées sur la scène du Grand Plateau de la Friche de la Belle de Mai. Face à ce public, deux groupes : celui des élus emmenés par Laure Agnès Caradec, adjointe au maire LR de Marseille, déléguée à l’Urbanisme et au projet métropolitain et celui de l’équipe lauréate pour ce projet urbain : l’équipe Güller Güller et TVK [1].

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"Quartiers libres Saint-Charles - Belle de Mai" à Marseille (Photo M.B.)
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Le périmètre du projet Quartiers Libres

Pour ce projet complexe à 20 ans (25 ans pour Euroméditerranée). Trois collèges pour cette concertation : les habitants, le Cotech (Comité technique) qui regroupe les partenaires comme la SNCF et le COPIL (Comité de pilotage) formé des élus. Depuis le vote en Conseil Municipal en décembre 2013, une première concertation s’est tenue avec les habitants, il s’agit là donc de la deuxième. A l’ordre du jour, les grandes orientations de l’équipe choisie au printemps, au terme d’un dialogue compétitif, représentée par
Michaël Güller et par Pierre Alain Trévelo de TVK, tous deux architectes urbanistes. Pour eux, la Caserne du Muy est le pivot du projet. Son entrée principale Napoléon III sera ouverte au passage et servira à connecter le quartier à la gare et au Centre Ville.

L’équipe Güller TVK est aussi en discussion avec la SNCF pour créer un passage au niveau des faisceaux ferrés pour qu’ils ne soient plus infranchissables par les habitants. Pierre Alain Trévelo revient sur un quartier « au potentiel incroyable mais très peu exploité ».

Tout sera fait pour éviter le transit des voitures et des poids lourds dans le quartier avec la création de lieux de respiration, de fraîcheur : la Forêt du Muy et des pockets places plantées d’arbres, un projet que Michaël Güller souhaite porté par les associations...

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Les élus présents lors de la concertation pour le projet "Quartiers libres Saint-Charles - Belle de Mai" (Photo M.B.)

Le projet de l’aménagement des 7 hectares de la Caserne du Muy et de sa cours est le plus abouti avec 450 logements neufs, un groupe scolaire de 20 classes, une médiathèque, des commerces, de l’artisanat... Pour ces logements neufs, l’équipe n’a pu préciser au public la répartition entre logements en accession à la propriété ou social. En ce qui concerne la rénovation de l’ancien, le calendrier annonce une étude en mars 2016 par la mairie de Marseille et un accompagnement des propriétaires à partir de 2019. Les réservations de foncier ayant été confirmées, le public s’est inquiété de la seule construction prévue d’un groupe scolaire de 20 classes. Lisette Narducci, (PRG) maire des 2/3, a souligné qu’il y avait « plus d’écoles » dans le quartier en détaillant les projets scolaires d’extension, de l’École Nationale ou la construction de classes supplémentaires à Ruffi et à la Friche. Elle a, par ailleurs, annoncé la publication d’une étude de la Métropole dans un mois, sur le désenclavement du quartier, car pour l’élue, c’est une priorité. Dans le public, le parti pris est de ne pas densifier le bâti. A une habitante qui s’inquiétait de savoir si elle allait conserver son exposition au soleil, l’équipe a répondu que rien ne se ferait sans prendre en compte l’existant, du sur-mesure en somme et toujours en concertation. Enfin tout serait à une hauteur qui ne dépasse pas celle de la Caserne du Muy qui doit rester visible. A ce propos, Lisette Narducci de lancer : « Non aux tours que l’on détruit par ailleurs »
A plusieurs reprises, il a été rappelé qu’il n’y aurait aucune expropriation. A la suite d’une question sur les nombreuses opérations immobilières de la rue Loubon, Solange Biaggi, adjointe LR au maire de Marseille, élue des 2/3 a précisé que ce projet urbain se ferait en « cohérence » avec le projet du Centre Ville et l’opération d’intérêt national Euroméditerranée.
Enfin, si le public a obtenu, des élues présentes à cette réunion publique, des réponses sur la sécurité et la propreté dans le quartier, la question de la construction d’une piscine pour les enfants qui ne savent pas nager a été soulevée. Laure Agnès Caradec, présidente d’Euroméditerranée, rappelle le projet de piscine sur le périmètre d’Euroméditerranée, en lieu et place des Docks des Sud. Elle a également tenu à préciser que les jeunes du quartier étaient associés au projet des Quartiers Libres : « Il y a déjà eu une réunion de concertation avec les collégiens et les lycéens. »
Mais le flou reste sur le financement.

Laure-Agnès Caradec l’a évoqué. Il sera à la fois public et privé notamment des financements des différentes collectivités « qui étaient à trouver » et parle d’une « valorisation foncière » grâce aux 450 logements neufs prévus. Enfin, elle a confirmé l’achat par la Ville du couvent des Religieuses Victimes du Sacré Coeur au 52, rue Levat dans le 3e arrondissement. Elle dévoile être en pleine négociation.

Si elle n’a rien dit quant à la destination du Couvent, Lisette Narducci, préconise qu’il devienne une Bibliothèque/ Musée. Ce couvent a tout des couvents des films de cape et d’épée où l’on voit une belle enfermée que le visiteur ne voit plus face à face. Il avait le croisillon de bois d’un film. Il était d’ailleurs double pour cacher aux yeux des visiteurs, le visage de la Mère Supérieure. On ne voyait d’elle que sa silhouette et sa voix aussi était modifiée derrière cette double paroi. En revanche, un tiroir de bois pouvait en sortir pour faire passer message ou objet de la Supérieure vers le monde. Ce meuble où est-il ? A-t-il suivi les religieuses ? Elles viennent de quitter ce lieu qui était la maison de leur fondatrice, Julie Adèle de Gérin-Ricard, (1793-1865), devenue prieure sous le nom de Mère Marie Victime de Jésus ...Pourquoi ont-elles vendu ce couvent et son jardin qui leur permettaient une autonomie et le travail à l’extérieur loin des regards ? Le Père Alfonso qui est leur aumônier officiel et qui les a suivies, évoque le bruit et l’agitation du quartier peu propice avec leur vœu de clôture et de prière.
Les dix-huit sœurs Victimes du Cœur de Jésus prient maintenant dans un autre couvent qu’elles ont acheté au 1, la Fouchardière à Chavagnes-en-Paillers, en Vendée, terre qui garde le souvenir, plus de 2 siècles après, de la guerre civile entre royalistes vendéens et la Révolution Française naissante.
La concertation va se poursuivre pour bien connaître les besoins des habitants, affiner les orientations du projet et laisser aux élus la validation du projet final. Ce débat et les orientations du projet Quartiers Libres devraient être mis en ligne bientôt.
Mireille BIANCIOTTO


[1Il rassemble Zakarian-Navelet (architectes), Alfred Peter (paysagiste), MRS (BET mobilité), Alphaville (programmation urbaine), Transsolar (BET environnement), et TPF-I (BET TCE)

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